Maïa Mazaurette : parler de sexe sans parler de cul

La journaliste experte en sexologie est de retour dans la capitale depuis six mois. Très suivie sur les réseaux et depuis peu à la télévision aux côtés de Yann Barthes dans Quotidien, Maïa Mazaurette met à profit ses presque 20 ans d’expérience dans la sexualité au service des gens de tous âges. « Non, la sexualité, on n’a pas fait le tour de la question ! ». La sexperte questionne notre intimité, décrypte les normes, les injonctions et les représentations stéréotypées liées à la sexualité et au genre. Non, la durée moyenne du rapport sexuel n’est pas de 15 minutes (mais de 5 minutes 40) ! Un pénis en érection mesure 16 cm. Les hommes pensent au sexe toutes les 7 secondes. Vraiment ? Celles qui Osent rencontre une femme, jamais vulgaire, qui ose parler librement et simplement de sexe, avec intelligence, pédagogie et humour, afin de nous aider à mieux comprendre notre société, sous un angle encore trop tabou.

Des chroniques pédagogiques sur le sexe à la télé et à la radio : le quotidien de Maïa Mazaurette

Écrire sur le sexe ? Pas si facile !

Éternelle expatriée, amoureuse du multiculturalisme et en couple avec un Américain, Maïa Mazaurette revient à Paris pour animer une chronique sexo dans Quotidien sur TMC, mais également une émission radiophonique sur France Inter avec Nagui et désormais avec Ali Rebeihi. Avec la Covid19 et le port du masque, Maïa n’est pourtant pas importunée dans la rue par cette médiatisation soudaine ; en revanche, le nombre de personnes lui écrivant sur les réseaux a bondi ! « C’est impossible de répondre à tout le monde. Je suis devenue parfois une confidente, une psy malgré moi, dans des domaines hors du champ de mes compétences. » Chaque jour, elle doit préparer ses 3 minutes et demie de chronique du soir, dans lesquelles elle répond aux questions des téléspectateurs. « Parfois, je n’ai pas la réponse. Sur une question anodine, comment mettre une capote sans débander ?, j’entreprends une véritable enquête, à la recherche d’informations auprès de spécialistes ou d’organismes comme Sexualité Infos Service. » L’exercice, d’apparente facilité, n’a jamais vraiment été pris au sérieux. « Les pages sexe appartiennent aux problématiques quotidiennes, soi-disant féminines donc méprisées. On évoque la sexo pour les femmes et l’érotisme porno pour les hommes. L’article sexe est très genré : pour les hommes, il sert à produire de la compétence, du désir et du fantasme tandis que pour les femmes, c’est l’aspect psychologie qui domine. Peu de journalistes s’embêtent à vérifier leurs sources. De toute façon, cette thématique fait de l’audience, qu’on le fasse bien ou mal. »

Éduquer la jeunesse

Chroniqueuse pour Le Monde depuis 2015, sur Usbek & Rica dès 2019, avec sa chronique dans Quotidien, Maïa Mazaurette s’adresse à un auditoire plus jeune. Tous les mercredis, elle répond même aux questions d’enfants de 4 à 12 ans. Sensibiliser les jeunes au sexe lui semble important. La sexperte relaye entre autres sur Twitter la sortie de la web-série pour pré-ados ados, Sexotuto (Mesdames Production) avec Ambre Larrazet et Eddy Moniot, qui permet aux jeunes de répondre à leurs interrogations (les règles, les films pornos, la virginité, la masturbation, être amoureux, les violences sexuelles, la puberté, le consentement, etc.).

Le sexe, ennuyeux ?

Maïa Mazaurette aime interpréter les chiffres, les sondages IFOP, les données factuelles, pour apporter une analyse fine et juste de la sexualité d’aujourd’hui. Elle fuit les sujets trop racoleurs. « Contrairement à ce que l’on peut penser, il n’y a rien d’ennuyeux à aborder la sexualité d’un couple qui s’aime depuis longtemps. » Maïa se plaît à explorer « le sexe vanille », le « sexe ennui », celui du « missionnaire le samedi soir ». Grosse consommatrice de podcasts, elle écoute Les Couilles sur la table de Victoire Tuaillon sur les masculinités contemporaines et dévore depuis peu JINS, premier podcast sur la sexualité des personnes arabes et/ou musulmanes de France. Elle n’a jamais ressenti le besoin d’aller voir un sexologue. « Je me forme quotidiennement en sexologie et je n’aimerais pas que quelqu’un ait ce pouvoir-là sur ma vie. »

Maïa Mazaurette : journaliste féministe, blogueuse sexe, auteure et sexperte

Une facilité à parler sérieusement de sexe

Maïa Mazaurette naît à Paris en juillet 1978, d’une mère professeure de lettres, et d’un père dessinateur dans le textile. Après de brillantes études de lettres à la Sorbonne, elle intègre l’ESJ Lille, une école de journalisme. Maïa est à la fois auteure, journaliste, peintre, chroniqueuse et blogueuse. Son domaine d’expertise ? La sexualité. D’accord, mais vous ne l’entendrez jamais parler de « chatte, bite, couilles » sans qu’elle n’aborde également l’aspect sociologique du sexe, ou ce que cela nous apprend sur la répartition des rôles hommes/femmes par exemple.

