Ménopause, la « maladie » du méno-business

Connaissez-vous le nombre de femmes ménopausées dans le monde ? 1,1 milliard. Celui de la France ? 14 millions. En 2025, dans notre pays, la post-ménopause concernera 50 % de la population féminine. Impressionnant, non ? De quoi se faire courtiser par Big Pharma, les Female Technologies et les géants du bien-être !

Le savez-vous ? Dès 2025, la part du marché de la ménopause sera la force motrice de l’industrie mondiale des solutions FemTech. Frost & Sullivan estime leur revenu global à 1,15 billion de dollars d’ici 4 ans. La compagnie prévoit un taux de croissance annuel de 12,2 %. Cette projection est majoritairement sous-tendue par l’explosion du marché de la chute des hormones, des bouffées de chaleur, de l’irritabilité et des 32 autres symptômes recensés dans cette phase particulière de la vie d’une femme. Alors, médicalisation de la ménopause, business ou nécessité ? Pour le savoir, découvrez l’enquête complète de Celles qui osent !

La ménopause, à l’origine du sexisme : rapide historique

D’après le magazine Osphères, l’érudit dominicain Albert Le Grand, est, au XIIIe siècle, le premier à écrire sur la cessation des règles. Si son propos reste des plus misogynes, il a tout de même le mérite de l’audace. Jusqu’alors, les référents masculins du flux menstruel féminin ne portaient intérêt qu’à la femme fertile, c’est-à-dire grosse ou en couches.

La rhétorique du déclin, une construction sociale

C’est au début du XIXe siècle que le terme « ménopause » apparaît dans les ouvrages du médecin Charles de Gardanne. Dès lors, les discours médicaux inventent « l’âge critique » qu’ils décrivent exclusivement en termes de dégénérescence et de danger. La stagnation du sang est associée à une baisse de vitalité qui signe la fin de la seule vocation sociale des femmes, la maternité. À partir de là, les sociétés occidentales contemporaines relient systématiquement la cessation des menstrues au vieillissement prématuré, à la perte de la féminité, à la fin de l’activité sexuelle et à la disqualification sociale. Ménopause devient synonyme de décrépitude, de maladie, d’inutilité et d’isolement. Selon Cécile Charlap, docteure en sociologie, la rhétorique du déclin donne naissance à une construction sociale et une conception occidentale tout à fait récentes.

Rapports sociaux de sexe et système de genre

La médecine fait de la ménopause un prétexte à la différenciation et à la dissociation des sexes. Les femmes ménopausées sont sujettes à mille périls et à tous les vices inhérents à cette « maladie ». Cette transformation et ce déséquilibre proprement féminins justifient les rapports sociaux de sexe. La femme mûre est une sorcière aigrie, l’homme mûr, un référent en pleine force de l’âge. La messe est dite !

À partir de cette distinction anatomique déterminante, les sexes féminin et masculin sont hiérarchisés et diamétralement opposés. Le principe féminin symbolise la différence. Il est rattaché à la nature, au corps, à la reproduction, à l’émotionnel et assigné à l’espace privé. Une fois atteint l’âge de l’obsolescence reproductive, la femme n’est plus rien d’autre qu’un fardeau, voire une vieille bique ou une vieille peau. Le principe masculin est synonyme de culture, de raffinement, d’esprit et de rationnel. Il est le seul représentant de l’espace public et fait office de référent, sans limite d’âge. Plus il mûrit, plus il gagne en crédibilité et en respect. Désormais, la ménopause est le moteur d’un processus de hiérarchisation en faveur des hommes et de maintien du système de genre. Cette bipolarité sexuelle, basée sur un état de carence moléculaire, et cette pensée binaire de la différence enferment les femmes du middle age dans un « no-(wo)man’s land » entre masculinité et féminité.

Cécile Charlap est docteure en sociologie. Elle a obtenu le Prix Observatoire Nivea/CNRS en 2010 pour ses travaux de thèse portant sur  « La fabrique de la ménopause » et la cessation des menstrues.

Cessation des menstrues et citations de nos « grands hommes »

Morceaux choisis :

« En général, nous recherchons l’âge compris entre l’apparition et la fin de la menstruation. Une femme vieille, c’est-à-dire qui a passé l’âge de la menstruation, ne nous inspire que de la répugnance. Sans doute, nous nous laissons en cela guider à notre insu, par la simple possibilité de reproduction ; chaque individu perd de son charme pour l’autre sexe à mesure qu’il s’éloigne de l’âge le plus propre à la reproduction ou la conception. », Schopenhauer, philosophe, XVIIIe siècle.

