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L’existence digitale post-mortem | Une autre vie… éternelle ?

In Société
6 janvier 2022

Que se passe-t-il après la mort ? Vous, tout comme moi, nous n’en savons rien. Mais vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il adviendra de votre compte Facebook, de vos profils Instagram, LinkedIn, Snapchat ou TikTok, et des avis que vous avez laissés çà et là une fois que la faucheuse aura accompli son œuvre funeste ? Les traces des empreintes laissées sur le Web par tant de personnes disparues font germer de nouvelles questions existentielles : y a-t-il une vie numérique après la mort ? Peut-on contrôler notre vie digitale… après le néant ? Les nouvelles technologies ne sont-elles pas en train de réinventer notre imaginaire de l’immortalité ? Celles qui osent s’aventure aux frontières de l’au-delà virtuel.

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La vie numérique après la mort : conserver la mémoire et l’identité des disparus

En attendant une hypothétique « résurrection » de nos corps par la science, la technologie numérique vient se substituer aux systèmes traditionnels de commémoration en assurant une survie par la mémoire. De nouveaux rituels digitaux émergent aujourd’hui, avec les cimetières virtuels, les cérémonials individuels sur le Web, les sites de soutien au deuil, les coffres-forts numériques et autres ghost box…

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Les coffres-forts numériques ont pour objectif de récupérer et de gérer les données du défunt dispersées sur le Web. À chacune de nos vidéos postées, nous laissons des « traces » sur YouTube et les réseaux sociaux. Nos posts sur un blog, nos commentaires sur AirBnB, nos photos sur Instagram ou nos playlists sur iTunes ou Spotify sont autant de témoignages de notre vie numérique qui perdurent en ligne, bien après notre mort. Ces comptes « orphelins » restent visibles parfois des années après la disparition de leurs propriétaires. De ce fait, la survivance numérique est devenue un véritable fait de société et pose problème.

Sur Facebook, totalisant plus de deux milliards d’utilisateurs, on dénombre d’ores et déjà plus de… trente millions de profils appartenant à des personnes décédées. Chaque jour, près de 8 000 membres du réseau social meurent à travers le monde. À cette cadence, le nombre de comptes d’outre-tombe pourrait dépasser celui des vivants en à peine… cinquante ans !

L’éternité numérique réinvente l’immortalité

Le programme de recherche intitulé ANR-ENEID Éternités numériques étudie les identités numériques post-mortem et les usages mémoriaux innovants du Web à partir des pratiques des proches des défunts. D’après ce programme, un quart des pages Facebook est modifié après la mort des usagers par des proches utilisant leurs identifiants pour publier l’annonce des funérailles.

Avec l’apparition du Digital afterlife, le rapport de l’homme à la vie post-mortem est bouleversé. Ce phénomène se définit comme « la continuation de la vie et de la présence numérique après la mort ». Nous pouvons désormais gérer notre vie digitale au-delà de notre propre mort. La start-up Grant Will propose notamment un service d’envoi de messages personnalisés post-mortem. Jusqu’à présent, seuls les proches du défunt étaient en mesure d’assurer les protocoles de commémoration. Avec ces coffres-forts numériques, l’initiative revient au futur défunt. Certains sites tels que Planer Departure, My wonderful life, Passing Bye, Remembered Voices ou Eterni.me vont encore plus loin. Ils offrent des solutions numériques dans l’attente d’une hypothétique immortalité du corps promise par les recherches actuelles en biologie et en médecine de transformation. Le site LifeNaut propose, en plus d’uploader des images, des vidéos et des documents à préserver pour les générations futures, de créer un avatar enrichi d’informations personnalisées telles que nos attitudes, nos valeurs ou nos croyances. Ce site autorise également, pour 99 dollars, de stocker un échantillon de l’ADN de la personne intéressée, pouvant être réactivé lorsque les avancées sur la structure biologique de l’être humain le permettront…

La mort numérique est-elle encadrée par la loi ?

En France, le législateur a tenté d’encadrer la situation avec la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés. L’article 85 prévoit que les héritiers prouvant leur parenté peuvent donner des consignes relatives à la conservation, à l’effacement et à la communication des données de leur proche décédé au responsable des traitements.

