Ces 4 courants philosophiques antiques qu’il faut connaître

La philosophie, souvent jugée abstraite et trop intellectuelle, peut, au contraire, être un moyen de diriger notre existence dans le but de nous épanouir dans notre individualité et nos relations avec les autres. Elle est faite de pensées, doctrines, maximes que l’on peut appliquer à notre vie de tous les jours. Pour ce faire, Celles qui Osent vous propose un article dans lequel vous trouverez quatre courants de la philosophie antique qu’il faut connaître, et qui peuvent être transposés à tous les petits tracas du quotidien. Stoïcisme, épicurisme, platonisme ou aristotélisme, plongeons au cœur de la pensée philosophique de l’Antiquité.

1. Le stoïcisme, la philosophie antique de la fermeté de l’âme

Le premier courant, qui vous sera sûrement utile dans les situations difficiles, est le stoïcisme. Il tire son étymologie du grec ancien stoikos qui signifie « portique », en référence à son fondateur Zénon de Kition, qui enseignait cette philosophie sous un portique à Athènes au IIe siècle avant Jésus-Christ. Comme toute doctrine antique, le stoïcisme est une pensée que l’on peut appliquer à notre vie quotidienne. Les Grecs réfléchissaient à des modèles moraux à mettre en pratique, et pour eux, la philosophie devait être au cœur de la cité.

Selon les stoïciens, dont les représentants les plus connus sont Sénèque, Marc-Aurèle et Épictète, le bonheur n’est atteignable pour les individus que si ces derniers acceptent les événements et aléas de la vie tels qu’ils se présentent à eux. Pour ce faire, ils doivent faire preuve de prohaïresis, que l’on traduit, faute de mieux, par « volonté ». Il s’agit d’un concept introduit par Aristote et qui désigne, en bref, la volonté rationnelle avec laquelle on effectue une action. Chez les stoïciens, la prohaïresis est en harmonie avec l’ordre de la nature et celui d’autrui. Cette symbiose entre notre être, autrui et la nature est essentielle pour atteindre l’eudaimonia, le bonheur vers lequel chacun doit tendre. Mais là où le stoïcisme vous sera sans doute le plus utile, c’est qu’il défend l’idée selon laquelle tout aléa, toute difficulté de la vie doit être dépassée et ne doit pas nous contrôler. Il peut s’agir d’éléments négatifs, comme la maladie et la souffrance, ou positifs, comme le désir et le plaisir. L’objectif est donc d’appliquer au quotidien « le calme du stoïcien » qui nous aidera à dépasser tout événement malheureux pouvant survenir dans la vie.

2. L’épicurisme, le courant philosophique grec du bonheur

Dans la liste des courants philosophiques de l’Antiquité qu’il faut connaître, il y a également l’épicurisme. Il s’agit d’un mouvement de philosophie éthique fondé par Épicure au IIIe siècle avant Jésus-Christ à Athènes. L’épicurisme est un eudémonisme, un courant de pensée selon lequel le bonheur est le but de toute existence humaine, tout comme chez les stoïciens, même si les définitions du bonheur données par les deux philosophies diffèrent.

Pour les épicuristes, si l’on caricature, le bonheur est atteignable via la recherche de plaisirs et l’évitement des souffrances qui peuvent subvenir dans nos existences. Ce bonheur est défini par l’absence de troubles, que l’on appelle ataraxie en grec ancien. Le plaisir est considéré comme « un souverain bien » (comme défini dans les Lettres à Ménécée) et doit être complété par une sérénité de l’âme pour atteindre le bonheur complet. Attention, Épicure ne prône pas une course effrénée vers le plaisir, qui pourrait s’avérer malsaine et donc être source de souffrance. Au contraire, il ne faut s’attarder que sur les plaisirs naturels et nécessaires, dont Épicure élabore un classement précis. Ils désignent nos besoins quotidiens : se nourrir, bien dormir… et garantissent l’absence de troubles physiques. Les désirs non nécessaires et naturels tendent à contrer l’excès, par exemple : manger est un plaisir naturel, mais manger à outrance tous les jours n’est pas nécessaire et peut s’avérer dangereux pour nous. Enfin, les désirs non naturels et non nécessaires sont à éviter absolument. Il s’agit de désirs superficiels, vides de sens : vouloir à tout prix être très riche, vouloir redevenir jeune, vouloir être immortel en sont des exemples. Dans l’épicurisme, seuls les désirs naturels et nécessaires nous permettront d’atteindre une complémentarité et une plénitude de l’âme et du corps, qui nous permettront ensuite de tendre vers le bonheur.

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3. Le platonisme, la pensée philosophique de l’amour

Il y a vraiment trop de choses à dire concernant la philosophie platonicienne. Platon a écrit sur tous les sujets possibles : l’État, la justice, le langage, la métaphysique… Mais là où il me semble être utile, c’est quand il écrit sur l’amour, le thème du Banquet. Plusieurs convives sont réunis à l’occasion d’un grand dîner, et l’un d’entre eux raconte le mythe de l’amour tel qu’il est décrit par le poète Aristophane : lors de la création du monde, il existait trois types d’êtres, les androgynes, les hommes et les femmes. Tous étaient pourvus de quatre jambes, quatre bras et deux sexes, et évoluaient dans une plénitude totale. Mais ils furent punis par Zeus pour avoir tenté de conquérir l’Olympe, le mont des Dieux, et il les coupa en deux, les condamnant à chercher leur âme sœur pour toute la durée de leur existence.

Cette histoire permet à Platon de théoriser la recherche de l’amour, l’attente de la rencontre amoureuse. Alors certes, ce n’est pas une philosophie de l’émancipation ni de l’indépendance, mais c’est une pensée qui veut nous faire comprendre que ce que l’on recherche dans les relations amoureuses, c’est ce sentiment de plénitude, de complémentarité que l’on souhaite trouver dans l’être aimé. C’est justement parce que ce désir de plénitude est en nous, qu’après chaque histoire d’amour vécue nous prend l’envie de recommencer avec quelqu’un d’autre.

4. L’aristotélisme, la doctrine du bien

Comme pour les stoïciens et les épicuriens, le but de l’existence humaine selon Aristote est d’atteindre le bonheur, qu’il désigne par « le bien ». Mais contrairement à Épicure, le bonheur aristotélicien ne réside pas dans les plaisirs que l’on peut tirer de la vie, mais plutôt dans une sorte de sagesse méditative, qui nous permet d’être bien avec nous-mêmes. En bref, le bonheur véritable ne se situe pas dans le monde extérieur, mais plutôt à l’intérieur de nous.

Pour atteindre ce bonheur, la vertu, que l’on acquiert par l’expérience, peut nous aider. Ce qui permet d’apprendre à nous connaître est tout simplement de vivre notre existence, connaître des joies et des peines, affronter des difficultés. Tout ceci nous rend plus sage et plus à même d’être vertueux. L’expérience nous apprend à nous écouter, à connaître nos besoins et nos limites, et nous oblige à faire preuve de patience dans notre vie quotidienne. Pour Aristote, la vertu se trouve entre la connaissance de soi et l’action. Pour évoluer, il faut agir, et plus l’on agit, mieux l’on se connaît…

Après ce petit tour d’horizon des principaux courants de la philosophie antique, dans lequel vous reconnaissez-vous le plus ?

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Victoria Lavelle pour Celles qui Osent

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