« La femme devient morose, inquiète, taciturne. Sans cesse, elle regrette des jouissances qui ne sont plus de son âge. Alors, selon sa classe sociale, elle a le choix entre l’ivrognerie ou la dévotion. », J.-S. Baron, médecin, XIXe siècle.

« […] La femme, dépouillant peu à peu ses caractères distinctifs, cesse, pour ainsi dire, d’être femme en perdant la faculté de devenir mère. », Théodore Pétrequin, docteur en chirurgie, XIXe siècle.

« […] Ayant épuisé leurs ovaires, elles ont épuisé leur utilité en tant qu’être humain. », David Reuben, psychiatre et sexologue, XXe siècle (1969).

« La femme n’est véritablement femelle, pénétrable, désirante et désirable, que de la puberté à la sixième décennie de sa vie. Bien entendu, quand nous disons les femmes, nous voulons dire les femmes. Nous ne voulons pas dire une dame âgée. », Gérard Zwang, urologue, XXe siècle (1967).

Alors, mort·e de rire ou vraiment en pétard ?

Médicalisation de la ménopause,  nécessaire ou pas ?

Le socle de la médicalisation

Dès la fin du XIXe siècle, les hormones règnent en maître. L’interruption de l’activité ovarienne devient officiellement un symptôme à traiter en tant que changement radical des sécrétions de substances sexuelles. L’arrêt des règles est désormais considéré comme une manifestation secondaire. L’endocrinologie et l’hormonothérapie deviennent le socle de la médication. Dès lors, les traitements hormonaux destinés aux maladies générales du cycle menstruel s’étendent à la ménopause. À partir de 1930, le corps médical en prescrit aux femmes dont les ovaires font du sur place ou dansent le slow. Une logique économique s’empare de l’industrie pharmaceutique où la ménopause n’a plus rien à voir avec un processus naturel.

Les FemTech ou le méno-business version new-age

Le concept de FemTech date de l’année 2016. Valorisé à 487 millions de dollars en 2020 par Frost & Sullivan, le marché des FemTech dépassera les 520 millions fin 2021 selon Les Échos. En 5 ans, entre 2015 et 2020, les montants levés par les start-up FemTech ont augmenté de 27 %.

 Revenus 2021 des FemTech
Revenus 2021 de la FemTech industrie, selon FemTech Analytics.

 

Leur niche ? L’aspiration des femmes à une médecine plus libératoire de la ménopause, c’est-à-dire plus personnalisée, plus naturelle, plus discrète et moins conventionnelle. Leur force ? Répondre de façon innovante à des besoins non satisfaits ou non encore exprimés et valoriser des segments jusqu’alors négligés. La MénoTech est l’atout en devenir des FemTech. Le seul segment des solutions contre les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale avoisinera les 19 milliards de dollars en 2027. Ce développement devrait s’étendre aux 34 symptômes recensés de la ménopause, autant de sections propices aux opportunités de croissance et aux différenciations concurrentielles.

De son côté, la France prend sa part de marché. Du point de vue des financements, elle atteint la troisième place du podium sur le continent européen. #FranceFemTech recense 70 jeunes pousses sur cet écosystème global. Selon Suchismita Das, de Frost & Sullivan, la ménopause sera la nouvelle force motrice de l’industrie pharmaceutique. Pour sa part, Fast Company estime qu’il s’agit d’un marché de niche à haut potentiel et à haute valeur ajoutée dans lequel 82 % des femmes ménopausées sont prêtes à s’engouffrer. Les start-up surfent sur :

  • le mouvement sociétal de libération de la parole des femmes, porteur d’une demande ;
  • le gap entre l’hormonothérapie à risques et l’alternative de médecines douces moins intrusives ;
  • l’inconfort ressenti ;
  • la dramaturgie de la ménopause ;
  • l’angoisse des femmes confrontées à la peur de vieillir, au manque de communication, et à une offre médicale conventionnelle jusqu’ici très limitée.

Elles axent leur stratégie marketing sur :

  • l’écoute ;
  • la considération ;
  • le dialogue ;
  • la connectivité ;
  • l’expertise ;
  • la dynamique de groupe ;
  • l’offre démultipliée et personnalisée de services et de produits en ligne.

