Une histoire du féminisme français

Le vote, la contraception, la parité en politique, l’avortement sont des droits ayant été acquis au fil des siècles par des militantes féministes intransigeantes et combattantes. On a tendance à penser que la lutte pour les droits des femmes est devenue obsolète, que le féminisme n’est plus une cause à défendre, que l’égalité femmes-hommes est atteinte. En réalité, quand on est femme, rien n’est jamais acquis. Nous ne sommes pas à l’abri d’un backlash (« retour en arrière ») qui viendrait anéantir des années de lutte féministe. Il n’y a qu’à voir la présidence de Donald Trump, durant laquelle des États comme l’Alabama ont drastiquement réduit l’accès à l’avortement. Il n’y a qu’à voir Marion Maréchal-Le Pen qui avait déclaré à l’occasion des élections régionales de 2015 que si jamais elle était élue en région PACA, les plannings familiaux ne recevraient plus de subventions de l’État. 

Le féminisme est un mouvement étendu dans le temps qui correspond à plusieurs courants de pensée, plusieurs contextes historiques et est associé à de grandes figures. Olympe de Gouges, Louise Michel, Hubertine Auclert, Simone de Beauvoir, Simone Veil : les noms de certaines sont restés dans la mémoire collective, d’autres ont été oubliés. Avec cet article, Celles qui Osent tente de rendre hommage aux femmes féministes françaises et à leur lutte pour les droits des femmes. Nous avons décidé de nous concentrer sur l’histoire du féminisme français de la Révolution de 1789 à nos jours, tout en détaillant les contextes historiques et les luttes menées. 

La Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne d’Olympe de Gouges

La Révolution Française a libéré la société des dogmes religieux et de l’oppression du tiers-état par la noblesse. On assiste à une libéralisation des droits, des professions et des croyances. Peut devenir riche qui veut, à condition de travailler. Peut voter qui veut, à condition d’être un citoyen français. Les droits politiques et l’enrichissement ne sont plus l’apanage des nobles et du clergé : ils deviennent des biens publics. Plus tard, au XIXème siècle, émergera la classe emblématique du bourgeois. Notaire, avocat, fonctionnaire, médecin : des hommes aux origines parfois modestes parviennent à se faire une place dans la société. Les femmes sont les grandes exclues de la Révolution, dont elles n’ont que peu bénéficié. Au XVIIIème siècle, la femme se marie ou bien va au couvent. Les femmes n’avaient aucun droit, qu’elles soient épouse, mère, servante ou nonne. 

Olympe de Gouges est née en 1748. Elle est une enfant illégitime issue d’une famille modeste. C’est une autodidacte. Mariée à 17 ans, puis veuve à 18, elle s’éduque seule, apprend à lire et à écrire, se forme à la littérature et à la philosophie des Lumières, si bien qu’elle parviendra à intégrer les grands salons littéraires de l’époque, où elles côtoiera certains penseurs du XVIIIème. C’est une pionnière du féminisme français. La loi française interdisant à une femme de publier des écrits sans la permission de son époux, elle ne s’est jamais remariée et conserva sa liberté de veuve toute sa vie. Opposée au mariage religieux, qu’elle qualifie de « tombeau de la confiance et de l’amour » et favorable à l’union libre, elle eut plusieurs amants, au point qu’elle acquit la réputation de courtisane. Femme de lettres, Olympe de Gouges publia plusieurs pièces de théâtre politique, dont certaines furent intégrées au répertoire de la Comédie Française. Fermement opposée à l’esclavage, elle écrivit Zamore et Mirza, ou l’heureux nauffrage, une utopie humaniste dans laquelle elle dénonce l’esclavage et ses conséquences. 

En 1791, Olympe de Gouges publie dans la revue des Droits de la Femme un texte adressé à la reine Marie-Antoinette. Il s’agit de sa déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, calquée sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Tous les articles de la Déclaration initiale sont féminisés, ce qui donne pour l’article premier : 

La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Dans l’article 10, elle écrit : 

La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la Tribune.

Ironie du sort pour une femme qui sera guillotinée deux plus tard, en 1793, par le régime de la Terreur en raison des pamphlets qu’elle a rédigé contre Robespierre et son tribunal révolutionnaire. 

