Michelle Obama, Devenir First Lady engagée

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Michelle Obama, Devenir first lady engagée

Comment réussir à faire sa place lorsqu’on est une femme noire issue d’un quartier populaire ? Cette question, Michelle Obama se l’est posée de nombreuses fois. Dans son autobiographie Devenir, et encore aujourd’hui, elle nous prouve que quelle que soit notre origine, quelle que soit notre position sociale, il est possible de trouver la voie qui nous correspond. À travers son parcours atypique, elle ne peut que réveiller en chacun de nous l’optimisme qui l’habite depuis toujours. Car c’est surtout grâce à l’espoir que Michelle Obama est passée du statut de petite fille modeste à celui de première First Lady afro-américaine à la Maison-Blanche. Encore maintenant, l’engagement de Michelle Obama est reconnu mondialement, mais elle n’oublie pas que le chemin qu’elle a choisi n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Découvrons ensemble le parcours de cette femme engagée, qui combat pour que la tolérance et la diversité priment sur la haine.

Une première vie à prouver qu’une femme noire peut réussir

Michelle Obama naît le 17 janvier 1964, à Chicago, sous le nom de Robinson. Ses parents sont d’origine très modeste et habitent un petit appartement dans le quartier du South Side de Chicago. Malgré le peu de moyens dont ils disposent, ils lui donnent une éducation qui sera le point de départ de sa réussite.

Son atout : une famille aux petits soins

Petite, Michelle Obama reçoit une éducation bienveillante. Ses parents lui enseignent leur histoire et celle de leur pays, avec des réalités parfois difficiles. Elle comprend vite que ses origines l’exposent à l’intolérance de certains et qu’elle doit se battre pour faire entendre sa voix. Son père, Fraser, est employé à la station municipale d’épuration des eaux. Il lui apprend à être une personne de confiance, joyeuse, et à beaucoup travailler pour réussir. Il admire les gens qui se surpassent et encourage sa famille à en faire autant. Malgré sa sclérose en plaques, il se bat pour être toujours à la hauteur. Sa mère, Marian, l’aide à acquérir son propre esprit critique et à s’exprimer pour se faire entendre. Quant à son frère, Craig, il est toujours très attentionné envers sa petite sœur.

Michelle a un attachement très fort à sa famille. Ses parents la poussent à être ambitieuse et l’aident à prendre confiance en elle. Ils l’accompagnent dans l’apprentissage de la vie tout en la laissant faire ses propres expériences pour qu’elle puisse devenir autonome. Ils lui donnent le sens des responsabilités afin qu’elle comprenne que ses décisions lui appartiennent et qu’elle en est responsable. Même si elle est encore jeune, Michelle Obama prend vite conscience que ses parents se privent pour permettre à leurs enfants de réussir.

Une scolarité studieuse dans un quartier populaire

L’enfance de Michelle Obama est placée sous le signe de l’effort. Dès la maternelle, elle veut prouver qu’elle peut réussir et a peur que les gens ne croient pas en ses capacités.

Au début, son quartier regroupe des familles de classe moyenne d’origines diverses. Michelle est élevée dans un environnement reflétant la mixité. Mais dans les années 1970, la pauvreté du quartier s’accroît et la population devient presque uniquement noire. Michelle voit les familles les plus aisées quitter le quartier ou inscrire leurs enfants dans des écoles plus prestigieuses. Michelle refuse d’accepter sa condition de petite fille des quartiers pauvres en montrant qu’elle peut réussir malgré les conditions difficiles.

Sa candidature est acceptée au lycée le plus réputé de Chicago. C’est à ce moment qu’une petite phrase se glisse dans sa tête, et la poursuivra encore à la Maison-Blanche : « Suis-je à la hauteur ? » Ses origines la font douter de ses capacités intellectuelles. Alors que jusqu’à présent elle n’avait côtoyé que des enfants pauvres, elle se retrouve avec des lycéens dont les parents ont des métiers prestigieux, y compris les familles noires. Elle constate pour la première fois que certains Noirs peuvent accéder au sommet de la réussite. Elle reprend alors confiance en ses capacités.