Lien vers des formations en écriture digitale

Maïa travaille d’abord pour NoFrag pour sa rubrique Ask Maïa, qui deviendra SexActu, puis pour Madmoizelle.com. Journaliste en presse écrite pour de nombreux magazines comme Newlook, Playboy, QG, Fluide glacial, Marie-Claire, Glamour ou Grazia, en 2008, Maïa crée Encyclopénis, un recueil de témoignages anonymes d’hommes au sujet de leur pénis. La même année, elle co-écrit, avec son ami, le médecin, psychologue et journaliste Damien Mascret, un essai intitulé La Revanche du clitoris, qui propose des pistes pour repartir à la redécouverte d’un petit bout de matière qui a fait couler beaucoup d’encre.

De l’écriture de blog à l’élaboration de guides pratiques

Maïa Mazaurette publie plusieurs ouvrages comme Nos amis les hommes, Le pire est avenir ou Dehors les chiens, les infidèles, en parallèle de l’écriture de son blog La coureuse, la genèse de son autofiction du même nom, racontant le quotidien d’une femme qui aime les hommes et qui se lasse rapidement. Elle juge qu’en moyenne l’amour dure deux ans… jusqu’au jour où elle rencontre la passion. Que fait-on quand on a l’homme de ses rêves dans son lit ?

En 2009, son guide Peut-on être romantique en levrette ?, illustré par Arthur de Pins, ainsi que deux petits livres humoristiques, L’Anti-Kamasutra à l’usage des gens normaux et Guide du râteau connaissent un grand succès en librairie.

L’année suivante, la sexperte enquête sur les sites de rencontre avec Osez… les rencontres sur Internet. Fin 2013, Maïa rédige deux guides présentant les différents « profils » et modèles d’hommes et de femmes : Les Hommes en 30 modèles et Les Femmes en 30 modèles (Les Hommes, la lose : Kro, abdos, râteaux / Les Femmes, la lose : Kilos, talons hauts, mojitos).

L’Art du célibat de 2016, son livre de tests et d’astuces, permet de savoir comment rester célibataire et en profiter pleinement. À l’initiative de Marlène Schiappa, le recueil Lettres à mon utérus regroupe seize lettres de femmes écrivant… à leur utérus. Ma vie sexuelle est plus grosse que la tienne (2018) corrige les idées reçues sur le sexe, en relayant les fake news sexuelles au placard.

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Créer une utopie sexuelle ?

Enrichir notre vocabulaire lié au sexe

En 2020, son ouvrage Sortir du trou, lever la tête propose une réflexion et un ensemble de conseils pour vivre une autre sexualité, épanouie, et surtout… égale !

Le Sexe selon Maïa – Au-delà des idées reçues rassemble une cinquantaine de chroniques que Maïa Mazaurette tient dans Le Monde depuis 2015 et dont elle signe les illustrations. La sexualité contemporaine n’est pas mal en point, seulement désenchantée.

La sexualité ne doit pas être pensée comme une affaire d’orifices, de trou à combler.

En 2021, Maïa enrichit notre vocabulaire sexuel avec son dernier livre La vulve, la verge et le vibro. Elle explore les mots de la sexualité. « Osons parler de sexe avec du vocabulaire approprié ! » Elle nous livre un travail documenté sur l’étymologie, car « les mots liés au sexe sont soit vulgaire, soit médicaux, soit immatures. » Ce dictionnaire est une invitation à réinventer certaines pratiques, à en découvrir d’autres, à questionner nos acquis et à partager nos réflexions et envies avec celui ou celle qui partage notre lit.

Déconstruire nos scripts sexuels pour créer une utopie sexuelle

Lors de ses conférences, Maïa Mazaurette nous invite à déconstruire « nos scripts sexuels », ceux que la société nous a forgés, ceux de notre culture commune basée pour la plupart sur des idées reçues.

« Non, cela n’était pas mieux avant. » Partout, les médias relayent des infos catastrophistes : « Le nombre de rapports sexuels décroit », « Les femmes s’ennuient au lit ». Pour pimenter notre vie sexuelle, la presse nous donne des conseils, basés généralement sur la peur, la douleur, la contrainte, l’humiliation ou la grossièreté. Les solutions semblent vastes : multiplication de partenaires, orgies, plans à trois, soirées échangistes, pénétrations diverses : des doigts, des bananes, des concombres. Bref, des remèdes qui ne sont ni plus ni moins qu’une forme de réduction de soi et de ses partenaires. La sexualité sert à donner du plaisir, mais trop souvent, il fait mal. Pourtant, « le sexe est meilleur quand il fait du bien. »

Femme clitoridienne, vaginale, utérine, asexuelle ou semi-romantique. Si l’on arrêtait de se découper en morceaux, alors on pourrait faire l’amour à des êtres humains, plutôt qu’à des orifices, des terminaisons nerveuses ou des sociotypes ?

La sexperte Maïa Mazaurette nous encourage à choyer notre couple, à nous faire du bien, à créer une nouvelle forme utopiste de sexualité, qui ne fasse de mal à personne et qui ne transige jamais en rien sur notre dignité. Alors, cela vous dit de créer un monde utopique avec votre chéri(e) ?

☕️ Pour rester sur cette thématique, poursuivez votre lecture avec ce portrait de Jüne Plâ, influenceuse sex-positive

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Violaine B – Celles qui Osent

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