L’histoire du féminisme au XIXème : entre émancipation et backlash

Le régime de Robespierre s’écroule en 1794. L’esprit révolutionnaire se tasse petit à petit et en 1804, le Premier Empire de Napoléon est proclamé. Le code civil, qui fait de la femme une mineure à vie et la contraint au devoir conjugal et à l’obéissance envers son mari entre en vigueur. Le droit au divorce, institué sous la Révolution Française, est aboli. Même chose pour l’esclavage, que Napoléon autorise à nouveau. 

À cette époque, peu de figures féministes se démarquent mais Flora Tristan, née en 1803, est l’une d’entre elles. Victime de violences conjugales et d’un mari violent, ne pouvant pas divorcer, elle fuit en Angleterre, puis au Pérou en 1833. À son retour en France, son mari la retrouve et lui tire dessus. Elle survit et parvient à demander la séparation des biens. Son mari est emprisonné : elle est libre. Flora Tristan a brisé tous les codes. À l’époque, les femmes n’étaient pas autorisées à aller au lycée ni à l’université, à signer un contrat, toucher un salaire, voyager sans l’autorisation de leur mari, qui a un droit de vie et de mort sur elles. Flora fait du divorce son combat principal et publie en parallèle plusieurs livres sur ses voyages. Elle s’intéresse à la vie des plus précaires et devient socialiste. Elle effectue plusieurs séjours dans les grandes villes de France et étudie les conditions de vie des ouvrières et des blanchisseuses. Affligée par ce qu’elle découvre sur le traitement des femmes travailleuses et précaires, Flora devient socialiste, et meurt d’épuisement à 41 ans. 

La révolution de 1848 : un vent d’espoir pour le féminisme 

1848 est l’année de la proclamation de la deuxième République. Les idéaux révolutionnaires sont revenus à la mode, on ne supporte plus la monarchie de Juillet, vieillissante et inactive. La société a changé, le socialisme commence à faire son chemin parmi les idées politiques influentes. Les femmes en prennent conscience et participent aux barricades de février 1848. Le 20 mars 1848 paraît le premier numéro de La Voix des Femmes, l’une des revues féministes les plus influentes du siècle. Eugénie Niboyet, militante socialiste, en est la rédactrice en cheffe. Dans ce premier numéro, elle écrit : 

Une grande révolution vient de s’accomplir, il n’est plus permis aux hommes de dire : l’humanité c’est nous.

Tout comme Olympe de Gouges, les femmes de 1848 veulent devenir citoyennes. Elles se tournent vers George Sand, l’autrice républicaine, proche de pouvoir, opposée au mariage, qui s’habille en homme. Tout comme Olympe de Gouges, elle est une autodidacte. C’est toute seule qu’elle s’est formée à la littérature et à l’écriture, et c’est toute seule qu’elle a gagné sa place parmi les hommes de lettres. Avoir son soutien constituerait un symbole fort. Pourtant, elle refuse, persuadée que l’urgence pour les femmes n’est pas de voter, mais de s’éduquer car elles demeurent trop ignorantes, et donc soumises aux idées de l’Église et des mouvements conservateurs, argument que l’on réfutera aux femmes demandeuses du droit des votes un demi siècle plus tard. 

La Commune de Paris, un épisode inédit dans l’histoire du féminisme français 

C’est bien connu : le XIXème siècle est le siècle des révolutions et des barricades. En 1870, le Second Empire de Napoléon III s’effondre avec la guerre contre la Prusse et la troisième République est instaurée. Entre temps s’impose une bourgeoisie prospère, proche du pouvoir impérial et surtout respectueuse de l’ordre. La morale est partout, mais paradoxalement, Paris demeure la capitale de la prostitution. Louise Michel, une jeune institutrice de Montmartre, grandit dans cette ambiance austère et moralisatrice. Issue d’une famille pauvre, élevée par une mère aimante l’ayant toujours encouragée à lire, Louise choisit d’enseigner aux petites filles, qui ont maintenant accès à l’école primaire et au cycle secondaire. Tous les matins, elle leur fait chanter la Marseillaise dans la classe, interdite sous le Second Empire. Anarchiste, favorable à la révolution qui selon elle libérera les femmes de tous les jougs, Louise Michel compare le mariage à la prostitution et sera surnommée « la vierge rouge de Montmartre » en raison de ses engagements féministes et émancipateurs.

