Association FNSF : aux côtés des femmes violentées

Alors qu’en moyenne, chaque année, 210 000 femmes sont victimes de violences conjugales, le constat est sans appel : aujourd’hui, au 21ème siècle, les droits des femmes continuent d’être bafoués et le sexisme existe encore et toujours. Ce fléau, au cœur des débats, est devenu l’une des priorités de l’État. Mais il n’est pas le seul à vouloir livrer bataille. Depuis plus de 40 ans, l’association FNSF, Fédération Nationale Solidarité Femmes, se mobilise pour porter assistance aux victimes et fait preuve d’acharnement dans l’espoir de changer les mentalités. Les normes de genre, à l’instar des préjugés, ont la vie dure ! Alors, quelles actions mène ce réseau et comment s’est-il constitué ? Quels sont ses outils et ses motivations ? Celles qui osent vous propose de découvrir cette fédération unie et engagée aux côtés des femmes.

Le parcours et les motivations de l’association FNSF

L’histoire de l’association

Tout commence par un mouvement lancé dans les années 70. Il réunit plusieurs organisations à l’origine des premiers lieux d’hébergement pour les femmes victimes de violences conjugales. En 1977, elles se rassemblent et créent, en 1987, la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF).
Dès juin 1992, elle met en place une ligne d’écoute nationale (celle-ci prendra le nom de 39 19 à partir de 2007). La Fédération se structure autour de cette plateforme téléphonique et d’un réseau d’associations de plus en plus solide.
En 2006, le Centre National d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CNIDFF), la FNSF et le ministère de l’Intérieur signent une convention tripartite. Elle vise à améliorer la prise en charge des femmes en détresse avec la collaboration des services de police et de gendarmerie. D’ailleurs, depuis 12 ans, les membres du réseau forment chaque année les référents violences des commissariats d’Ile-de-France. De plus, ils organisent régulièrement des permanences au sein des locaux des forces de l’ordre.

En 2018, le Premier ministre Edouard Philippe lui confère le label Grande cause nationale. Il lui permet de diffuser des campagnes de communication ainsi que des appels aux dons via les médias publics et lui offre, enfin, la reconnaissance tant espérée.
Présidée par Dominique Guillien-Isenmann, la FNSF regroupe à ce jour 73 associations sur l’ensemble du territoire français (métropole et outre-mer). En 2017, c’est Françoise Brié qui, après avoir exercé pendant 13 ans sur le terrain, prend la direction du groupe associatif.

Ses motivations : militer contre les violences inacceptables faites aux femmes

La Fédération a pour motivation de défendre les droits des femmes en luttant contre toutes les violences commises à leur encontre (viol, inceste, harcèlement, mutilation sexuelle, mariage forcé, etc.). Son combat cible tout particulièrement les sévices qui interviennent dans le couple ou la famille.
Elle nous dresse un portrait bien sombre de la violence conjugale et de ses conséquences. Que ces agressions soient physiques, sexuelles ou psychologiques, le but est toujours le même : dominer et soumettre. Les humiliations et les brutalités ne cessent de s’intensifier au fil du temps et peuvent, malheureusement, aboutir au féminicide (en 2020, 90 femmes ont été tuées par leur conjoint).

À force de dévaloriser leurs compagnes, les bourreaux parviennent à les détruire psychologiquement et à leur faire perdre toute confiance en elles. Elles en oublient progressivement qui elles sont et finissent par se replier sur elles-mêmes. Ces souffrances qu’elles endurent au quotidien les font vivre constamment dans la terreur. De désillusions en calvaire permanent, elles n’ont souvent plus aucune perspective d’avenir. Le cheminement pour les libérer de l’emprise conjugale est long et difficile, mais absolument nécessaire.

L’association FNSF estime que l’évolution des comportements dépend de chacun de nous. Une prise de conscience collective est fondamentale pour venir à bout des agissements à caractère sexistes et des discriminations faites aux femmes. Comment faire ? Arrêter de banaliser ces actes et de sous-évaluer leurs répercussions. Les stéréotypes établis et ancrés sur les hommes et les femmes ne doivent servir en aucun cas à les justifier.

