Maïmouna Doucouré, réalisatrice : la liberté avant tout

Maïmouna Doucouré, réalisatrice, entre dans l’univers du cinéma en 2013, grâce à Cache-Cache, court métrage réalisé pour le concours de scénario Hlm sur cour(t). La jeune femme commence sa carrière sans connaissance technique. Elle doit sa réussite à son travail acharné et surtout à sa foi indéfectible en son objectif : créer des films. Lorsqu’on lui demande comment devenir réalisatrice de film sans aucune expérience, sa réponse est simple : il faut passer à l’action et par-dessus tout, il faut oser ! Vous allez découvrir le portrait d’une femme inspirante, passionnée et authentique.

Comment passer des contes sénégalais au cinéma français ? Le parcours de Maïmouna Doucouré, réalisatrice

« Le cinéma, ce n’est pas pour nous. » : est la réponse de la maman de Maïmouna lorsque la jeune femme lui annonce son choix de carrière. Loin d’être désarçonnée, la future réalisatrice se dirige tout de même vers son rêve de petite fille.

La naissance d’une étoile du cinéma

Née dans le XIXe arrondissement de Paris, Maïmouna Doucouré est la fille d’un papa éboueur et d’une maman femme de ménage et commerçante. Enfant, elle considère le cinéma comme un rêve inatteignable et incompatible avec sa classe sociale. Elle se dirige alors vers des études de biologie et obtient sa licence. Afin de dompter sa créativité, elle suit en parallèle des cours de théâtre et compose secrètement des scénarios. Les prémices d’une carrière hors du commun commencent alors à apparaître.

La passion des contes de son enfance

Maïmouna s’imprègne également de tous les contes sénégalais que lui raconte sa grand-mère. À chaque vacance, elle a droit au même rituel : écouter ses histoires tout en décortiquant des cacahuètes. C’est ainsi que la réalisatrice transmet dans ses films l’imagination qu’elle nourrit depuis toute petite. En s’inspirant de ces contes d’enfance et des films qu’elle a pu voir, Maïmouna crée un univers aussi féérique que difficile. Elle utilise ses propres codes afin de mettre en lumière ses héroïnes.

Comment devenir réalisatrice de film sans faire d’école de cinéma ?

Autodidacte, Maïmouna Doucouré réalise finalement son rêve grâce à son audace. C’est ainsi qu’elle se lance dans l’écriture de ses premiers chefs-d’œuvre.

Cache-Cache : son premier court métrage

Ce premier court métrage voit le jour grâce à un concours de scénarios programmé par l’Union sociale pour l’habitat. Depuis 2013, l’organisme met en lumière de nouveaux talents qui apportent une vision moderne et balayent les idées reçues sur les HLM. C’est cette même année que, incitée par une amie, Maïmouna Doucouré s’inscrit à ce challenge et remporte le troisième prix avec Cache-Cache. Elle met en image l’histoire de madame Denis, maman de la petite Ninon, qui accuse les jeunes de la cité, dans laquelle elle vit, de la disparition de sa petite fille. La jeune femme fait alors ses armes pendant le tournage de ce court métrage autoproduit. Elle y découvre cet univers qui lui semble si inaccessible. Désormais confiante, elle décide de faire de son rêve sa nouvelle réalité. C’est ainsi que Maïmouna embrasse enfin cet amour du cinéma qu’elle a tenu caché pendant si longtemps.

Maman(s) : son premier court métrage professionnel

Le grand public découvre le premier court métrage professionnel de la réalisatrice en 2015. Récompensé d’un César, le film Maman(s) raconte l’histoire d’Aïda, 8 ans, qui vit en banlieue parisienne. La jeune fille voit sa vie bouleversée lorsque son père revient du Sénégal avec une femme qu’il présente comme sa deuxième épouse. Maïmouna Doucouré met la lumière sur la polygamie au travers des yeux de cette petite fille, témoin du désarroi de sa mère. Ce sujet s’avère particulièrement sensible pour la réalisatrice, elle dénonce ici ce qu’elle considère être une injustice pour les femmes. Avec Maman(s), elle fait plus que raconter une simple partie de son histoire, elle essaie de comprendre tout ce qui entrave, selon elle, la liberté des femmes.

