Top 5 des expos artistiques parisiennes à découvrir impérativement dès cet automne !

À Paris, le mois d’octobre offre une myriade d’expositions artistiques sur des thématiques très variées. Alors, si vous ne deviez en choisir que cinq, voici celles que nous vous recommandons. Au Musée Carnavelet, avec l’exposition « Parisiennes citoyennes », découvrez l’histoire chronologique de l’émancipation des femmes. Faites ensuite une immersion féministe à travers la rétrospective de la peintre Alice Neel au Centre Pompidou. Vous pouvez ensuite flâner au Musée d’Orsay pour admirer les œuvres de la portraitiste animalière Rosa Bonheur, puis pénétrer au cœur des estampes fascinantes de Françoise Pétrovitch à la BNF François Mitterrand. Enfin, faites corps avec les surprenantes œuvres hyperréalistes au Musée Maillol. Voici notre sélection (très subjective) des 5 expositions d’art à voir absolument dès l’automne 2022 !

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1. L’exposition parisienne incontournable à voir en octobre 2022

Dès cet automne, l’exposition « Parisiennes Citoyennes ! » du Musée Carnavalet propose de venir découvrir l’histoire chronologique de l’émancipation des femmes, de 1789 à 2000, de la revendication du « droit de cité » pour les femmes pendant la Révolution à la loi sur la parité de 2000. L’ensemble des photographies, peintures, sculptures, films, affiches, vêtements ou livres exposés raconte la lutte des Françaises (et plus particulièrement des Parisiennes) pour leurs droits, difficiles à obtenir : droit à l’instruction, droit de travailler, de disposer librement de son corps, de son argent, de voter, d’accéder à la création artistique et culturelle… Au fil de la visite, nous serons amenés à découvrir la série photographique « Mains Féministes » d’Esther Ferrer (2012), la sculpture Les Causeuses (dites aussi les Bavardes) de Camille Claudel (1895), des clichés de la marche des femmes d’octobre 1979 ou de Janine Niepce avec « Jeune fille et la pilule contraceptive » (1967), l’affiche La Fronde de Clémentine-Hélène Dufau (1898), le Portrait de Natalie Clifford Barney (1876-1972), femme de lettres, dit « L’Amazone » (1920), mais aussi les tirs de Nikki de Saint Phalle de 1961 (époque à laquelle la plasticienne avait expérimenté le tir à la carbine à la place du conventionnel pinceau).

Des objets insolites comme l’éventail suffragiste « Je désire voter », avec le résultat du référendum de 1914 ayant réuni 505 972 voix en faveur du vote des femmes ou une mèche de cheveux de Marguerite Durand, femme féministe et fondatrice du journal La Fronde seront aussi révélés au public.

De grandes figures de l’engagement féministe telles qu’Olympe de Gouges, Colette ou Gisèle Halimi seront présentes, mais aussi des anonymes, des communardes, des pacifistes, des suffragettes, des résistantes, des militantes féministes du MLF, des artistes et intellectuelles engagées, des travailleuses en grève, des collectifs de femmes immigrées ou des syndicalistes… Ces femmes audacieuses et courageuses méritaient bien d’être enfin mises en lumière dans un musée.

>>> L’Exposition « Parisiennes citoyennes ! » — Musée Carnavalet, du 28 septembre au 29 janvier

2. Admirer les œuvres de la portraitiste animalière Rosa Bonheur

Pour le bicentenaire de sa naissance, le Musée d’Orsay offre une rétrospective d’une artiste hors-norme, novatrice, inspirante, libérée dans ses mœurs : Rosa Bonheur. Moquée pour ses vaches, et sa peinture académique jugée « ringarde », c’est pourtant la première femme artiste à recevoir la Légion d’honneur.