Elles s’appuient sur des chiffres porteurs :

  • 450 000 nouvelles Françaises en péri-ménopause par an ;
  • 40 % de la vie d’une femme passés en phase ménopausique (plus d’un tiers de la durée de vie !) ;
  • 34 symptômes recensés liés aux phases de péri-ménopause, ménopause et post-ménopause ;
  • 15 années supplémentaires de longévité par rapport aux générations précédentes ;
  • 82 % des femmes de plus de 50 ans en attente de nouveaux produits et de nouvelles marques (Fast Company) ;
  • un niveau de vie jugé supérieur à cette tranche d’âge-là.

À l’image des start-up, les entreprises du secteur de la santé, des technologies de l’information sur la santé (HIT) et les sociétés pharmaceutiques pénètrent ce vaste marché et stimulent fusions, acquisitions et partenariats.

Sans traitement, point de salut ?

Le fait que 82 % des femmes concernées par l’une des phases de la ménopause soient prêtes à se ruer sur des produits et des services onéreux – dont l’efficacité reste à prouver – traduit incontestablement un malaise et un mal-être. La ménopause est une période délicate et perturbante qui mérite tout autant d’attention que la puberté. Parce qu’ils rendent vulnérables, ces deux passages demandent un accompagnement et une réponse adaptés. Un processus physiologique naturel n’oblige pas à souffrir et à flipper en silence.  S’il est donc normal de chercher des solutions et d’aspirer à un mieux-être, il convient de garder en tête que ces cycles de vie ne sont pas des maladies. 10 % des femmes en ménopause ont réellement besoin d’un apport hormonal et 5 % d’un soutien psychologique fort.

Les autres symptômes relèvent d’un inconfort plus ou moins marqué, très probablement amplifié par la peur viscérale de l’exclusion sociale et de la perte du pouvoir de séduction. Sans traitement hormonal ou autres apports substitutifs, la femme craint, consciemment ou inconsciemment, de n’en être plus une.

Ce cadre anxiogène, entretenu depuis des décennies, appréhende la ménopause comme un effondrement général et place la femme face à un dilemme : nécessité ou jeunisme ?

Dans ce contexte délétère, l’industrie pharmaceutique, FemTech incluses, tient les rênes. À titre d’exemple :

« Ménopause, pour que la femme reste femme ! », publicité pour un traitement hormonal animée par… une jeune femme.

« Pour que dure l’éternel féminin ! », publicité pour le progestatif Duphaston.

L’atout majeur de Big Pharma ? Refuser aux femmes l’appartenance à la génération silver et à l’âge mûr au profit d’une image plus flatteuse et d’un remède miracle. Sa panacée ? L’hormonothérapie, les médecines complémentaires et… le marché du bien-être. Au beau milieu de ce business, les femmes doivent être particulièrement attentives à l’offre et rester centrées sur leurs besoins réels.

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MénoTech, la Foir’fouille du « Mommy Internet »

Voici pêle-mêle, les principaux services interactifs et produits attractifs du « Mommy Internet », tous organisés autour de communautés, plateformes, télé-santé, télé-médecine, webinaires, forums, chats, applis, etc. :

  • expertises, diagnostics, prescriptions, accès à des cliniciens formés, conseils d’hygiène de vie, éducation à la ménopause et compléments alimentaires, etc. ;
  • appareils à ultrasons, produits capillaires, brumisateurs rafraîchissants, gamme hydratante au collagène, inserts sans hormones, sous-vêtement anti fuites urinaires, etc. ;
  • irrigation du colon, œufs vaginaux et produits garantis sans œstrogènes, etc.

L’ensemble de ces services et produits cible les 34 symptômes recensés de la ménopause, et tout particulièrement :

  • l’anxiété, la fatigue, le sommeil, les sautes d’humeur et le brouillard cérébral ;
  • les douleurs ;
  • les bouffées de chaleur ;
  • la baisse de la libido, la sécheresse vaginale, les fuites urinaires ;
  • Etc.

Celles qui osent vous énumère quelques-unes des start-up les plus notoires :

  • Barclay ;
  • Gennev ;
  • Rory ;
  • Elektra Health ;
  • Better No Younger ;
  • Well-Aging ;
  • SeeMe Beauty ;
  • Procter & Gamble ;
  • Kindra ;
  • Goop (valorisé à 212 millions d’euros avec l’irrigation du colon à 104 euros et les œufs vaginaux à 51 euros) ;
  • KaNDy Therapeutics, acheté par le géant Bayer ;
  • Progyny, entrée en bourse ;
  • Etc.

