Sélection Celles qui Osent des 5 meilleurs livres de la rentrée

Celles qui osent vous livre son top 5 des romans les plus captivants de la rentrée littéraire 2021. Cette sélection propose de suivre le parcours initiatique de l’héroïne de Grande couronne avec Salomé Kiner ou de se détendre avec l’amusant face-à-face conjugal du roman Mon mari de Maud Ventura. Vous pourrez aussi vous plonger dans un intense huis clos au sein du Pavillon des combattantes d’Emma Donoghue, réfléchir à La Définition du bonheur avec Catherine Cusset, ou vivre l’expérience incroyable de lire tout en savourant de délicieux plats iraniens grâce à Une soupe à la grenade de Marsha Mehran. 3… 2… 1 top départ de notre sélection des livres à lire cet automne !

1. Grande couronne de Salomé Kiner : le livre à lire pour la rentrée littéraire 2021

Le roman Grande couronne de Salomé Kiner se déroule en France, à la fin des années 1990, dans une ville de banlieue pavillonnaire du Val-d’Oise. Une jeune fille de 13 ans regarde passer les trains qui filent vers Paris.

« La capitale ne me serait jamais acquise par voie noble, j’allais ramper toute ma vie pour sortir de ce trou où mes parents avaient un jour pensé qu’il serait agréable de fonder une famille. »

Elle rêve de partir, de devenir hôtesse de l’air ou avocate, mais surtout de s’acheter des vêtements de marque comme un sac Eastpak ou un single des Spice Girls. « Le crayon khôl à quatre francs quatre-vingt-dix, je ne pouvais pas me le payer. Le blouson Schott et la trousse Diddl non plus. » Sa vie familiale bascule lorsque son père déserte le domicile conjugal. Sa mère sombre dans la dépression et sa grande sœur suit son petit ami en Espagne. La jeune adolescente se retrouve brutalement à la charge de ses deux petits frères. Une copine de son collège lui conseille d’intégrer le mystérieux « groupe Magritte », qui n’est autre qu’un réseau de prostitution. Les collégiennes, convoquées via Tam-Tam (l’ancêtre du portable) prodiguent, pour cinquante francs, caresses et fellations à des garçons du quartier. Le désir de posséder est insatiable, mais le danger, immense. « Deux mois plus tard, j’avais une paire de Nike, un ensemble Tacchini, une palette de maquillage Yves Rocher, trois bandanas et le single de Ménélik », jubile la narratrice. Mais ces « cadeaux » chèrement gagnés ne lui apportent pas la joie tant espérée. Sa première « passe », une brutale tentative de viol, lui vaut un traumatisme qu’elle peine à oublier. Les garçons qui se payent ses services vont du grand dadais pathétique au zonard menaçant. Au fil des pages, l’héroïne découvre l’ébriété, le plaisir et la violence. Elle assume de trop lourdes responsabilités, vit ses premières expériences sexuelles, se brûle, s’esquinte, et grandit.