Pour des raisons successorales, un droit d’accès et un droit de suppression des comptes du défunt sur les réseaux sociaux sont aussi prévus pour les héritiers. Les directives générales doivent être enregistrées par un « tiers de confiance numérique », certifié par la CNIL, qui sera légalement en charge de la gestion des données numériques après la mort. Une personne peut être désignée pour exécuter ces directives. En cas de décès, celle-ci a alors qualité pour prendre connaissance des directives et demander leur mise en œuvre aux responsables de traitement concernés.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a reconnu en mai 2014 le droit pour les citoyens européens de voir supprimés des liens vers des pages web comportant des données personnelles « inappropriées, hors de propos ou qui n’apparaissent plus pertinentes ».

Le droit à l’oubli : gérer ses données digitales post-mortem

Sur les réseaux sociaux et sur Internet, nous disposons d’un droit à la désindexation et au déréférencement. Lorsque Google l’accepte, il supprime le lien vers la ou les pages concernant le défunt dans ses résultats de recherche. Même si le géant Google a mis en place un formulaire pour adresser des demandes de droit à l’oubli, celui-ci reste très compliqué à remplir ! La plateforme en ligne Forget.me (créée par une start-up lyonnaise) est un outil gratuit pouvant vous aider à envoyer les demandes de retrait de données.

Pour que votre vie posthume ne vous échappe pas, vous pouvez planifier votre héritage numérique soit via des initiatives commerciales en ligne (comme Testamento) soit simplement via votre notaire. Il est possible de désigner un tiers de confiance qui se chargera du devenir de vos comptes en ligne. Vous pourrez ainsi décider de l’avenir de vos données post-mortem. Sachez qu’en l’absence de volonté testamentaire, un réseau social ne peut pas supprimer arbitrairement le profil numérique d’un mort.

D’un point de vue psychologique, la survie digitale semble apporter du réconfort aux proches du défunt, en perpétuant sa mémoire. Elle peut être vécue comme une sorte d’hommage à la personne disparue. Dans le contexte sanitaire actuel, l’immortalité numérique permet de faire son deuil différemment. A contrario, elle peut engendrer une douleur supplémentaire. Pour Marie Danet, psychologue clinicienne spécialisée dans l’usage du numérique, ces outils digitaux permettent « d’apporter du réconfort aux proches, et d’accompagner durant les différentes étapes du deuil », mais cette omniprésence digitale rend parfois le deuil plus difficile encore.

« Lorsque la personne décédée est maintenue trop longtemps vivante, des proches peuvent être ralentis dans leur deuil. »

 

Le phénomène de survivance numérique nous amène à nous questionner : doit-on conserver ou supprimer les comptes et les informations digitales présentes sur le Web d’une personne décédée ? Est-ce lui rendre hommage ? Peut-on faire son deuil malgré l’omniprésence digitale ? Les nouveaux usages mémoriaux du Web démontrent que l’on exploite désormais les nouvelles technologies pour tenter de maîtriser notre propre identité, même après notre mort. Des start-ups aventureuses, comme Nectome (fondée par Robert McIntyre, diplômé du MIT), cherchent à réaliser un double numérique du cerveau, en conservant celui-ci dans l’azote liquide pour les décennies à venir. Ces cerveaux serviront alors à télécharger les esprits de leurs propriétaires au sein d’une simulation informatique sur le cloud. Leurs consciences, leurs mémoires et leur libre arbitre seraient préservés intacts… L’immortalité n’a pas fini d’être source de fantasmes !

 

À lire également :

➡️  Nos réponses à la question : pourquoi fêter les morts devrait être triste ?

➡️  L’identité numérique va-t-elle nous réduire en esclavage ?

➡️  Notre interview avec Léa Kerchouche, fondatrice de Femmes Enov, celle qui ose valoriser les femmes dans le numérique

 

Violaine B — Celles qui Osent

 

Sources :

cairn.info, Vaincre la mort : reproduction et immortalité à l’ère du numérique

Extrait d’Ouest France « Que devient notre vie numérique après la mort ? » par Léo ROUSSEL

Usbeketrica.com, Debout les morts numériques

Lejdd.fr, L’immortalité numérique est-elle souhaitable ?

anthropotechnie.com, Immortalité numérique : un monde en expansion

Assemblee-nationale.fr, Rapport d’information sur l’identité numérique

Theconversation.com, L’immortalité numérique, entre fantasme et business

Larevuedesmedias.ina.fr, Immortalité numérique : que nous réserve l’avenir ?

Journaldunet.com, Métaverse ou la promesse de l’immortalité virtuelle dans un monde numérique immersif !

 

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1 Comment
    Rapport Bronner | Moins de fake news, plus d'esprit critique – Celles qui osent says:
    janvier 18th 2022, 9:00

    […] numérique vous intéresse ? Lisez notre article sur la vie numérique après la mort ou sur le démantèlement de Facebook […]

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