Miriam Lancewood : une vie au cœur de la nature sauvage

Abandonner son travail, son appartement, ses amis et tous ses biens pour aller vivre dans des forêts montagneuses, voilà le challenge que s’est lancé Miriam Lancewood. Cette femme au parcours empreint d’indépendance a pris cette décision radicale pour donner un sens à son avenir. Avec son mari Peter, elle évolue depuis 10 ans loin de la civilisation. Cette aventurière à la vie sauvage a dû apprendre à survivre et à s’adapter dans un environnement parfois hostile. Son quotidien : dormir à même le sol, faire du feu et chasser à l’arc. Découvrez la biographie de Miriam Lancewood, une femme courageuse qui a trouvé le bonheur dans une existence libre, en pleine nature.

Biographie de Miriam Lancewood : une jeunesse athlétique et proche de la nature

Une enfance heureuse et sportive dans un environnement rural

Loin de la Nouvelle-Zélande et de ses paysages sauvages, Miriam Lancewood naît en 1983 dans un petit village de l’ouest des Pays-Bas. Cadette d’une fratrie de 3 sœurs, elle mène une vie simple à la campagne. Sa mère est thérapeute et son père travaille avec des personnes handicapées. Elle grandit au sein d’un foyer uni où la famille se passionne pour la musique, l’art et le théâtre.
Dès l’âge de 5 ans, la petite fille passe ses journées dehors. Elle aime courir au grand air, construire des cabanes et allumer des feux.

À 13 ans, l’adolescente découvre le saut à la perche. Dotée d’un physique athlétique, elle excelle rapidement dans cette discipline : 3 ans plus tard, elle est sacrée championne des Pays-Bas et participe aux Jeux olympiques.
De manière naturelle, elle fait de sa vocation son futur métier : elle entreprend des études pour devenir professeur d’éducation physique. La jeune femme rêve d’enseigner en Afrique. En 2004, son diplôme en poche, elle part en tant que bénévole au Zimbabwe. Au bout d’un an, poussée par son audace et son désir de grands espaces, elle quitte l’Afrique pour voyager seule en Inde.

Une rencontre qui bouleverse sa vie

Miriam a 22 ans et elle sillonne l’Inde depuis 5 mois. Alors qu’elle mange dans un restaurant du sud du pays, elle rencontre celui qui deviendra son mari. Peter Raine est un Néo-Zélandais de 52 ans qui a grandi dans une ferme. Après avoir enseigné la philosophie pendant deux décennies, il s’est éloigné de la civilisation pour être un nomade moderne. Son enthousiasme quand il raconte sa traversée de l’Inde à pied la séduit. Il l’impressionne en lui détaillant son ascension de l’Himalaya sans carte. Ils ont les mêmes aspirations : vivre simplement, trouver la paix et observer la beauté des espaces naturels. Cette rencontre est déterminante dans la vie de Miriam Lancewood.

Ensemble, ils passent des mois à voyager et à randonner en Asie et en Papouasie. À la fin de leur périple, Miriam suit Peter en Nouvelle-Zélande. Là, elle tente de reprendre une vie conventionnelle : travail, amis, appartement. Alors qu’en apparence tout va bien, au fond d’elle, la jeune femme est malheureuse. Bien que cette vie lui apporte tout le confort nécessaire, elle se sent prisonnière. Elle aspire à plus de liberté et d’authenticité. Peter ressent exactement la même chose. Ensemble, ils décident de se lancer un défi : vivre en autonomie en milieu sauvage pendant un an. Auront-ils le courage et les compétences pour subsister loin de tout ?

Une préparation rigoureuse et une grande force d’adaptation pour survivre dans la nature

Une expédition soigneusement planifiée

Avril 2010, Miriam Lancewood vit sa dernière journée de travail en tant que professeur d’éducation physique. Elle et son mari Peter vendent tous leurs biens, y compris leur voiture, et rendent les clés du cottage meublé qu’ils louent. Ils partent avec des aliments, une tente, un couteau, une marmite, des duvets et quelques vêtements. Tout cela tient dans deux sacs à dos de 85 litres.

À la manière de Sarah Marquis avant sa marche solitaire, les deux aventuriers ont passé une année à préparer leur nouvelle vie. Ils ont appris à connaître les baies comestibles, les plantes et les champignons pour pratiquer la cueillette. Les hautes montagnes de l’île du sud de Nouvelle-Zélande offrent peu de ressources en hiver. Ils ont évalué la nourriture dont ils auront besoin. Les provisions – du lait en poudre au riz en passant par la farine et le thé – ont été calculées à la cuillerée ou au sachet près. Ces aliments sont stockés dans des pots pour être enterrés dans le sol. Avec cela, ils doivent tenir jusqu’à la fin de la saison froide. Ils ont réalisé de nombreuses randonnées en portant de lourdes charges et ont appris à allumer des feux sous la pluie. Enfin, Miriam a préparé son arc et ses flèches. Elle s’est entraînée dans son jardin, car elle compte chasser des chèvres et des lapins.