Peu de temps après l’instauration de la IIIème République, une expérience révolutionnaire inédite débute le 18 mars 1871 : la Commune de Paris. La capitale s’organise en ville auto-gérée et se désolidarise du gouvernement d’Adolphe Thiers, autoritaire et conservateur. Louise Michel rejoint l’Union des Femmes de la Commune, lutte auprès des communards sur les barricades et défend un programme féministe. La Commune, emprunte d’idéaux socialistes, abolit la prostitution et reconnaît l’union libre. Louise Michel, fidèle à son poste d’institutrice, organise une cantine gratuite pour les élèves de son école. La Commune de Paris prendra fin de manière tragique avec la « semaine sanglante », quelques jours du mois de mai 1871 durant lesquels la police du gouvernement en place tuera 20 000 Parisiens. Louise Michel est condamnée, avec d’autres communards à l’issue d’un procès, à une déportation en Nouvelle-Calédonie. Elle reviendra à Paris une fois sa peine purgée et mourra en 1905. 

Hubertine Auclert, première femme à se revendiquer du féminisme 

Dès sa naissance, Hubertine Auclert est imprégnée des idéaux révolutionnaires. Elle naît en 1848 dans une famille républicaine. Sa mère, engagée pour la cause des femmes, accueille des mères célibataires dans sa ferme et leur vient en aide. Ces « mères-filles » constituent un véritable problème pour l’État : chaque année, plus de 15 000 enfants sont déposés à l’assistance publique. Hubertine grandit dans un contexte particulier, celui de la libéralisation de la société. La IIIème République, malgré des débuts chaotiques, met en place plusieurs réformes majeures dont le droit de la presse, l’éducation gratuite, laïque et obligatoire pour tous, le droit de grève et de réunion. 

Arrivée à Paris, Hubertine Auclert rejoint Le Droit des Femmes, un journaliste féministe dirigé par les journalistes Léon Richet et Maria Deraismes. Rapidement, elle se désolidarise du comité de rédaction qu’elle trouve trop conciliant et pas assez radical dans ses revendications car opposé au droit de votre des femmes. Hubertine, elle, revendique un féminisme intégral, dans tous les domaines que ce soit l’éducation, le travail, le foyer, la politique. Elle déclare publiquement refuser de payer ses impôts tant qu’elle n’aura pas le droit de vote et descend protester dans la rue, place de la Bastille en 1885, accompagnée d’une poignée de militantes. Il s’agit de l’une des premières manifestations de l’histoire du féminisme français, que les journaux de l’époque vont abondamment commenter et qualifier de « coup d’État féminin ». En plus de son combat pour le droit de vote, Hubertine Auclert s’oppose au mariage et au code civil et va jusqu’à interrompre des cérémonies de mariage pour dénoncer le devoir conjugal. 

L’histoire du féminisme au début du XXème siècle 

L’histoire du féminisme du début du XXème siècle est riche en événements et en figures marquantes. Avec le XXème siècle débute la première vague du féminisme, qui désigne la conquête des droits civiques pour les femmes. Nombreuses furent les militantes à lutter pour l’obtention du droit de vote, et ce dès les années 1900. Marguerite Durand fut l’une d’entre elles. Ancienne comédienne, divorcée, elle élève seule son fils et travaille en tant que journaliste au Figaro. En 1896, le comité de rédaction de son journal lui demande d’aller couvrir le Congrès Féministe International, et d’en tirer un article ironique et moqueur. C’est raté : Marguerite Durand est conquise. Quelques mois plus tard, elle fonde La Fronde, le tout premier quotidien féministe, et le premier journal entièrement fabriqué par des femmes, de la rédaction d’articles à l’impression. 

De plus en plus de professions réservées aux hommes s’ouvrent aux femmes comme la médecine, le droit et le journalisme. Madeleine Pelletier, autodidacte ayant passé son baccalauréat en candidate libre s’est vue refuser son inscription au concours de l’internat en psychiatrie sous prétexte qu’elle était une femme. Avec le soutien de La Fronde, elle parvient à passer l’examen qu’elle échoue, mais à l’issue duquel elle devient médecin généraliste. Elle fait partie des 87 femmes médecins en France à cette époque et s’habille en homme et adopte les cheveux courts. Dans ses Mémoires d’une féministe elle écrit : 

Ce sont les porteurs de cheveux courts et de faux col qui ont toutes les libertés. Et bien je porte moi aussi faux col et cheveux courts à la face des sots et des méchants bravant les injures du voyou de la rue et de la femme esclave en tablier de cuisine. Je porte ces marques extérieures de la liberté afin qu’elles disent, qu’elles proclament que je veux la liberté. 

