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Interview d’Ambre Larrazet : oser faire rire

Ambre Larrazet : portrait d’une femme drôle…mais pas que !

Celles qui osent a rencontré Ambre Larrazet, actrice française vue notamment dans le film Santa & Cie d’Alain Chabat, dans des sketches du Burger Quiz ou sur Canal+ dans le JT Pressé ou l’émission Poulpovision. Tisane d’un côté, café à la main de l’autre, Celles qui Osent se réjouit d’en apprendre un peu plus sur cette jolie femme de trente-trois ans, l’âge où « il est temps de faire des gosses » ironise la belle. 

Le buzz drôle et inattendu de sa parodie « Mais jte tej’ »

Actrice, mannequin coude ou plutôt figurante gros plan en début de carrière, Ambre Larrazet a de l’humour et cultive un style hétéroclite « hybride ». Interprète de fictions, elle réalise aussi des chroniques humoristiques et de plus en plus de podcasts ou de documentaires engagés.

Sans jamais le préméditer ni le vouloir vraiment, elle a fait le buzz de la rentrée 2020, avec ses 5 millions de vues sur sa parodie « Mais jte tej’ » de la chanson « Mais je t’aime » de Camille Lellouche et du slameur Grand corps malade. « Cette chanson, je l’adore, elle me fout la chiale. Je n’arrive même pas à l’écouter en entier tellement elle est émouvante. À la base, cela part d’une vraie admiration. »

En duo avec son ami humoriste Édouard Deloignon, elle décide de se motiver et d’écrire une parodie. « C’est parti d’un délire pendant un tournage que l’on faisait ensemble : on a écrit le sketch en une après-midi ; on devait être rapide, pour poster la parodie en pleine promo de la chanson originale. »

Coupe mulet et paroles hilarantes, pleines d’autodérision sur le couple, cette vidéo virale séduit immédiatement. 

Ne me raconte pas d’histoires

Tu sais bien, y’a plus rien qui tourne rond

Chez toi, tu m’en demandes un peu trop

Tu ne fous rien, l’appartement est immonde

depuis des mois, tu te comportes comme un porc

tu fais des prouts, tu te comportes comme un porc

Tu arraches tes croutes, je sais que je vais te quitter

Et je suis bien bien sûre de moi

J’ai déjà baisé ton pote quand est-ce que tu comprendras que

J’te tej 


Le ton est donné !

Être drôle, une vraie nature chez Ambre Larrazet

Touffe man, une fille qui a de l’humour

Née à Paris, Ambre grandit en banlieue parisienne aux côtés de ses deux jeunes sœurs Olympe et Calypso.
« Ma mère faisait des blagues tout le temps ; on se marrait bien » Avec une maman avocate et un père cardiologue « les gens s’imaginaient que l’on vivait dans un palais avec des domestiques. La vérité, c’est qu’ils nous élevaient simplement. Certes, on voyageait souvent. » Rapidement, Ambre Larrazet a cherché à être indépendante financièrement.

Petite fille, elle est déjà très drôle et, comme beaucoup d’artistes, très sensible.

« Je n’étais pas une victime, mais je n’évoluais pas dans la bande des gens stylés. C’est un monde cruel l’enfance. Il faut affronter des méchants. »
Ambre a alors les cheveux frisés et certains se moquent d’elle en la surnommant « Touffe man », à ce moment-là, elle n’a pas alors encore beaucoup de répartie. Tout ce qu’elle trouve à répondre c’est “ Hé, ho, je suis une fille donc déjà tu devrais dire Touffe-woman. ” Tristesse.

Heureusement, vers 15-16 ans, Ambre Larrazet commence à avoir de vrais amis.

Elle reçoit des retours positifs sur son humour et ses blagues depuis l’enfance.