Du côté des applis et des réseaux sociaux, citons :

  • Wempo ;
  • Caria ;
  • Meno Rebelle ;
  • Peanut, réseau social phare de la MenstruesTech (2,5 millions d’utilisatrices) dédié aux femmes enceintes, aux jeunes mères, et plus récemment aux femmes ménopausées avec Peanut Ménopause.
MenstruesTech et FemTech, les applis
Outil proposé par les startup FemTech pour suivre un programme de mieux-être.

La valse des dollars

Selon le Global Wellness Institute, le marché mondial des médecines complémentaires a été estimé, en 2017, à 199 milliards de dollars dans un marché global du bien-être évalué à près de 4 050 milliards de dollars. Quant au marché numérique de la santé, il devrait peser plus de 230 milliards de dollars dans le monde en 2023, ce qui correspond à une augmentation de 160 % par rapport à 2019.

Ménopause, pourquoi en faire tout un plat ?

Selon Ameli.fr, le site de la Sécurité sociale, seuls 3 cas justifient une prescription de traitement hormonal de la ménopause (THM), sachant que ceux-ci agissent principalement sur les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale et la prévention de perte osseuse :

  •  les troubles climatériques (ménopausiques), qui altèrent la qualité de vie familiale, sociale et professionnelle ;
  •  la ménopause précoce (avant 40 ans), si la cause le permet, et ce, jusqu’à l’âge de la ménopause naturelle (50 ans environ) ;
  •  la perte de densité osseuse, qui conduit à l’ostéoporose et aux fractures associées.

Ces troubles concernent 10 % des femmes.

Les phases de la ménopause
Étapes et symptômes de ménopause Pourcentage moyen de niveau d’œstrogènes de la naissance à l’âge de quatre-vingts ans. © Dreamstime

 

Parallèlement, le site de l’Assurance maladie met en garde sur les risques engendrés par le THM :

  • cancer du sein microscopique ;
  • cancer de l’endomètre, si l’œstrogène est donné sans progestatif ;
  • thrombose veineuse (risque réduit, voire annulé, lorsque les œstrogènes sont administrés par voie transcutanée) ;
  • fibrome de l’utérus ;
  • endométriose (persistance) ;
  • calculs biliaires (multiplication).

Et propose quelques conseils hygiéno-diététiques pour endiguer certains désagréments :

  • arrêt du tabac ;
  • consommation très modérée d’alcool ;
  • alimentation diversifiée ;
  • activité physique régulière et adaptée.

En dernier lieu, Ameli.fr recense les effets bénéfiques de la post-ménopause en dehors de l’hormonothérapie :

  • régression naturelle des fibromes utérins ;
  • diminution et/ou disparition de l’endométriose ;
  • régression et/ou disparition de la migraine cataméniale (liée aux règles).

Celles qui osent vous propose également un extrait du sondage réalisé en 2019 par Kantar auprès de 1 505 femmes et hommes, en partenariat avec la MGEN et la Fondation des femmes :

  • 59 % des femmes ménopausées voient en la ménopause autant d’avantages que d’inconvénients (fin des contraintes et des douleurs liées aux règles et du risque de grossesse non désirée, notamment) ;
  • 50 % l’appréhendent comme un signe de vieillissement et une inégalité sociétale femmes-hommes ;
  • 39 % l’évoquent comme une étape naturelle de la vie d’une femme ;
  • 15 % déclarent un profond mal-être et des troubles sévères ;
  • 41 % de femmes de 40 ans et plus affirment que les signes ne sont pas identifiables facilement ;
  • 90 % des femmes concernées ne prennent pas de traitement médical ;
  • 34 % des sondés estiment que la ménopause augmente le risque d’avoir des problèmes de santé ;
  • 65 % des sondés définissent d’abord la ménopause par ses impacts biologiques ;
  • 5 % seulement évoquent l’émotivité et la dépression ;
  • 69 % des Français identifient l’ostéoporose comme un des risques accrus par la ménopause.

Que retenir de tout cela ?

  • 10 % des femmes nécessitent un traitement hormonal substitutif ;
  • 5 % des femmes se sentent déprimées.

Pourtant, 82 % des femmes sont prêtes à tester et à investir dans les services et produits proposés par les FemTech.

⏩ À lire aussi : peut-on réussir sa vie en étant dépressif ?