Madeleine Pelletier devient proche d’Hubertine Auclert et ensemble, elles découvrent les combats des suffragettes anglaises pour le droit de vote. Lors des élections de 1908, accompagnées d’une cinquantaine de militantes, elles partent à l’assaut des bureaux de vote. Hubertine renverse une urne, Madeleine brise une fenêtre à l’aide d’un pavé. Madeleine Pelletier convainc le Parti Socialiste, dont elle est membre, de présenter des femmes aux élections municipales de 1910. Marguerite Durand est candidate. L’opération est un succès et certains députés soutiennent le droit de vote des femmes. Malheureusement, la première Guerre Mondiale arrête tout. 

La période de la grande guerre

Avec la guerre, les femmes prennent la place des hommes à l’usine tout en assurant l’éducation de leurs enfants. Elles deviennent « des mutionnettes », fabricantes de munitions, et Citroën, la compagnie automobile, ouvre même une crèche au sein de l’une de ses usines. Le pacifisme est formellement interdit et l’effort de guerre est de rigueur. Hélène Brion, féministe radicale, institutrice et militante au sein de la CGT est arrêtée pour avoir distribué quelques tracts pacifistes. Elle écope d’une peine avec sursis et est radiée de l’éducation nationale. Après le procès, elle consacrera tout son temps à ce qui deviendra l’oeuvre de sa vie : une encyclopédie féministe dans laquelle elle évoque le combat d’Olympe de Gouges, de Flora Tristan, des femmes de 1848 et documente les actions des féministes contemporaines de son époque. 

L’entre-deux guerres, une période difficile pour l’histoire du féminisme

L’armistice du 11 novembre 1918 marque la fin de la guerre. Le rôles et la place des femmes ont changé, mais elles sont tout de même priées de retourner à leur foyer avec le retour des hommes dans la société civile. La lutte pour le droit de vote redevient d’actualité, d’autant plus que les Anglaises l’obtiennent finalement en 1918. Le 20 mai 1919, la chambre des députés accorde enfin le droit de vote aux femmes. Il ne manque plus que l’accord du sénat qui se fait attendre. En effet, les sénateurs reprochent aux femmes, tout comme George Sand 70 ans plus tôt, d’être conservatrices et trop proches de l’Église. En vérité, les sénateurs craignent que le fait que les femmes deviennent électrices ne perturbe le vieil ordre politique. Le sénat vote contre en 1922. 

Mais les féministes n’en démordent pas. En 1935, Louise Weiss, agrégée de lettres et journaliste, organise une manifestation à Paris pour à nouveau exiger le droit de vote pour les femmes. Grand reporter, ses voyages en Russie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, pays où les femmes peuvent voter, l’ont convaincue que la lutte pour les droits civiques était fondamentale. Elle fonde sa propre association féminise : la Femme Nouvelle. 

Malgré l’apparition du Front Populaire au pouvoir, le sénat refuse une nouvelle fois d’accorder le droit de vote aux femmes. Léon Blum, socialiste et féministe, nomme trois femmes à son gouvernement, ce qui est révélateur de l’absurdité de la situation politique : les femmes peuvent être ministres, mais elle ne peuvent toujours pas voter. 

Par ailleurs, la première Guerre Mondiale a fait plus d’un million de morts et la France mène une sévère politique nataliste. En 1920 puis en 1923, deux lois interdisant la diffusion d’informations relatives à la contraception sont votées. Les utérus sont nationalisés, et les femmes renvoyées à leur rôle de mère. À cette époque, 120 000 avortements sont réalisés tous les ans. Madeleine Pelletier fait partie des médecins le pratiquant. Elle sera jugée en tant qu’« avorteuse » et finira sa vie en hôpital psychiatrique. Cette politique nataliste empirera durant le régime de Vichy, où les avorteuses seront condamnées à la peine de mort. 

L’après-guerre, synonyme d’un début d’émancipation

Sous prétexte de récompenser les femmes résistantes, le général De Gaulle légalise le droit de vote des femmes le 21 avril 1944. Malgré ce progrès significatif, la sexualité est toujours un sujet tabou et la politique nataliste de l’entre-deux guerres reste en vigueur. C’est le fameux baby boom : on célèbre les femmes au foyer, on encourage à la reproduction, les allocations familiales se multiplient. 

