Portrait de Pénélope Bagieu : une figure féministe dans l’univers de la BD

Pénélope Bagieu est une artiste populaire, à la fois scénariste et illustratrice. Elle dessine de sa main droite, mais garde l’autre poing levé. D’abord connue sous le pseudonyme de Pénélope Jolicœur, elle s’est aujourd’hui bel et bien fait un nom dans l’univers plutôt masculin de la bande dessinée. Découvrez le parcours d’une autrice aussi discrète qu’anticonformiste.

Pénélope Bagieu : une success story à la française

Née en 1982 à Paris, elle passe son enfance en Corse, où elle commence à dessiner à l’âge de 3 ans. Cette passion ne fera que grandir, jusqu’à devenir son métier. D’abord diplômée de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, elle intègre ensuite le Central Saint Martins School of Art and Design de Londres.

De retour en France, elle réalise en 2006 un court-métrage d’animation intitulé Fini de rire, qui sera diffusé sur Canal+ et lui vaudra plusieurs nominations dans des festivals de films. Elle se lance ensuite dans l’illustration, et travaille sur de nombreuses campagnes de publicité, couvertures de livres et publications de presse.

Mais c’est grâce à son blog largement autobiographique, lancé en 2007, qu’elle se fait connaître du grand public. Ma vie est tout à fait fascinante raconte son quotidien en images et avec beaucoup d’humour et d’autodérision. Des milliers de femmes se reconnaissent alors dans son personnage : une héroïne qui leur ressemble, avec des problématiques de tous les jours.

En 2008 sort le premier album de Joséphine : trentenaire gaffeuse, drôle et farfelue, à la recherche du grand amour. Le public répond présent : son succès jusqu’ici virtuel se confirme et se prolonge en librairie.

En 2013, elle est nommée Chevalier des Arts et des Lettres au 40ème festival de la BD d’Angoulême. Et dans le Vanity Fair de novembre 2019, elle figure au classement des 50 Français les plus influents du monde.

Quelques-unes de ses oeuvres emblématiques

  • 2010 : Cadavre exquis, nouvelle graphique dont elle gère dessins et scénario.
  • 2015 : s’installe à New York pour finir son album California Dreamin’, Pénélope Bagieu raconte dans cet album la vie et carrière méconnue de Cass Elliot, la voix du groupe The Mamas and the Papas.
  • 2016 : sortie de Culottées, qui gagnera le Prix Eisner de la meilleure édition américaine d’une œuvre internationale, l’une des plus hautes distinctions mondiales de la bande dessinée, au Comic-Con de San Diego.
  • 2020 : Sacrées sorcières, adaptation du livre de Roald Dahl.
  • 2021 : Les Strates, bande dessinée autobiographique qui raconte sa jeunesse, sa relation avec sa famille, avec les hommes, mais aussi les abus dont elle a été victime.

Un féminisme bien ancré pour une artiste engagée 

Pénélope Bagieu devient militante d’abord à travers son œuvre puis dans ses prises de position publiques engagées. Élevée avec sa soeur par une mère célibataire et féministe, elle crée les héroïnes qui lui ont tant manqué, autant dans les livres que dans les cours d‘histoire. Les influences artistiques féministes de son enfance sont Tom-Tom et Nana, qu’elle qualifiera de « drôle, rocambolesque et transgressif », et Mafalda, de Quino, petite fille inquiète du monde alors que les adultes s’en fichent. Et elle regrette la découverte trop tardive de Simone de Beauvoir, Virginie Despentes, ou encore Roxane Gay.

L’autrice lutte depuis longtemps contre le « syndrome de la Schtroumpfette » : dans Les Schtroumpfs, il y a le Schtroumpf grognon, le farceur, le costaud, le poète… et la Schtroumpfette, qui n’a pas de caractère particulier, c’est juste une fille. Ce principe met en lumière la sur-représentation des protagonistes masculins au détriment des protagonistes féminins, qui sont souvent invisibilisés, voire marginalisés, dans les médias et la culture populaire. Pénélope Bagieu s’est toujours attelée dans son travail à brosser des portraits de femmes indépendantes, fortes, et méconnues, avant tout des femmes qui ont été se frotter à l’adversité.

Cette artiste a donc tout pour plaire, talentueuse et engagée, elle a un impact important sur le monde de la bande dessinée et de l’illustration. Elle a su se faire un nom en France mais aussi à l’étranger dans le monde du roman graphique. Ses ouvrages, souvent inspirés de faits réels, ont su séduire un large public. Pénélope Bagieu, en plus de ses ouvrages de bande dessinée, a également publié quelques livres pour enfants et collabore régulièrement avec la presse. Elle est une véritable source d’inspiration pour les jeunes filles et les femmes qui souhaitent s’affirmer dans un monde encore souvent inégal, en se battant pour leurs passions et convictions.

4 choses que vous ne savez peut-être pas sur Pénélope Bagieu

  • Elle a été animatrice dans les soirées We are the 90’s sous le pseudonyme DJ Brenda
  • Elle est mariée au musicien et mannequin Benjamin Hekimian, plus connu sous le pseudonyme Waxx
  • Elle a obtenu les moins bonnes notes de sa promo à l’École nationale supérieure des arts décoratifs
  • Son blog de 2007 est toujours disponible, allez y jeter un œil : sa vie est tout à fait fascinante !

Pour aller plus loin avec Pénélope Bagieu, vous pouvez aussi aller faire un tour du côté des Culottées. Et pour aller plus loin avec des femmes au parcours hors du commun en bande dessinée, on vous recommande l’histoire tragique et incroyable des Radium Girls !

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Sarah Cattelain, pour Celles Qui Osent

Sources :

Pénélope Bagieu « Je peux être hantée par des personnages de bande dessinée, haleter et pleurer avec eux.

BD : rencontre avec Pénélope Bagieu, la dessinatrice engagée à qui tout sourit

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