Ménopause, témoignages de femmes :

« J’avais une image effroyable de la ménopause, liée au comportement de ma mère à cette époque de sa vie. Une image d’ailleurs corroborée par l’attitude de ma belle-mère, qui est devenue dépressive et hargneuse. J’étais donc dans l’appréhension. Lorsque mon tour est arrivé, très curieusement, la principale chose dont j’ai souffert, c’est de la certitude de ne plus pouvoir avoir d’enfant. Je n’en ai jamais parlé à personne, bien sûr… C’était ridicule et irrationnel : j’ai eu cinq enfants et mon dernier avait presque 20 ans quand j’ai été ménopausée ! Quant à mon humeur, elle a été beaucoup plus stable à partir de la ménopause, car je ne souffrais plus du syndrome prémenstruel. Sinon, j’ai eu un peu chaud la nuit, pendant deux ou trois ans, mais pas de quoi en faire un drame ! », Claire V., 58 ans, mathématicienne, Paris. [Le Monde]

« Je ne redoutais pas particulièrement cette période prévisible de ma vie. Mais quand les premiers symptômes se sont manifestés, j’ai vécu un véritable enfer… au sens littéral du terme : pour moi, la ménopause, ça a été une canicule intérieure. Je me réveillais en sueur huit à dix fois par nuit à cause des bouffées de chaleur. J’étais épuisée mais je n’osais pas me plaindre parce que, dans l’inconscient collectif, cela reste un phénomène naturel. Il faut juste attendre que ça passe. Après en avoir bavé pendant trente ans à cause de règles douloureuses et hémorragiques, je pensais le temps du répit venu. Que nenni ! Au début, je ne voulais pas prendre de traitement hormonal substitutif. Mais l’ampleur de mon mal était telle que j’ai supplié mon gynécologue de me prescrire ce remède miracle. Car oui, c’est un miracle d’avoir retrouvé mon confort d’avant, sans ce corps qui s’enflamme à tout-va. », Christine B., 49 ans, conseillère locataire, Île-de-France. [Le Monde]

« […] J’ai vite trouvé des réponses simples, en termes d’hygiène de vie, à commencer par une alimentation saine. Le simple fait d’arrêter avec les produits industriels a changé ma vie et a évacué la plupart de mes désagréments ! Il faut cesser de vivre dans l’angoisse du lendemain et de la vieillesse. Pour cela, j’ai utilisé des techniques simples de relaxation. J’ai repris le contrôle de ma vie et de mon corps et, très vite, j’ai vraiment eu l’impression de vivre, vraiment, certaines des plus belles années de ma vie ! », Patricia Estenaga. [Pleine vie ]

Un sondage réalisé par Gallup, pour le compte de la North American Menopause Society, révèle que les femmes entre 50 et 60 ans sont :

  • plus heureuses et moins complexées que lorsqu’elles avaient entre 20 et 40 ans ;
  • plus épanouies dans leur vie familiale, notamment dans leur grand-parentalité ;
  • plus disponibles (accomplissement personnel et passe-temps) ;
  • plus sereines dans leur relation conjugale ou autres ;
  • plus constantes dans leurs amitiés.

Depuis des décennies, la climatère souffre d’un amalgame qui maintient les femmes dans une peur culturelle intrinsèque du vieillissement et de l’inutilité. Dans ce contexte, refuser la ménopause et son cortège de désagréments relève presque du réflexe. L’apparition des FemTech dans le méno-business présente l’avantage de lever un tabou, de proposer une panoplie de solutions innovantes et sur mesure. L’interactivité libère la parole de celles qui osent la prendre. La ménopause est démystifiée. Les bonus ? Prendre soin de soi durant ce passage délicat et atténuer certains effets vraiment indésirables. Les malus ? Tomber dans le piège de la course au jeunisme et entretenir indéfiniment une angoisse obsessionnelle. Alors, médicalisation de la ménopause, business ou nécessité ? Celles qui osent reste persuadée qu’en tant que personne avertie, vous détenez désormais la clé de votre propre réponse. Oserez-vous être vous-même et vous libérer de la « ménopocalyspe » ?

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Etsie Tessari pour Celles qui osent

Sources :

Pourquoi les marketeurs devraient avoir peur d’ignorer les femmes de plus de 50 ans

Ménopause et andropause à la lumière du « dispositif de sexualité »

https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-menopause-est-elle-une-construction-sociale

Dossier INSERM sur la ménopause

The $10 billion business of perimenopause

La FemTech, un marché prometteur lesté par le poids des tabous

Site Ameli (Assurance maladie) : dossier ménopause

Article du Monde du 18 octobre 2020 (témoignage)

FemTech-Industry-2021-Report.pdf

https://www.frost.com/news/press-releases

Celles qui osent instagram
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