C’est dans ce contexte que Simone de Beauvoir, agrégée de philosophie, professeure, sans mari ni enfants, publie Le Deuxième Sexe. Le scandale est immense, le succès aussi. Dans ce qui deviendra le livre féministe le plus important du XXème siècle, Simone de Beauvoir démonte ce qui constituerait l’infériorité des femmes et s’oppose au mythe de l’éternel féminin. Elle est persuadée que les femmes obtiendront leur indépendance par le travail et maintient que l’instinct maternel n’existe pas. 

Le combat pour l’avortement, épisode majeur de l’histoire du féminisme 

Dans les années 1960, les femmes font de plus en plus d’études qu’elles sont nombreuses à abandonner en raison d’une grossesse imprévue et non désirée. À l’époque, les lois interdisant la diffusion d’informations sur la contraception sont toujours en vigueur. Les militantes du Planning Familial, fondé en 1956, défendent le principe de « maternité heureuse » et imposent l’idée que les femmes peuvent choisir quand et avec qui elles désirent avoir un enfant dans le débat public. La lutte pour la contraception et l’avortement a bel et bien commencé. En 1967, la contraception est légalisée, un an avant 1968. Au début des années 1970, plusieurs intellectuelles s’engagent en faveur du droit à l’avortement. En avril 1971, 343 femmes signent le « Manifeste des 343 », publié dans Le Nouvel Observateur dans lequel elles reconnaissent avoir avorté. Parmi elles : Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Delphine Seyrig, Marguerite Duras. Gisèle Halimi fonde Choisir, une association de médecins pratiquant l’avortement de manière illégale, mais sécurisée. En 1972, l’avocate défend Marie-Claire, une jeune fille ayant avorté avec l’aide de sa mère. Marie-Claire est acquittée : c’est une victoire pour les féministes. Finalement, le 17 janvier 1975, la loi Veil autorisant l’avortement est votée. 

Histoire du féminisme français : du MLF à nos jours

La suite de l’histoire du féminisme est davantage connue. Le 26 août 1970 marque la naissance du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) avec la réunion d’une dizaine de féministes sous l’arc de triomphe pour rendre hommage à la « femme inconnue du soldat inconnu ». Parmi elles : Monique Wittig, Christiane Rochefort, Christine Delphy. « Ne nous libérez pas, on s’en charge » : voilà le slogan du MLF, précurseur des réunions non-mixtes. 

On a tendance à découper l’histoire du féminisme occidental en quatre vagues. La première vague commencerait avec le XXème siècle et serait dédiée à la conquête des droits civiques par les femmes, le droit de vote en marquant la fin. La deuxième vague est celle de la lutte pour l’avortement et la contraception et marque l’obtention d’autres droits comme la possibilité pour une femme de travailler sans l’autorisation de son mari. La troisième vague commence dans les années 1980 et est intersectionnelle : le féminisme prend en compte la lutte contre le racisme, le validisme, l’homophobie. Elle réclame aussi la fin des plafonds de verre et milite pour une parité en politique et l’égalité au travail. La quatrième vague, commencée dans les années 2010 et au sein de laquelle nous sommes actuellement, est le combat sur le terrain de l’intime. Les femmes dénoncent, notamment avec la généralisation des réseaux sociaux, les violences sexistes qu’elles subissent, les harcèlements dont elles sont les cibles, les inégalités dans le milieu professionnel. 

 

Il est difficile d’écrire une histoire exhaustive du féminisme, et ce n’était pas le but de cet article. Les mouvements et dates clés varient selon les pays, les cultures et les époques. Le féminisme américain, par exemple, ne s’est pas développé de la même manière que le féminisme anglais ou français. Quelques ressources pour aller plus loin : 

https://www.franceculture.fr/emissions/series/je-suis-noire-et-je-naime-pas-beyonce-une-histoire-des-feminismes-noirs-francophones

https://www.editionsladecouverte.fr/ne_nous_liberez_pas_on_s_en_charge-9782348055614

https://www.lavillebrule.com/catalogue/herstory-histoires-des-feminismes,152

https://www.editions-observatoire.com/content/Une_histoire_du_f%C3%A9minisme_de_l%E2%80%99Antiquit%C3%A9_grecque_%C3%A0_nos_jours

 

Victoria Lavelle pour Celles qui Osent

Celles qui osent instagram
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