2. Mon mari de Maud Ventura : un premier roman remarqué

Dans Mon mari, de Maud Ventura, une quadragénaire folle amoureuse de son mari se persuade que celui-ci ne l’aime pas aussi fort qu’elle l’aime. Pourtant, tout ce qu’elle possède devrait la rendre heureuse : un corps sculpté par le yoga et le tennis, deux beaux enfants, une jolie maison en périphérie, une splendide garde-robe, un merveilleux métier d’enseignante d’anglais et de traductrice pour les Éditions de l’Olivier, de belles manières (empruntées aux manuels de Nadine de Rothschild) et un beau mari qui travaille dans la finance. Pourtant, après quinze ans de vie commune, elle le trouve étriqué, nonchalant, mou, suspect et sans cesse menacé. Mais elle l’aime passionnément : « Mon idéal serait un tête-à-tête perpétuel avec lui. » Ce bonheur conjugal semble aussi la rendre très malheureuse. Elle s’emploie méthodiquement à se prouver qu’elle n’est pas aimée aussi fort qu’elle aime et note dans des carnets les preuves de la désaffection qu’elle pense susciter chez son mari. Lors d’un dîner chez des amis par exemple, il l’a comparé à une clémentine. Un soir, il s’est couché sans lui souhaiter une bonne nuit ou ne lui a pas pris la main sur le canapé. Dans un restaurant, il a souri à une serveuse. Face aux autres femmes qui lui semblent toujours plus belles, il lui faut être la plus soignée, la plus parfaite, la plus désirable. Pourtant, faute de faux pas, elle trouve le moyen d’en inventer, lui tend des pièges, dans lesquels il ne tombe jamais. Lectrice compulsive de L’Amant, de Duras, elle couche même (seulement le jeudi) avec d’autres hommes, pour lui faire payer ses prétendues attitudes volages, ou au contraire réveiller chez lui une libido trop sage. Elle n’est pas seulement sujette à la paranoïa : elle est aussi atteinte de démangeaisons chroniques. Sa vie confortable semble alors être un enfer et son couple idyllique, un cauchemar.

3. Le Pavillon des combattantes d’Emma Donoghue : à lire cet automne !

Le roman se déroule en 1918 dans un hôpital de Dublin, en pleine pandémie de grippe espagnole. À l’aube de ses 30 ans, alors qu’à l’hôpital on manque de tout, Julia Power, infirmière dans un service réservé aux femmes enceintes touchées par la maladie, se retrouve seule pour gérer ses patientes en quarantaine. À la maternité, ces femmes luttent pour donner la vie, dans la confusion et la peur. Bridie Sweeney, une jeune orpheline bénévole, pleine de courage et de motivation, l’aide. Une amitié exceptionnelle se lie alors entre les deux soignantes. La Dr Kathleen Lynn, recherchée par la police, leur prodigue également de rares, mais précieux conseils. Certaines patientes vont mener à terme leur grossesse, d’autres connaître des complications, voire un sort funeste. Les trois femmes s’acharnent dans leur lutte contre la pandémie, là où la vie côtoie la mort, comme un vertigineux parallèle avec notre époque. À travers ses héroïnes, imaginées ou celle, réelle, de la Dr Kathleen Lynn, Emma Donoghue rend un formidable hommage aux soignantes, infirmières ou rares femmes médecins du début du XXe siècle. Elle met en lumière leurs expertises, leur dévouement et leur héroïsme invisible. Dans ce roman, l’autrice dénonce aussi l’absence d’éducation sexuelle des jeunes filles. Dans l’ignorance, sans connaissance de leur corps et de leur fonctionnement, les plus vulnérables deviennent trop vite des filles-mères.

4. Le livre coup de coeur : La Définition du bonheur de Catherine Cusset

« Pour Clarisse, le bonheur n’existait pas dans la durée et la continuité (cela, c’était le mien), mais dans le fragment, sous forme de pépite qui brillait d’un éclat singulier, même si cet éclat précédait la chute. »

Ce roman miroir présente les destinées entrelacées de deux femmes, des années 80 à nos jours. Le récit s’ouvre par les funérailles d’une des protagonistes, auxquelles l’autre assiste, puis se poursuit en retraçant parallèlement, sur quarante ans, les trajectoires des deux femmes. Clarisse porte en elle « une faille qui annonce le désastre ». Ogre de vie, grande amoureuse et passionnée de l’Asie, elle multiplie les expériences. Accordant du crédit à la beauté des hommes, elle en choisit un sans autre qualité notable pour faire trois enfants. Après sa séparation, elle connaîtra une belle histoire et quelques torrides aventures, elle qui a fait de la passion la grande affaire de sa vie. Ève, oscillant entre raison et déraison, a plaqué la France pour les États-Unis, et sa thèse de lettres classiques pour la cuisine – non sans succès. Elle entretient une relation maritale stable avec le fiable et aimant Paul. Ces deux destinées nous rappellent qu’il existe diverses façons de mener sa vie pour accéder au bonheur. Catherine Cusset interroge le rapport des femmes au corps et au désir, à l’amour, à la maternité, au vieillissement et au bonheur.