Certains lui reprochent d’essayer de se « cacher » derrière cet humour pour ne pas être découverte, mais « ce n’est pas parce que l’on fait des vannes que l’on n’est pas profond, faut creuser les gars ! Je sais être sérieuse, mais j’ai la connerie en moi en permanence. C’est une véritable nature, pas une façon de me cacher ou de survivre en société ! »  

La dramaturge du cours Florent 

Adolescente, elle n’a aucun plan de vie. « Je suivais beaucoup mes potes dans leurs choix d’orientation. Nulle en maths, j’ai passé un bac littéraire, car je ne faisais pas de faute quand j’écrivais. Après, j’ai fait fac de Lettres modernes à la Sorbonne, et, très vite blasée par ces études, j’ai eu péniblement ma licence » Attirée par la scène, elle s’inscrit au cours Florent. « J’aimais jouer des rôles pseudo dramatiques en pleurant. En clair, je rêvais de devenir la nouvelle Adjani, c’était un peu pathétique à y repenser ! » Rires. Ses premiers tournages, en figuration ou actrice, commencent à la vingtaine. « J’ai découvert les « miss météo » sur Canal, et je me suis dit, mais c’est ça que je veux faire ! » Elle réalise que son tempérament, c’est de faire rire les gens.   

Des ambitions de stand-up et des rêves de cinéma

Ambre Larrazet a des ambitions de stand-up, surtout depuis qu’elle a trouvé son co-auteur, Josselin Bordat. « Je n’aime pas faire de l’humour trop hardcore. Je préfère faire rire de moi, mais me moquer facilement des autres, ce n’est pas mon truc » #humourpasméchant #Autodérision. Ambre Larrazet a surtout la délicatesse de ne pas vouloir choquer ou blesser gratuitement. Elle aimerait « se mettre un peu plus à poil » en se montrant au cinéma. « Les personnages que j’interprète sont plutôt « agressifs », j’aimerais aller sur d’autres registres ». Elle rêverait de tourner un film avec Maïwenn par exemple. 

Pour l’instant, sa collaboration la plus marquante reste celle avec Alain Chabat, friand d’impros et de blagues en tout genre.

À l’aise sur les plateaux, elle travaille avec lui pour son jeu télévisé le Burger Quiz.  

Sur Radio Nova, elle réalise un très gros challenge et un exercice très intéressant. Du moins, elle réalisait. « J’annonce à la France entière que je ne continuerai pas sur Nova : cinq heures d’écriture pour trois minutes de chroniques, c’est compliqué à conjuguer avec mon emploi du temps, et je ne suis pas assez rodée ».

Au micro, Ambre Larrazet a créé le personnage hilarant de « la fille populaire du lycée ». Quand elle entre dans ce personnage, on la perd. Rires.
Vous pourrez entendre l’interview d’Ambre sur notre podcast, sortie prévue en janvier 2021. Elle s’amuse beaucoup à caricaturer les voix de doublage de téléfilm aussi. « L’inspiration vient quand on n’a rien à faire. Je n’ai pas encore vraiment de signature, c’est en improvisant que l’idée arrive généralement. »

Elle réalise des sketchs parodiant M. Pokora ou la belle Caroline Receveur « elle c’est une reusta, elle vit à Dubaï et elle est trop bien foutue. Je suis trop jalouse…» Ayant travaillé avec la Youtubeuse humoriste Swann Périssé, Celles qui Osent lui demande si c’est un format qu’elle apprécie. « YouTube me fait peur, je préfère travailler avec des productions ou faire des commandes pour la télévision, même si cela n’aboutit pas toujours. Être comédienne et faire de la pure fiction. »

Oser faire rire, mais parler de sujets sérieux

La grande sœur qui parle de sexualité aux adolescents

Ambre Larrazet vient de terminer le tournage d’une web série/émission dédiée aux ados de 11-18 ans, produite par Mesdames Production, avec Maïtena Biraben et Alexandra Crucq, pour parler de sexualité et d’amour. Deux colocs, Eddy Moniot et Ambre Larrazet présentent 36 vidéos pour aborder les thématiques de sexe, de désir, de préservatif, du sexe féminin et masculin. “ j’espère que l’on a su parler aux ados.” Eddy a joué dans le superbe film documentaire « À voix haute – la force de la parole », de Stéphane de Freitas et Ladj Ly, avec le concours Eloquentia de l’Université de Saint-Denis, visant à élire « le meilleur orateur du 93« .