Celle qui avait l’habitude de porter des vêtements masculins préférait la présence des bêtes à celles des hommes, et refusait de sacrifier sa liberté aux conventions de l’époque. « Star » en son temps, tombée dans l’oubli, elle est aujourd’hui considérée comme un modèle dans la quête d’indépendance des femmes artistes. Vendant ses toiles avant même de les réaliser, elle a su s’associer aux marchands et aux collectionneurs pour devenir autonome financièrement et vivre de sa peinture.

Portraitiste animalière virtuose, Rosa Bonheur cherchait à exprimer la vitalité et l’âme des animaux qu’elle peignait avec énormément de réalisme, en s’inspirant des découvertes scientifiques et des études zootechniques sur l’élevage des animaux.

Dans sa propriété de By, au cœur de la forêt de Fontainebleau, Rosa Bonheur avait rassemblé autour d’elle des dizaines d’espèces différentes, où se côtoient lions, chevreuils, moutons, perroquets, chats, chiens, cerfs et chevaux, singes… Fascinée par la diversité des espèces et par la beauté sauvage des grands espaces de l’Ouest américain (même si elle ne put jamais s’y rendre), l’artiste offre avec ses peintures une vision exceptionnelle de la faune et de la flore.

L’exposition « Rosa Bonheur (1822-1899) » présentera entre autres le sublime portrait de cerf, intitulé Le Roi de la forêt, ou les célèbres bœufs travailleurs de la terre dans le Labourage Nivernais (1849) qui rend hommage à l’agriculture et à la terre nourricière. À travers La Foulaison du blé en Camargue, l’artiste dépeint la beauté et la puissance des chevaux à demi sauvages que les paysans camarguais utilisaient pour fouler le blé.

Pionnière en matière de protection animale, Rosa Bonheur faisait partie des ferventes défenseurs de la forêt et des arbres. À l’heure de la crise écologique, elle nous réouvre les yeux sur la richesse du vivant, grâce à ses peintures du 19e pourtant encore d’actualité…

>>> « Rosa Bonheur (1822-1899) » – Musée d’Orsay, du 18 octobre au 15 janvier, Paris

3. S’immerger dans la lutte des classes et des sexes avec les portraits de Neel

Le Centre Pompidou présentera en octobre la rétrospective de l’œuvre d’Alice Neel, une figure désormais majeure de la peinture américaine des années 60. Méconnue de son vivant, l’artiste, membre du parti communiste et militante de la cause féministe, offrait à son public une peinture puissante et une vision parfois radioscopique de ses modèles, empreintes de toute l’affection qu’elle leur portait.

Quelques semaines avant sa mort, la peintre avait déclaré :

« En politique comme dans la vie, j’ai toujours aimé les perdants, les outsiders. Cette odeur de succès, je ne l’aimais pas. »

Femme libre, indépendante, fidèle à ses convictions de gauche, elle a inspiré de nombreux artistes comme Robert Mapplethorpe, Jenny Holzer ou encore Kelly Reichardt. Programmée en 2020 puis reportée à 2022, l’exposition du Centre Pompidou se divise en deux thématiques, emblématique du travail de Neel : la lutte des classes et celle des sexes. Celle qui est devenue une icône du féminisme peint, avec un regard lucide et une proximité très intime, les marginaux de la société américaine, celles et ceux qui sont écartés en raison de leurs origines, la couleur de leur peau, leur excentricité, leur orientation sexuelle ou de leur engagement politique.

Ces nus féminins, très éloignés des canons traditionnels façonnés par le regard masculin, proposent une lecture anti-conventionnelle du corps des femmes.

« J’ai toujours pensé que les femmes devaient s’indigner et cesser d’accepter les insultes gratuites que les hommes leur infligent. »

L’exposition permet de mettre en lumière l’œuvre incontournable d’une militante qui s’est intéressée tout au long de sa vie aux humains bafoués par les injustices et les inégalités.