5. Une soupe à la grenade : le meilleur livre de l’autrice Marsha Mehran

Trois jeunes sœurs – Marjan, Bahar et Layla – ayant fui l’Iran au moment de la révolution, trouvent refuge dans un petit village reculé et pluvieux d’Irlande. Elles y ouvrent le Babylon Café. Les effluves ensorcelantes de la cardamome et de la nigelle, des amandes grillées et du miel chaud bouleversent la tranquillité de Ballina Croagh. Les habitants ne les accueillent pas à bras ouverts, mais la cuisine persane, délicate et parfumée, fait germer des réminiscences chez ceux qui la goûtent, font fleurir leurs rêves et leur donnent envie de transformer leur vie. Les bons petits plats de leur pays d’origine deviennent finalement le meilleur moyen de se faire accepter de la communauté villageoise. Au fil du récit se mêlent le chaud et le froid ; la tristesse et la gaieté. La mélancolie du déracinement côtoie la joie d’aller de l’avant, l’incompréhension face aux rejets et les nouvelles amitiés. La déchirure qu’est la fuite de leur pays est palpable. Marsha Mehran s’est inspirée de sa propre histoire familiale pour composer ce roman chaleureux. Elle y décrit le racisme ordinaire dont elle a été victime, elle qui est née à Téhéran, avant de fuir avec ses parents en Argentine, puis aux États-Unis, en Australie et enfin en Irlande. L’autrice met aussi en avant le fantasme qui existe autour de l’exotisme, de « l’Orient » avec des propos parfois durs et impactant, qui montrent le quotidien difficile des émigrés. Elle raconte aussi les rencontres qui redonnent de l’espoir, les gestes de solidarité du quotidien, la force des liens familiaux… Et surtout le pouvoir magique de la cuisine ! Sucrées comme salées, les recettes sont le fil rouge de l’ouvrage !

Info + : Une soupe à la grenade a rencontré le succès aux États-Unis, où il est paru en 2005, et dans la vingtaine de pays où il a été publié. La traduction française vient seulement de paraître alors que sa jeune autrice, Marsha Mehran, est décédée depuis 2014.

Nous espérons que notre sélection de la rentrée littéraire 2021 vous a plu ! Retrouvez chaque mois nos recommandations de livres à lire, que nous choisissons en fonction de nos envies et de nos aspirations du moment.

livres-rentree-litteraire-2021

⏩ Pour lire un autre Top 5 !

⏩ Si vous avez aimé cet article, vous adorerez notre sélection d’avant rentrée littéraire, présentant 4 autrices de génie qui osent écrire la violence masculine !

N’hésitez pas à liker et commenter notre article pour nous soutenir. Vous pouvez aussi vous abonner à notre newsletter Celles qui Osent !

 

Violaine B – Celles qui Osent

 

Sources :

https://www.babelio.com/livres/Kiner-Grande-couronne/1307814

https://www.lejdd.fr/Culture/Livres/grande-couronne-le-premier-roman-de-salome-kiner-claque-comme-un-coup-de-tonnerre-4063107

https://www.nouvelobs.com/l-humeur-de-jerome-garcin/20210920.OBS48850/mon-mari-de-maud-ventura-c-est-bergman-adapte-par-blanche-gardin.html

https://editions-iconoclaste.fr/livres/mon-mari/

https://www.pagedeslibraires.fr/livre/le-pavillon-des-combattantes

https://www.lavoixdunord.fr/1064671/article/2021-09-03/trois-jours-dans-le-pavillon-des-combattantes-d-emma-donoghue

https://www.lemonde.fr/livres/article/2021/09/03/la-definition-du-bonheur-catherine-cusset-heureusement_6093271_3260.html

https://www.lamontagne.fr/paris-75000/loisirs/la-delicieuse-soupe-a-la-grenade-i-de-marsha-mehran_13977971/

https://www.lavoixdeslectrices.com/une-soupe-a-la-grenade-marsha-mehran/

Related Posts
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.