Michelle Obama reçoit un enseignement de qualité. Elle se tourne vers l’université de Princeton malgré les propos discriminatoires de sa conseillère d’orientation qui lui assure qu’elle n’y a pas sa place malgré ses très bons résultats. Elle est admise en 1981. C’est la première fois qu’elle côtoie une population majoritairement blanche et masculine, et qu’elle est remarquée pour sa couleur de peau. Elle découvre un nouveau monde, plus luxueux et sécurisé, où tout est fait pour qu’elle se sente bien. Mais elle comprend aussi que la richesse n’est pas toujours synonyme de réussite, et s’accroche pour faire encore mieux que les privilégiés. C’est un défi que de montrer que les minorités n’en sont pas moins intelligentes. Elle défend ses origines du quartier du South Side, car elle est fière de cette appartenance. Elle espère que grâce à sa réussite, l’estime envers les Noirs sera plus forte.

Elle termine son parcours à la faculté de droit de Harvard. Même si ce cursus ne la passionne pas, elle veut se surpasser et surtout prouver qu’elle est à la hauteur.

Un emploi prestigieux et une rencontre en guise de récompense

Après tant d’années d’efforts, elle décroche un poste dans le réputé cabinet d’avocats, Sidley & Austin, à Chicago. À 25 ans, elle obtient la reconnaissance tant recherchée et travaille avec une majorité de Blancs. Elle a déjà ce statut de femme engagée, car elle œuvre pour faire embaucher des avocats issus des minorités ou d’universités moins prestigieuses afin qu’ils aient aussi leur chance. Elle accepte d’être la tutrice d’un stagiaire qui sort aussi de Harvard. Ce stagiaire s’appelle Barack Obama. Elle est frappée par la confiance qu’il affiche, ce mélange de sérieux et de légèreté qui l’anime. À cette époque, Michelle fait encore passer le travail avant tout. Même si elle éprouve de l’attirance, elle s’y refuse pour ne pas dévier de la réussite. À l’inverse, Barack Obama n’a pas cette crainte de déplaire et ce besoin de reconnaissance. Alors qu’elle vit sa vie de manière très organisée, lui aime prendre le temps, profiter, et n’aspire pas à devenir riche. Cette rencontre lui fait finalement prendre conscience qu’elle doit vivre sans toujours avoir besoin d’organiser son avenir et susciter l’approbation d’autrui.

Une vie à deux qui bouscule son Devenir 

Grâce à Barack Obama, elle comprend qu’elle doit accepter le bonheur et non plus travailler uniquement d’arrache-pied. Alors qu’elle est séduite par l’humilité de son futur mari et de son souci d’aider les autres, elle se rend compte qu’elle n’est pas faite pour le droit, que son métier ne l’épanouit pas et qu’elle doit changer de vie. Mais cela irait à l’encontre de l’éducation reçue de ses parents pour lesquels subvenir à ses besoins est plus important que le bien-être. 

Cette envie de changement est renforcée après les décès de son père à 55 ans, ainsi que celui d’une amie proche, touchée par un cancer, à 26 ans. Jusqu’ici, Michelle pensait qu’il était possible de dépasser tous les obstacles. Elle comprend que même en se donnant au maximum, certaines situations sont impossibles à contrôler. Barack Obama la motive à prendre une voie qui la rende heureuse, et à laisser de côté le fait de devoir tout planifier pour ne manquer de rien. S’engager, sans savoir de quoi l’avenir sera fait, mais vivre. Leur mariage a lieu en 1992.

Un emploi confortable qui cède la place à des métiers passion

Au début des années 1990, elle est embauchée comme assistante du maire de Chicago. Elle fait le choix d’un avenir moins guindé où elle pourra accroître son investissement pour les autres. Michelle Obama devient ensuite directrice exécutive de la nouvelle section de Chicago de l’association Public Allies. Elle aide les citoyens à trouver un poste dans les emplois de service public et de travail associatif. Elle apprécie de pouvoir donner leur chance à des gens qui habituellement rencontrent des blocages pour avancer. En 1996, elle accepte un poste de doyen adjoint en charge des relations communautaires à l’université de Chicago. Elle veut  permettre à l’université de s’ouvrir aux étudiants des quartiers environnants et plus particulièrement celui du South Side. C’est aussi à cette époque qu’elle essaie de tomber enceinte. Elle se voit ensuite proposer un poste de directeur exécutif chargé des affaires communautaires au centre hospitalier de l’université de Chicago. Elle monte des projets pour que Blancs et minorités apprennent à mieux se connaître. La santé devient son objectif principal, car elle veut permettre aux quartiers pauvres comme le South Side de mieux accéder aux soins. En 2005, Michelle Obama devient vice-présidente du centre hospitalier de l’université de Chicago. Elle apprécie cette vie tournée vers l’aide à son prochain.

