Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir résumé d’un incontournable de la littérature féministe

Le Deuxième sexe, écrit par Simone de Beauvoir et publié en 1949, est devenu un livre essentiel dans l’histoire de la pensée. Il est aujourd’hui un texte de référence pour la philosophie féministe, et de nombreuses intellectuelles revendiquent d’appartenir à la tradition beauvoirienne. Si ce livre a acquis une telle réputation, c’est qu’il a influencé des générations de penseurs et penseuses et demeure incroyablement actuel. Celles qui Osent vous propose donc un résumé du Deuxième sexe, un livre incontournable.

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La genèse du Deuxième sexe

Simone de Beauvoir est née en 1908 dans une famille bourgeoise et parisienne. Elle grandit dans un milieu privilégié et, en 1929, obtient l’agrégation de philosophie. Elle devient alors enseignante et publie ses premiers romans pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Deuxième sexe est son troisième essai philosophique. Composé de deux tomes, il est né, comme le raconte Beauvoir dans La Force des choses, une œuvre autobiographique, d’une discussion avec Sartre, son amant puis compagnon de vie :

« En fait, j’avais envie de parler de moi. […] Je commençais à y rêver, à prendre quelques notes, et j’en parlai à Sartre. Je m’avisai qu’une première question se posait : qu’est-ce que ça avait signifié pour moi d’être femme ? […] « Pour moi, dis-je à Sartre, ça n’a pour ainsi dire pas compté. – Tout de même, vous n’avez pas été élevée de la même manière qu’un garçon : il faudrait y regarder de plus près. Je regardai et j’eus une révélation. »

Pendant plusieurs années, Simone de Beauvoir va se documenter, faire des recherches et lire tout ce qu’elle peut sur les soi-disant causes de l’infériorité de la femme par rapport à l’homme. Elle analyse l’histoire, la biologie, l’anthropologie, la sociologie et la littérature sous le prisme de la philosophie existentialiste, développée par Sartre dans l’Être et le Néant (1943). Cela lui permet d’établir le constat suivant : l’éternel féminin n’existe pas, être femme se traduit par une construction sociale et anthropologique, et non par une supposée essence. L’existentialisme, pensée novatrice dans les années 1940, est essentiel pour comprendre Le Deuxième sexe et les conséquences de ce dernier dans le monde de la pensée.

Pour aller plus loin, lisez la biographie de Simone de Beauvoir

Résumé du Deuxième sexe | Tome 1 : « Les faits et les mythes »

Dans la première partie du tome 1 du Deuxième sexe, Beauvoir résume en trois chapitres la pensée de la biologie, de la psychanalyse et de l’histoire sur les causes de cette soi-disant infériorité du féminin. La deuxième partie est entièrement dédiée à l’histoire, et l’essayiste remonte à la préhistoire pour comprendre et expliquer l’inégalité des sexes. Elle se penche ensuite sur le cas de cinq écrivains, Henri de Montherlant, D.H. Lawrence, Paul Claudel, André Breton et Stendhal, dont elle décrypte les représentations de la femme à travers leurs différentes œuvres.

Le premier tome du Deuxième sexe est assez complexe à lire car très universitaire. Il est le fruit de plusieurs années de recherche et ne comporte que des analyses féministes dont le but est de démonter le mythe de l’éternel féminin. Plus largement, elle s’attaque à tous les stéréotypes entourant les femmes : la douceur féminine, la beauté, l’altruisme…

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Tome 2 du Deuxième sexe : « L’expérience vécue »

Le tome 2 est bien plus facile d’accès que le premier, car Beauvoir explore l’expérience vécue des femmes et s’interroge sur ce que signifie « être femme » durant l’enfance, puis à l’âge adulte. Elle détaille des « situations » : celle de la femme mariée, de la lesbienne, de l’amoureuse, de la prostituée… ces catégories sont aujourd’hui assez dépassées, puisque Simone de Beauvoir écrit dans les années 1940, à une époque où les femmes étaient pour la majeure partie d’entre elles femmes au foyer, où la contraception et l’avortement n’étaient pas légaux et où les femmes étaient soumises à l’autorité de leur mari.

Tout le but du deuxième tome du Deuxième sexe est de justifier cette phrase que Beauvoir écrit au début du deuxième livre :

« On ne naît pas femme, on le devient. »

Dans la continuité du premier tome, la philosophe cherche à montrer en quoi la féminité est une construction sociale, fruit d’une inégalité entre les hommes et les femmes. Ce constat influencera grandement la théorie du genre telle qu’elle est développée par la philosophe Judith Butler dans les années 1990, qui ira même plus loin que Beauvoir puisque selon elle, le genre de manière générale est performatif : il s’agit d’une performance, d’un rôle joué pour correspondre à des injonctions sociales.

Devenir une femme indépendante : les différentes voies selon Beauvoir

Dans la dernière partie du Deuxième sexe, Beauvoir donne des conseils précis et concrets pour permettre aux femmes de s’émanciper des hommes. Pour elle, les libertés civiques telles que le droit de vote ne suffiront pas pour libérer les femmes du patriarcat. Le travail est la première étape de l’émancipation. Rappelons encore une fois qu’en 1949, date de publication du Deuxième sexe, les femmes sont au foyer. Elles n’ont donc aucune indépendance financière.

L’injonction à la maternité est une autre entrave majeure à la liberté des femmes, et Beauvoir a toujours milité en faveur de l’avortement et de la contraception. Elles doivent également se détacher du mythe de l’éternel féminin, et donc des injonctions à la féminité. En guise de phrase de conclusion, Beauvoir écrit :

« La femme libre est seulement en train de naître. »

L’histoire du féminisme français vous intéresse ? N’hésitez pas à aller jeter un œil à notre article sur le sujet !

Victoria Lavelle pour Celles qui Osent

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