Des journées au rythme de leurs besoins et des conditions climatiques

Très vite, Miriam et Peter se répartissent les tâches. Grâce à son passé de perchiste, la jeune femme a une excellente forme physique. C’est donc elle qui s’occupe des activités les plus fatigantes. Elle arpente la forêt pendant de longues heures pour cueillir des plantes comestibles. Elle tente de chasser des petits animaux, sans succès. Peter va chercher le bois et prépare le repas, notamment le pain, qu’il fait cuire sur le feu. Dans les premières semaines, ils doivent s’habituer à ce nouveau mode de vie et s’adapter à leur environnement.

Miriam Lancewood et Peter Raine près du feu dans leur campement
Miriam Lancewood et Peter Raine : une vie minimaliste au cœur de la nature sauvage. Crédit : John Bozinov – Neil Silverwood

 

Pour apprendre à survivre en milieu sauvage, il leur faut aussi dompter leurs peurs et affronter le froid et la faim. La chasse à l’arc se révèle plus difficile que ce que Miriam Lancewood avait imaginé. Grâce à l’habileté de Peter, ils construisent un piège et réussissent à attraper des opossums. Miriam, végétarienne depuis son enfance, devient omnivore par nécessité. L’énergie contenue dans la viande lui permet d’endurer les nuits glaciales passées sous la tente. Lorsqu’il pleut pendant des semaines ou que le sol est trop gelé, ils trouvent refuge dans des huttes ou des cabanes abandonnées.
Sans montre et sans notion du temps, leurs journées sont rythmées par les levers et couchers de soleil. Ils dorment beaucoup, jusqu’à 14 heures durant l’hiver. Dans ce choix de vie minimale, la majorité de leurs périodes d’éveil est consacrée à trouver de la nourriture.

Le parcours d’une aventurière à la vie sauvage, à la découverte d’elle-même

Un apprentissage de ses forces et de ses faiblesses

Au début de son aventure, Miriam Lancewood met plusieurs semaines à trouver son rythme. Son esprit, habitué à la frénésie de la civilisation, est trop rapide pour le milieu sauvage. Petit à petit, elle apprend à s’ennuyer et ouvre ses yeux à la nature environnante. Sa sensibilité s’accroît et elle parvient à détecter le plus petit changement dans son habitat. Cette expérience n’est pas toujours facile. Miriam connaît des moments sombres lors de ses premières chasses. Submergée par la violence de cet acte, elle perd pied et songe à abandonner sa vie nomade.

Miriam Lancewood équipée de son arc est en quête d'une proie dans la forêt
Pour survivre, Miriam Lancewood pratique la chasse à l’arc dans les forêts de Nouvelle-Zélande. Crédit : Julie Gassberg

 

Malgré tout, dans le dénuement et la solitude, Miriam trouve sa place. Elle sait porter son attention sur les choses simples qui l’entourent et sur leur beauté : les feuilles d’un arbre, le vol d’un oiseau. Elle prend conscience de ce qui est véritablement important à ses yeux : communier avec la nature, en faire partie.

« Il m’est venu à l’esprit que le sens de la vie réside dans l’inutilité : quand il n’y a plus aucun but, le monde s’ouvre à vous. »

Sortir de sa zone de confort l’a rendue plus forte physiquement et mentalement. Au fur et à mesure qu’elle a gagné en puissance, ses peurs ont disparu pour laisser place à la confiance et à la liberté.

Un mode de vie qui s’impose comme une évidence

Après son aventure hivernale, Miriam Lancewood continue le voyage à travers les immenses horizons du pays des Kiwis. Au bout d’un an de survie, elle et Peter s’engagent le long du Te Araora Trail sur 3 000 km du nord au sud du territoire. Ils décident ensuite de poursuivre leur existence itinérante dans les montagnes et les forêts d’Europe et de Turquie. En 2020, après 3 ans et 2 000 km sur le Vieux Continent, ils regagnent la Nouvelle-Zélande. Les rares fois où elle doit séjourner en ville, Miriam trouve ce retour très compliqué : trop bruyant, trop stressant, trop de sollicitations.

La biographie de Miriam Lancewood et les leçons de vie qu’elle a tirées de sa première année de nomade sont retracées dans le livre Survivre au cœur de la nature sauvage. Loin de chercher la notoriété, la Néerlandaise livre son témoignage et montre qu’il est possible de choisir sa façon d’être au monde.

 

🔥 Découvrez le portrait d’une aventurière libertaire, Delia Akeley

Isabelle Jullien, pour Celles qui Osent.
Article rédigé lors du cursus de formation en rédaction web chez FRW.

Sources :

nzherald.co.nz, Miriam Lancewood cherchait un défi lorsqu’elle est sortie de la grille dans l’île du Sud

nzherald.co.nz, Un couple, un homme kiwi et une femme hollandaise, avec un écart d’âge de 30 ans, vivent une vie de nomades

Miriamlancewood.com

Miriam Lancewood, Survivre au cœur de la nature sauvage, Arthaud, 2020.

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