Mignonnes : son premier film inspiration

Le travail cinématographique de Maïmouna Doucouré est inspiré de son enfance. Elle puise à la source de chaque expérience, tradition, valeur qui lui a été inculquée, une intarissable créativité. Elle tire parti du meilleur de ses deux cultures, française et sénégalaise, pour se créer sa place en tant que femme et vivre selon ses propres règles. C’est ainsi qu’en 2018, alors qu’elle est tout juste maman, la réalisatrice démarre le tournage de son premier film, Mignonnes. Sorti sur le grand écran en 2020, ce long métrage raconte l’histoire d’Amy, 11 ans, fraîchement installée à Paris avec sa famille sénégalaise. On découvre la construction d’une jeune fille tiraillée entre deux modèles féminins : celui de son pays d’origine, le Sénégal, et celui de son pays d’adoption, la France. Le film met en lumière la difficulté de trouver sa place face aux attentes familiales et sociétales.

Comment changer les mentalités grâce au cinéma ?

Très jeune, Maïmouna Doucouré réalise que la vie n’est pas aussi facile pour les femmes que pour les hommes. Cette inégalité l’incite à dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, et ce, grâce au cinéma.

Libérer la parole à l’aide du cinéma

Particulièrement avec Mignonnes, Maïmouna Doucouré lance un cri d’alerte aux parents et à la société. Le cinéma devient le porte-parole de la réalisatrice. Elle y dénonce l’hypersexualisation du corps féminin et la pression sociale subie par les femmes depuis leur plus jeune âge. Celle qui, enfant, désire ardemment être un garçon, bouscule les codes en révélant des sujets souvent considérés comme violents et dont on parle peu. Spectatrice du sort de ses cousines et voisines fréquemment opprimées, elle se sent totalement impuissante. Aujourd’hui, elle reprend son pouvoir grâce au cinéma et donne la parole à celles qui en sont privées.

Évoluer pour faire évoluer les choses

C’est aussi sa propre vision de la vie que transcende Maïmouna Doucouré grâce à ses réalisations. Elle comprend son histoire personnelle à l’aide de cette mise en lumière. C’est l’une des raisons pour lesquelles ses films respirent tant l’authenticité. Elle s’est autorisée à croire en elle et à prendre sa place dans un monde dans lequel elle ne pensait pas en détenir une. Croire en soi, oser et bien s’entourer sont ses conseils pour concrétiser ses rêves. Elle transmet sa combativité à ses héroïnes. À leur manière, elles se battent toutes pour accéder à la liberté. Son ambition n’est pas que de dénoncer des abus, elle veut également donner des outils et ainsi faire évoluer les mentalités. Le but du cinéma ici est d’allumer les projecteurs sur les dangers de certaines pratiques, quitte à créer un malaise chez le spectateur.

User de la création comme une arme

Le militantisme de Maïmouna Doucouré, réalisatrice, passe par la création. En s’inspirant de son histoire personnelle, elle permet de comprendre les injustices subies par les femmes à tout âge. Dans Maman(s) et Mignonnes, la réalisatrice met à l’image des sujets puissants comme la polygamie ou l’hypersexualisation des adolescentes. En adoptant le point de vue d’enfants (Aïda, 8 ans et Amy, 11 ans), elle offre une autre perspective qui dérange les plus grands. C’est, cependant, là où réside toute la force du cinéma de Maïmouna Doucouré, dans l’authenticité, la joie et la brutalité de la vie.

Dans la même veine, découvrez le portrait de Adèle Haenel, actrice féministe et engagée.

Rédigé par Maëva FLORICOURT, au cours de la formation en rédaction Web SEO chez Formation Rédaction Web.

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