Les obstacles pour devenir mère

En voulant fonder une famille, Michelle se rend compte une nouvelle fois qu’elle ne peut pas tout maîtriser. Sa fausse couche lui donne un sentiment d’échec. Elle regrette que cela soit encore un tabou et que la société n’explique pas aux femmes qu’il s’agit d’un phénomène biologique fréquent, que les femmes n’en sont pas responsables. Le couple se tourne vers la fécondation in vitro. Cette technique est contraignante et difficile à vivre psychologiquement. Mais Michelle Obama réussit à tomber enceinte. Malia Ann Obama naît le 4 juillet 1998. Le 10 juin 2001, elle donne naissance à leur seconde fille, Natasha Marian Obama, dite Sasha, suite à une nouvelle FIV. La carrière politique de Barack Obama prenant de plus en plus d’ampleur, elle se met à craindre pour l’équilibre de sa famille.

Une hostilité qui s’accroît vis-à-vis de la politique 

Michelle Obama craint que l’engagement politique de son mari prenne le pas sur leur vie de famille, car l’investissement y est total. Elle sait aussi que c’est un milieu impitoyable, où tous les coups bas sont permis. Quand Barack Obama se présente aux élections présidentielles de 2008, elle ne le souhaite pas. Elle redoute que sa famille soit exposée au grand jour et ce doute de ne pas être à la hauteur l’habite toujours.

Mais lorsqu’elle le voit faire ses discours en public, elle comprend qu’il peut redonner espoir à l’humanité pour un monde meilleur et plus d’égalité entre les peuples. Elle comprend que les citoyens ont besoin d’eux pour s’en sortir. Elle décide de laisser ses besoins de côté pour laisser les habitants de son pays revivre. Elle joue un grand rôle dans la recherche de l’électorat en faveur de son mari. Elle séduit les citoyens par son honnêteté, humilité, et ses gestes d’affection. Michelle Obama veut être considérée comme une femme noire engagée à part entière.

Pendant la campagne, le couple Obama subit les coups bas tant présents en politique. Certains opposants et médias la font passer pour une femme noire en colère, dont le but serait de renverser les Blancs. Chaque geste ou propos est transformé pour dépeindre un portrait de femme dangereuse. 

En visionnant ses discours en public, elle comprend que son visage apparaît comme trop autoritaire et que ses détracteurs se sont emparés de petits détails que Michelle avait été bien loin de percevoir. Elle décide de travailler sa gestuelle, l’expression de son visage, et de mettre en avant ses atouts : son humour et ses valeurs. En la côtoyant, les électeurs comprennent vite que les critiques dont elle fait l’objet sont infondées.

Michelle Obama à la Maison-Blanche : une femme noire engagée 

Le 4 novembre 2008, Barack Obama est élu président des États-Unis. La première First Lady afro-américaine à la Maison-Blanche sait qu’elle va devoir faire ses preuves beaucoup plus vite, car elle devra composer avec les préjugés raciaux. La petite phrase : « Suis-je à la hauteur ? » refait surface.

Une humilité conservée

Malgré le luxe, Michelle souhaite garder une certaine simplicité dans leur mode de vie. Elle veut que ses filles restent dans la réalité et ne profitent pas excessivement de tout le confort qui leur est offert. La famille crée des liens forts avec le personnel. Michelle Obama éprouve de la culpabilité de voir que tout le monde leur déroule le tapis rouge, que les citoyens sont dérangés dans leur vie de tous les jours dès que le cortège présidentiel est de sortie. Dorénavant, elle n’a plus aucune liberté de mouvement. Elle doit composer avec le service de sécurité qui organise et encadre chaque sortie, ce qui va à l’encontre de l’éducation de ses parents qui lui ont appris l’importance de se prendre en charge et se débrouiller seule. Contrainte de se soucier de son image, Michelle Obama privilégie un style vestimentaire qui ne suscite pas de jugements hostiles et lui permette de faire la publicité de jeunes couturiers de tous horizons. 

