Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ? Les raisons des inégalités salariales

Quelle femme n’a pas déjà constaté que son salaire avait tendance à être moindre que celui d’un homme, alors qu’elle a le même niveau d’études, les mêmes compétences et la même motivation ? Elle se donne du mal, elle a autant de mérite, mais son mari, son ami ou son voisin ont une paye plus élevée à la fin du mois. Les résultats sont clairs : selon l’INSEE, une femme perçoit 28,5 % de moins qu’un individu du sexe masculin. En ce qui concerne l’égalité des sexes, il y a donc encore beaucoup de chemin à parcourir. Les disparités salariales subsistent, bien que l’écart semble se réduire peu à peu. Mais alors, comment expliquer l’écart de salaire homme/femme ? Pourquoi les femmes gagnent-elles moins ? Nous allons tâcher ici d’apporter une réponse en 4 points.

1. La maternité : une première cause de l’écart de salaire homme/femme

Certaines femmes ont naturellement tendance à vouloir fonder une famille (tout comme certains hommes). Cependant, elles sont parfois arrêtées avant la date du congé maternité, pour des soucis de santé divers liés à la grossesse. Ce temps d’absence s’ajoute donc à la durée du congé maternité. Le tout constituant une perte pour l’entreprise dans laquelle elles travaillent. La femme est par conséquent pénalisée si elle veut agrandir sa famille, puis si elle souhaite s’investir plus longtemps auprès de son enfant. Et ceci malgré le fait que bon nombre de pères aimeraient aujourd’hui s’investir davantage, alléger la charge mentale de leur conjointe et avoir un congé paternité plus long. Mais la femme peut également être pénalisée si elle ne ressent pas le besoin de donner la vie. Oui, puisqu’à l’embauche, le patron ou la patronne penseront parfois qu’elle finira, de façon inéluctable, par avoir ce projet.

Quand une femme souhaite passer plus de temps auprès de sa progéniture, quelquefois au détriment de sa carrière, une autre s’y sent poussée, en raison de son genre. Elle a plus facilement tendance à sacrifier sa carrière qu’un homme, les injonctions sociétales pesant sur ses épaules (frêles, ou non). Elle reprend le travail après quelques mois passés près de son tout-petit. Se lève après une courte nuit ponctuée de tétées ou de biberons, se maquille pour éviter les remarques du type : « Tu es malade ? », puis se rend sur son lieu de travail. Elle pense à son enfant, mais a vraiment envie de reprendre une activité professionnelle, d’entretenir des liens sociaux. Ou pas. Ou alors, la vérité se situe entre les deux et une grande ambivalence l’habite tout entière. Après tout, chaque individu est différent. Elle est donc souvent tiraillée entre sa vie personnelle et sa carrière. Comme son volume de travail est parfois inférieur à celui d’un homme (compte tenu de potentiels congés maternité, congés parentaux, etc.), elle gagne moins. Pourtant, sa charge mentale est lourde, très lourde. Cela semble injuste, décrit comme cela. Et ça l’est, bien que certaines entreprises aient à cœur de pallier ces problématiques.

2. Les personnes du sexe féminin occupent des postes dans des secteurs globalement moins bien rémunérés

Hasard ou non ? Il semblerait que les femmes travaillent dans des secteurs moins bien rémunérés que les hommes. Comme l’indique l’INSEE, elles pratiqueraient davantage des postes dans les secteurs de la santé et de l’action sociale. Par ailleurs, le métier le plus pratiqué par le sexe féminin serait celui de secrétaire, dédié à l’assistance d’un autre individu. Depuis la plus tendre enfance, la femme est souvent bercée par la conviction qu’elle se doit de prendre soin des autres. Ceci explique donc assez aisément sa tendance à pratiquer des métiers dans ces secteurs. Les métiers liés à la construction ou requérant plus de force sont, quant à eux, plus pratiqués par les hommes. Quant aux postes de cadres, ils sont également davantage occupés par ces derniers. De la même façon qu’aux filles, ils ont pu entendre, dès le plus jeune âge, qu’ils feraient mieux d’avoir, plus tard, des activités d’hommes forts et virils, de dirigeants. Mais même à compétences égales, les femmes gagnent quelquefois moins que le sexe masculin, compte tenu des points susmentionnés.

3. Pourquoi les femmes gagnent moins ? Elles subissent une discrimination pure liée à leur genre

La femme est une femme. Elle a un utérus et un vagin. Elle appartient au sexe féminin et ne l’a pas choisi, au départ. L’homme domine souvent dans l’entreprise, et il fera parfois montre de discrimination à l’embauche. Et la femme, celle qui se sera préparée pour cet entretien, elle sait qu’elle a moins de chances qu’un homme d’être choisie pour cet emploi. Pourquoi ? Parce que dans le monde du travail, la misogynie est encore largement intégrée. Une femme ambitieuse, qui souhaite « réussir » et investir sa carrière professionnelle, n’est pas toujours vue d’un bon œil, là où un homme sera félicité. Exagéré ? À peine, même si aujourd’hui, le nombre de patrons qui mettent en avant la réussite professionnelle de la femme augmente.

4. Les femmes gagnent moins d’argent parce qu’elles ont intégré certains conditionnements

Au-delà de cet aspect, nous pourrions souligner le fait qu’une personne de sexe féminin peut avoir tendance à s’autocensurer, à manquer de confiance en soi. Elle n’ose pas toujours demander quelque chose, elle a parfois peur de parler d’argent, d’augmentations, etc. Pour quelles raisons ? Parce qu’elle appréhende peut-être plus facilement la réaction de ses supérieurs. Elle peut également s’inquiéter de la façon dont son partenaire accueillera son souhait de travailler plus, ou bien d’obtenir une promotion. Et ceci pas nécessairement parce que ce dernier voit cela d’un mauvais œil, mais parce qu’elle a intégré qu’en tant que femme, elle doit davantage se sacrifier. Elle ne se sent pas très à l’aise si elle gagne plus d’argent que son conjoint. On aura d’ailleurs plus aisément tendance à la faire culpabiliser : « Ton conjoint est sympa d’accepter cela », ou « tu gagnes plus d’argent que ton compagnon ? Il ne le vit pas trop mal ? », etc.

Bien que les disparités salariales aient diminué ces dernières décennies, elles sont toujours présentes. Les femmes ne déméritent pourtant pas (que celui ou celle qui n’est pas d’accord parle maintenant, ou se taise à jamais). Elles doivent souvent gérer une grande partie de la vie familiale (bien que les hommes s’investissent de plus en plus). Mais les femmes doivent aussi s’occuper de leur carrière professionnelle et des contraintes inhérentes à cette dernière. Bien sûr, les choses ne sont pas binaires, nous pourrions entrer davantage dans le détail de ces statistiques de l’INSEE, mais le résultat est bel et bien là ; les femmes gagnent moins d’argent que les hommes. Espérons que les choses continuent d’évoluer et imaginons avec plaisir un futur où l’égalité des salaires homme/femme existerait. Un futur où toutes les femmes se sentiraient capables d’occuper des postes de dirigeantes, si tant est qu’elles le veuillent. Un futur où la société les laisseraient être égales aux hommes, sans qu’elles ne culpabilisent.

Marion Gassin pour Celles qui Osent

Étude INSEE

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