>>> « Alice Neel — un regard engagé », Centre Pompidou, du 5 octobre au 16 janvier

4. Pénétrer au cœur des estampes fascinantes de Françoise Pétrovitch

Enseignante à l’école supérieure Estienne de Paris, figure montante de la scène artistique contemporaine, Françoise Pétrovitch sera exposée dès le 18 octobre à la BNF François Mitterrand. La bibliothèque comptabilise plusieurs millions d’estampes dans ses archives et s’est donné pour objectif de valoriser le patrimoine, mais aussi la création contemporaine. La technique de l’estampe est au cœur du travail de Françoise Pétrovitch et constitue un espace de recherche essentiel dans la pratique de. Le parcours d’exposition Derrière les Paupières sera construit autour de trois atmosphères évoquant « trois attitudes face au monde ».

Maîtrisant toutes les ressources des procédés d’impression graphiques, il présentera une centaine de pièces emblématiques illustrant l’humour et la gravité, la force et la vulnérabilité, l’angoisse et le merveilleux. L’ensemble de l’œuvre de l’artiste, maîtrisant à la perfection l’art du dessin, questionne l’univers de l’enfance et de l’adolescence, la féminité ou encore l’intimité.

Les figures humaines et animales constituent les motifs récurrents de ses productions. Si vous souhaitez pénétrer au cœur de l’univers poétique et singulier de Françoise Pétrovitch, rendez-vous à la BNF de Paris cet automne !

>>>“Derrière les paupières”, Françoise Pétrovitch, BNF François Mitterrand, du 18 octobre au 29 janvier

5. Faire corps avec de fascinantes œuvres hyperréalistes

Les œuvres hyperréalistes sont surprenantes, fascinantes ou perturbantes.

Décrié au départ, car comparé aux statuts du musée Grévin, l’hyperréalisme séduit désormais le public. Le Musée Maillol a décidé de lui dédier une exposition entière. Ce courant artistique apparu dans les années 1960 aux États-Unis consiste à représenter minutieusement des corps de la façon la plus fidèle et vivante possible.

L’exposition “Hyperréalisme — ceci n’est pas un corps” présente depuis le 8 septembre plus de 40 sculptures d’artistes internationaux de renom tels que George Segal, Ron Mueck, Maurizio Cattelan, Berlinde De Bruyckere, Carole A. Feuerman, ou John DeAndrea.

Des sculptures de Duane Hanson, dénonçant le cliché du rêve américain aux nageuses sereines de Carole Feuerman, ces faux corps humains imitent à la perfection nos divers états d’âme.

Corps démesurés, rapetissés, déformés, hyperréalistes : ces répliques humaines plus vraies que nature ne peuvent nous laisser totalement indifférents.

L’exposition nous révèle également certains secrets de fabrication ; les pionniers de l’hyperréalisme moulaient par exemple directement les corps de leurs modèles pour restituer avec exactitude le grain de la peau.

À noter : les 10, 11 et 17 novembre 2022, pour la première fois le musée accueillera des groupes de visiteurs entièrement nus pour visiter l’exposition. Oserez-vous tenter l’expérience ?

>>> “Hyperréalisme — ceci n’est pas un corps” du 8 septembre au 25 mars, Musée Maillol

Vous aimez l’art ? Découvrez-vite le destin exceptionnel d’Iris Clert, la marchande d’art de l’avant-garde qui aime créer l’événement ou le portrait de Clara Scremini, galeriste spécialiste du verre.

Si vous l’avez manqué, lisez notre article présentant les 10 meilleurs évènements artistiques de 2022 à Paris et en province.

 

Violaine B — Celles qui Osent

 

Sources :

Parisiennes citoyennes ! | Carnavalet

Rosa Bonheur (1822-1899) — 2022-10-18 | Musée d’Orsay

Alice Neel, un regard engagé — Magazine — Centre Pompidou.

Françoise Pétrovitch. Derrière les paupières — Communiqué de presse | BnF — Site institutionnel

Exposition “Hyperréalisme” | Musée Maillol

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