Des dangers et coups bas auxquels il faut faire face

Tous les faits et gestes de Michelle Obama sont épiés, ses détracteurs cherchent la moindre faille pour l’accuser de ne pas être à la hauteur de son rôle.

Sa famille se heurte au racisme, et aux élections présidentielles de 2012, elle doit subir les attaques mensongères de Donald Trump, ce qui lui fait craindre un réveil de la violence des extrémistes. À la fin du deuxième mandat de Barack Obama, elle n’hésite d’ailleurs pas à inciter publiquement les Américains à refuser un président incarnant la haine. Cette vulnérabilité lui est rappelée lorsqu’un détraqué fait feu sur la Maison-Blanche.

Sa priorité : œuvrer pour les autres

Avec son statut de première dame, Michelle Obama mène plusieurs combats :

  • elle rend la Maison-Blanche plus accessible en accueillant des citoyens ordinaires, notamment les enfants, lors de fêtes habituellement réservées aux personnalités ;
  • dans un souci de santé nationale, elle fait un potager à la Maison-Blanche pour sensibiliser les Américains au manger sain. Elle invite les enfants à venir cultiver puis cuisiner les légumes récoltés.  En février 2010, elle rend public le programme Let’s Move destiné à lutter contre l’obésité infantile. Le combat de Michelle Obama pour son pays est tel qu’elle fait adopter une nouvelle loi sur l’alimentation infantile pour que les enfants aient meilleur accès à des produits bons pour leur santé dans les écoles publiques. Son engagement permet à des millions d’enfants de mieux manger et entraîne l’effondrement du taux d’obésité infantile ;
  • avec la femme de Joe Biden, elle met en place le programme Joining Forces destiné à aider les familles de militaires. Son action permet notamment de faciliter l’embauche d’anciens combattants et de leurs conjoints dans les entreprises ;
  • elle s’implique pour les enfants, surtout les filles. Elle repense à son parcours de femme noire qui a réussi à faire entendre sa voix, malgré les réflexions. Elle veut que d’autres puissent suivre ce chemin. Elle met en place un programme de leadership et mentorat à la Maison-Blanche pour aider les lycéennes de la région de Washington à s’orienter professionnellement et s’intégrer dans la société ;
  • profondément touchée par les assassinats de jeunes avec des armes à feu, Michelle Obama veut prévenir la violence dans les quartiers. Elle invite les jeunes des quartiers défavorisés à la Maison-Blanche pour leur montrer qu’ils peuvent accéder aux études supérieures et ainsi fuir la violence. En plus du projet de mentorat, elle lance un nouveau programme d’éducation Reach Higher (viser plus haut) pour pousser les jeunes à aller à l’université. À la fin du mandat de Barack Obama, de nombreux lycéens sont inscrits à l’université et bénéficient d’une bourse d’études fédérale.
  • Au printemps 2015, elle lance son quatrième grand projet : Let Girls Learn (permettons aux filles d’apprendre). L’objectif est de permettre aux adolescentes du monde entier d’accéder plus facilement à l’éducation. Depuis ce programme, de nombreuses jeunes filles ont été scolarisées.

À la fin du deuxième mandat, elle a un regret : le Congrès a refusé de voter la moindre loi sur les armes à feu et les violences policières démontrent que la couleur de peau a toujours autant d’importance en Amérique. 

Lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump en janvier 2017, elle retrouve un public composé à la majorité de Blancs. Elle comprend que, dorénavant, aucune mesure ne sera prise pour défendre la diversité.

Dans son autobiographie, Michelle Obama indique qu’elle ne souhaite pas devenir présidente à son tour. Mais elle reste toujours une femme engagée, car elle veut rester optimiste quant à l’avenir de son pays. Elle mène notamment un combat contre une réélection de Donald Trump aux élections présidentielles de 2020, en l’accusant publiquement d’avoir introduit la méfiance entre les citoyens. La maire de Washington l’a également engagée pour qu’elle puisse s’investir dans la lutte contre le Coronavirus. Certains démocrates la voient aussi vice-présidente si Joe Biden accède au pouvoir en novembre 2020. Reste à savoir, donc, quel sera le nouveau Devenir de Michelle Obama.

Laurence Terroni.