Les multiples actions et les outils d’une fédération unie et engagée aux côtés des femmes

La stratégie et les objectifs de l’association FNSF

Elle effectue un vrai travail de fond pour aider au mieux les femmes en danger et espérer un jour l’égalité des sexes. De ce fait, elle opère sur tous les fronts possibles. Voici le détail de ses nombreuses actions :

  • Écoute, conseil et accompagnement. Chaque année, la Fédération accueille plus de 35 000 femmes victimes de violences avec leurs enfants. Elle les suit tout au long de leur parcours et les guide vers l’autonomie psychologique et financière afin qu’elles se reconstruisent et puissent démarrer une nouvelle vie.
  • Protection et hébergement des victimes. Elle applique des mesures d’éloignement lorsque leur sécurité semble menacée. Tous les ans, environ 5 000 femmes et enfants sont logés en urgence pour une durée plus ou moins longue.
  • Campagnes d’information et de sensibilisation notamment en milieu scolaire. Ainsi, l’association FNSF transmet des valeurs d’égalité entre filles et garçons et inculque le respect mutuel. En procédant en amont, elle prévient les comportements sexistes et encourage la prise de conscience dès le plus jeune âge. En outre, elle propose des formations en entreprise ainsi que pour les professionnels du secteur public (enseignants, éducateurs, personnel de santé, travailleurs sociaux, etc.).
  • Propositions législatives et sociales auprès des autorités politiques, des pouvoirs publics et des supports médiatiques.
  • Continuité des échanges avec les associations adhérentes. Elle analyse les retours d’expériences et s’assure du bon fonctionnement du réseau.
  • Assistance juridique aux victimes pour faire valoir leurs droits et les sortir de la maltraitance.
  • Gestion de la ligne d’écoute nationale 39 19 qui comptabilise environ 2 000 appels téléphoniques par semaine.
  • Multiplication des partenariats avec des enseignes telles que : IKEA, CAMAÏEU, ETAM, L’ORÉAL, H&M, NEXITY.
  • Animation de groupes de travail. Elle aborde des thèmes en lien avec les violences conjugales comme la justice, la santé, les enfants victimes, etc.

Le numéro d’appel d’urgence 39 19 : le savoir-faire des membres du réseau en fait un outil précieux

Le 39 19 est un numéro d’urgence national anonyme et gratuit créé par la FNSF. Elle reçoit depuis presque 30 ans les appels de femmes violentées, de leurs proches ou de professionnels. Assistées par des équipes pluridisciplinaires, les personnes au bout du fil écoutent et informent les victimes. Elles les orientent ensuite vers des partenaires spécialisés dans différents types de violences. Ces derniers engagent alors un processus d’encadrement à la fois social, psychologique et économique. Avocats et services de gendarmerie aident à l’accompagnement juridique.

Néanmoins, fin 2020, le gouvernement projette d’avoir recours à un marché public et de mettre en concurrence la gérance du 39 19. Leur intention serait d’étendre la plage horaire d’accessibilité au service. La Fédération déplore le fait que cette cause soit assimilée à une activité commerciale fonctionnant au rendement (nombre d’appels traités, temps passé à chaque appel, etc.).

Dans son communiqué du 17 novembre 2020, elle rappelle que l’efficacité de son réseau ne repose pas sur ce seul critère. En effet, ses opératrices sont formées et ont acquis une expertise indispensable dans une démarche de soutien durable et de qualité. Expérimentées, elles ont bien compris l’importance de chaque étape et à quel point les premiers contacts avec ces femmes sont déterminants. L’association craint donc que son système ne soit fragilisé, ce qui, en fin de compte, porterait préjudice aux victimes.
L’État annule finalement le projet et signe, le 25 mai 2021, une nouvelle convention avec la FNSF. Cet accord l’autorise à conserver la gestion du 39 19 et élargit ses champs d’action :

  • La ligne restera dorénavant ouverte 24 h / 24 grâce à des fonds supplémentaires qui lui sont accordés.
  • La conduite stratégique de son réseau est renforcée.
  • Ses capacités de recueil et d’analyse des données sur les violences conjugales s’accroissent.

 

Même si l’association FNSF conclut à des avancées sur le plan national et international, elle sait qu’elle doit impérativement poursuivre sa lutte contre les violences faites aux femmes. Il est primordial que la société évolue sur les questions de l’égalité et des stéréotypes en tant que construction sociale. Il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine et les dons sont extrêmement importants pour que le réseau puisse continuer d’agir et de se consolider. Heureusement, d’autres acteurs sont également sur le pied de guerre ! Celles qui Osent vous invite maintenant à lire l’article sur l’association Femme Debout.

Laure Duval, pour Celles qui Osent

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