« La sexualité, cela s’apprend, avec beaucoup de temps. Des fois on croit que l’on est prête et en fait pas du tout. L’idée, c’est vraiment de dédramatiser. » Dans le même registre, Ambre Larrazet termine l’écriture d’un podcast pour les jeunes sur les dangers du digital (cyber harcèlement…). En grande sœur qui parle aux ados, Ambre Larrazet est parfaite. 

pas_golri : son compte instagram qui ne peut pas rire de tout

À la suite de la cérémonie des Césars, elle ressent un désagréable sentiment de malaise. Elle décide de parler de ce qu’elle a pu vivre elle aussi, en tant que femme. « Ça ne m’a pas fait rire ». Elle crée alors le compte insta pas_golri, avec à ce jour 14,8k abonnés. Elle reçoit des centaines de témoignages dans lesquels des victimes racontent leurs agressions sexuelles. Elle tente de répondre à tous ces messages anonymes, bouleversants. Elle aimerait que cela ne soit pas trop « anxiogène ». Il faut donner malgré tout de l’espoir…

Oser parler d’endométriose et des femmes qui osent

Atteinte d’endométriose, maladie chronique qui touche 1 femme sur 10, « j’ai été interviewée par Santé podcast pour évoquer cette maladie. J’ai osé en parler et je suis ravie si cela a pu aider d’autres femmes. Je prépare un documentaire sur ce sujet. J’ai besoin que cela reste léger, détente et dédramatisant, sans être dans le mensonge ». 

À la fameuse question récurrente de Celles qui Osent, « qui est la femme qui ose pour toi », Ambre Larrazet nous répond tout naturellement : « Ma mère. C’est mon modèle de femme depuis toujours. Elle a évolué dans un milieu d’hommes. Elle maîtrise son domaine, et travaille très durement pour y arriver : oser faire dix ans d’études tout en étant enceinte de ses enfants, puis oser ensuite monter son cabinet, bravo. » Ambre Larrazet est admirative des femmes de son entourage, de ses sœurs aussi.

« Pour moi oser c’est prendre ma place et dans ma vie professionnelle je l’ai toujours fait. J’ai eu l’audace de faire ce que j’avais envie de faire. Oser, cela va de pair avec la maturité aussi. Dans ma vie personnelle, ce n’est pas forcément le cas, mais j’y travaille ! Avant, j’avais vraiment peur de réussir. Par peur de passer un cap, j’ai raté des opportunités. Par flemme aussi de ne pas avoir la force d’aller au bout de mes projets. J’aimerais oser de plus en plus être moi-même, oser dire ce que je pense. Oser faire rire, mais ne plus faire de pirouettes pour plaire. Arrêter de se plier en quatre ou de vouloir faire rentrer des ronds dans des carrés ! Finalement, j’arrête de réfléchir et cela va beaucoup mieux ! »

Plus de rires en 2021

Ses projets pour 2021 ? « Terminer tout ce qui est en cours ! J’aimerais réenclencher un court-métrage aussi. Je sors de deux jours de tournage pour un long-métrage avec Ahmed Sylla et Eye Haïdara, une comédie de Julien Rambaldi, qui s’intitule Les femmes du square. J’ai des envies de cinéma, mais aussi de conjuguer cela à une vie personnelle stable, avec ma petite maison, mon chien et mes enfants.» 

Elle rêve de travailler avec le réalisateur de Five et Family Business, Igor Gotesman.

« En attendant, je vais continuer à écrire des podcasts. J’espère que l’on va se détendre, car on vit dans un monde de plus en plus dur. L’humanité ne va pas super bien, je crois que l’on a tous hâte de revenir dans un mode plus bisounours ». 

Ambre Larrazet est une femme intelligente, drôle, belle et sensible. « La dernière œuvre que j’ai vue et qui m’a touchée, c’est la pièce de théâtre Intra muros d’Alexis Michalik.  Cela m’a fait me poser 1 000 questions. J’adore les pièces qui mettent en perspective ta propre vie. C’est bouleversant. J’ai également été fascinée par Littoral de Wajdi Mouawad. Le théâtre c’est vertigineux. Allons-y plus souvent ! »

Il faut que l’on se dépêche de conclure, car il ne lui reste que 5% de batterie. « J’ai raconté ma life, c’est ça être proche de son public ! On doit se quitter les Celles qui Osent, mais c’était vraiment chouette. » 

Merci pour ta spontanéité, Ambre Larrazet

Lucie Rondelet pour l’interview, Violaine B. pour l’article – Celles qui Osent

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