Interview d’Annika et Jessica, filles de l’aventurier Mike Horn

Celles qui Osent en immersion dans le clan Horn

Celles qui Osent part à la rencontre de deux sœurs inséparables, fusionnelles et très complices : les filles du célèbre aventurier Mike Horn, qu’elles appellent « paps ». Ces « mini-aventurières » de 26 et 27 ans, diplômées en communication, influenceuses et gestionnaires d’expédition, aident depuis plusieurs années leur père de concrétiser ses rêves d’aventure. Après le décès de leur mère, Jessica et Annika Horn ont adossé tout naturellement ce rôle. « Pars paps, nous on fait le reste. » Immersion dans le clan Horn, un trio très uni, empli d’optimisme, de positivité et d’énergie, ainsi qu’animé par l’amour du voyage. 

Grandir en harmonie avec la montagne

L’histoire débute dans les Alpes suisses, par la rencontre d’une belle Néo-Zélandaise, Catherine, avec un charmant Sud-Africain, Mike. Ils tombent amoureux dans le petit village de Château-d’Oex, dans la région du Léman et s’y installent pour fonder leur famille. Leurs deux filles prénommées Annika et Jessica grandissent avec leurs parents anglophones, avec des « enfants de la montagne », en totale harmonie avec la nature. « Nous avons passé une enfance heureuse, dans une bulle atypique, entourée d’amour même si notre papa était souvent absent. Il partait à l’aventure, parfois pendant très longtemps, et l’on ne comprenait pas toujours pourquoi… Nous vivions en décalage par rapport aux autres ; une vie hors du commun, en Suisse. » 

Leur mère permet à ses filles de suivre les périples de leur père sur la mappemonde. Elles n’ont qu’entre 5 et 6 ans lorsque Mike Horn entreprend son expédition Latitude Zéro. À l’époque, il s’est lancé un défi inouï : ne jamais quitter la latitude zéro et parcourir en solitaire les 40 000 kilomètres de l’équateur. Des côtes d’Afrique aux portes de l’Asie, en passant par le continent américain, il traverse trois océans, deux sommets de 6 000 mètres. Mike parcourt des pays en guerre, rongés par la maladie, des jungles envahies par une faune hostile et par une flore vénéneuse.

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Le clan Horn : vivre de l’aventure

La famille déménage à Lausanne, afin d’être plus proche de l’aéroport. Les sœurs intègrent ensuite l’université, dans une filière de communication : Jessica à Boston et Annika à Paris. Malheureusement, une douloureuse épreuve de la vie frappe le clan Horn : elles perdent tragiquement leur maman d’un cancer du sein en 2015. Peu de temps après la fin de leurs diplômes, Jessica et Annika décident de prendre le relai de leur défunte mère sur la logistique, la communication, la relation avec les sponsors, la presse et les réseaux sociaux. « Très vite, nous avons compris l’importance de la communication dans les expéditions de paps. Les revenus générés par les conférences, les partenariats ou encore les livres sont essentiels pour réaliser ses exploits. Le choix s’est imposé de lui-même. Nous n’avons jamais été obligés de travailler pour lui ». Elles partagent les rêves communs de leurs parents, et l’envie de pouvoir « continuer à vivre de l’aventure. C’est une formidable école de la vie. » Souvent au bureau, elles ont parfois la chance de rejoindre leur père sur le terrain. Annika, passionnée de photographie et d’écriture, est la plus artiste, tandis que Jessica gère l’aspect comptable, les relations contractuelles ou les recherches de financements.

Des influenceuses au service de l’exploration

Jessica et Annika Horn donnent une nouvelle visibilité au travail de leur père. Elles développent ainsi une autre audience, plus jeune, autour de l’exploration, sur les réseaux sociaux, avec le lancement d’une chaîne YouTube et de comptes Instagram entre autres. Mike Horn compte d’ailleurs pas moins de 720 K abonnés ! Les filles sont des influenceuses également de plus en plus suivies. 

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« Notre père souhaite humblement servir de témoin et partager ses observations sur le monde. Il ne s’érige pas en modèle. Ce n’est ni un activiste écolo ni un donneur de leçon. Si ses expéditions permettent de réveiller les consciences écologiques ou de donner envie de préserver la planète, c’est super, mais il ne veut rien imposer aux gens. Chacun est libre de faire ses propres choix. »

Côté discipline nutritive, « paps ne se prive de rien et mange essentiellement de la viande, du fromage et du chocolat ! » Celui qui cuisine « presque mieux sur un réchaud que dans une cuisine équipée » se plaît à inviter ses filles à dîner : « sa grande spécialité, c’est les röstis ! » Mike ne s’impose pas non plus de routine d’entrainement. Sa condition physique, il la doit en grande partie à sa force mentale extrême. « Paps est toujours en mode expédition. Il en a besoin pour se sentir vivant. » Absolument pas matérialiste, leur père préfère l’inconfort d’une nuit en sac de couchage ou de leur canapé à celui d’un lit douillet. 

Mike Horn, un éternel aventurier 

Lors de son expédition Pole to Pole, l’explorateur quinquagénaire s’est lancé comme défi de traverser l’Antarctique à pied, à ski et à la voile, pour réaliser un tour du globe, en passant par les deux pôles. Le projet est titanesque : deux ans de circumnavigation terrestre et maritime du globe. Aucun homme sur terre n’avait encore traversé deux pôles à la suite, en autonomie complète. Seul, en 57 jours, il parcourt 5 100 kilomètres avec son traîneau et un cerf-volant pour le tracter. La fin de son expédition en Arctique a failli mal tourner. Jessica et Annika ont les nerfs solides. « On le laisse partir à condition qu’il rentre vivant. »

À 55 ans, Mike Horn n’est pourtant pas prêt à arrêter d’explorer le monde. Il souhaiterait désormais initier ses filles à la haute montagne. Malgré l’épidémie mondiale de Covid-19, le clan Horn prépare sa prochaine expédition, en bateau, vers l’Amérique du Sud. « Nous aimerions naviguer autour de l’Amazonie et s’aventurer en Patagonie. Paps aimerait aussi retourner au Pakistan afin de tenter le sommet du K2 pour la 4e fois ! »

Jessica et Annika Horn, des femmes « tout-terrain »

Les conditions sportives et de survies extrêmes ne font pas peur aux soeurs. « Toujours collées l’une à l’autre », elles restent solidaires à toutes épreuves. Annika est passionnée d’ultra-trail, tandis que Jessica adore la soutenir dans ses courses. « Ma force, c’est ma sœur ». Très complices, elles ont vécu de longues années ensemble, avant d’être désormais en âge d’avoir des « chéris », qui ont dû passer les « ultimes tests pour emporter l’approbation de paps » !

Les femmes Horn sont des femmes qui osent. « Maman, notre ange gardien, mais aussi notre grand-mère, étaient des femmes très fortes. Notre mère était formidable. C’est notre modèle. Elle était l’ancre, le pilier de la famille, avec le sourire en permanence. Elle a toujours tout fait pour que son mari puisse vivre ses rêves. Ils imaginaient toutes les aventures ensemble. »

 

Jessica et Annika Horn ont les yeux qui brillent de fierté à évoquer les incroyables exploits de leur père. Mike Horn, « papa poule » ultra protecteur, déclare « je n’ai plus que mes filles. » Celles qui Osent termine l’entretien touché par tant d’amour et d’admiration familiale. Nous leur souhaitons bonne chance pour leurs futures aventures ! Et vous, cela vous dit d’oser réaliser la vie de vos rêves ? 

 Violaine B — Celles qui Osent 

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