Interview de Maïlys Dorn : architecte d’intérieur de demain

Celles qui Osent a rencontré la femme qui forme les architectes de demain ! Maïlys Dorn, architecte d’intérieur et fondatrice de H.O.M.E (Habite et Optimise Mon Espace)  se passionne pour le concept d’architecture pertinente. H.O.M.E, c’est à la fois un blog, une communauté et une école où l’on apprend l’architecture d’intérieur avec un autre regard. « Je savais que je voulais changer le monde, mais je ne savais pas vraiment comment faire ! » Avec H.O.M.E, elle décide de transmettre une expérience de plus de 300 chantiers dans le domaine de l’habitat particulier. Découvrons l’architecture pertinente à travers le parcours peu commun d’une femme qui ose aller à l’Essentiel !  

L’architecture pertinente : l’intérieur au service des habitants

Vivre en harmonie grâce à l’architecture pertinente

« Oubliez les concepts déco qui seront périmés dans 3 mois ! »

L’architecture pertinente repose sur la connaissance de l’Humain et la maîtrise de l’Espace. Des blogs, des émissions TV, des livres qui parlent déco, il y en a des centaines. Pourtant, très peu abordent l’Essentiel : les usagers. Maïlys Dorn pense d’abord l’architecture au service de l’habitant, de ses usages, de son mode de vie (avant les tendances, les modes ou l’esthétique). « Le toit sous lequel nous habitons, nous avons tendance à le mépriser, alors que l’endroit où nous vivons a énormément d’impact sur notre bonheur au quotidien. » Maïlys Dorn en est persuadée : l’architecture pertinente participe positivement à l’harmonie familiale.

H.O.M.E : apprendre l’architecture de demain

Son concept H.O.M.E d’architecture pertinente repose sur 4 piliers fondamentaux :

  • Le sur-mesure (ergonomie, mode de vie des habitants) ; 
  • Le durable (respect de l’Humain, de la Terre, de la santé et l’écologie) ; 
  • Le rentable (investissement intelligent et pertinent) ;
  • Le partage (bienveillance, partage d’expériences et d’expertises). 

Cette infopreneure (créatrice de formations en ligne) a formé plus de 650 élèves depuis le début de son programme, en 2017. Sa progression est exponentielle, grâce entre autres à son blog Optimise mon espace ayant rencontré rapidement un large succès, dès 2015.

Avec des thématiques comme « gagner de l’espace » ou « une maison qui inspire le bonheur », le blog de Maïlys Dorn apporte des solutions concrètes à des problématiques courantes.

Si vous vous intéressez à l’architecture d’intérieur, pour votre projet de maison ou dans le cadre d’une reconversion professionnelle, cliquez ici !

La formule H.O.M.E s’adresse à différentes typologies de personnes :

  • des personnes en voie de reconversion ;
  • des investisseurs ou des particuliers qui ont un projet de construction ou de rénovation ; 
  • des professionnels de l’habitat, déjà architectes. 

Tester le métier d’architecte d’intérieur

Sa formation H.O.M.E permet d’apprendre la méthodologie de projet, d’optimisation d’espace et d’ergonomie. De la compréhension d’un espace à la pendaison de crémaillère, Maïlys Dorn propose un processus complet ! Via une plateforme sécurisée en ligne, les élèves apprennent pas à pas un métier qui visiblement ne s’apprend pas dans les écoles. « Si vous voulez dessiner des rêves, et les voir se concrétiser, H.O.M.E permet aux personnes intéressées de tester le métier et de réussir leurs reconversions professionnelles. »

Les Homers Pro sont ceux qui souhaitent définitivement vivre de leurs passions : en 12 mois, ils créent leurs entreprises, bénéficient d’un accompagnement dans l’entrepreneuriat, et accélèrent ainsi leur réussite. 

« Dessinez votre vie, devenez Homer ! » mailys-dorn-home-architecte-dinterieur-pertinente-optimise-mon-espace-cellesquiosent-CQO

Maïlys Dorn : un profil atypique

Des beaux-arts à l’agencement de cuisine

Ses cinq premières années de vie, Maïlys Dorn les passe en Afrique, en Algérie puis au Cameroun. Ensuite, ses parents rentrent en France et achètent une maison aux Pays basque. Son père est ingénieur en travaux publics et sa maman mère au foyer « Ne faites jamais cela mes filles, c’est un métier très ingrat ! ». Les trois sœurs ont bien pris note… 

Adolescente, elle déteste la maison dans laquelle elle habite. En effet, la famille vit parmi les vieux meubles et tableaux des ancêtres.

Maïlys Dorn intègre pourtant une prépa artistique, où elle s’essaye à la vidéo, le dessin, la peinture et le son. À 19 ans, elle entre à la très réputée Villa Arson de Nice. Six ans de beaux-arts où elle évolue « dans un milieu extrêmement misogyne. Nous étions une majorité d’étudiantes féminines alors que ceux qui jugeaient notre travail étaient à 100 % des professeurs masculin. » En fin d’études, après avoir redoublé sa dernière année et mené de front les cours et la naissance de son fils, elle propose un book de diplôme sur le thème mystique de l’Annonciation. Elle y propose, entre autres, de gigantesques peintures de testicules et imagine une grande machine à décapiter la peinture, une guillotine tranchante munie de grands couteaux de peintre. La veille de sa présentation, son travail de six années est encensé par son entourage et son professeur tuteur. Pourtant, le jour de sa présentation, le jury peu réceptif la déstabilise. « Je ressens une profonde humiliation. » Injustement, on lui refuse son diplôme. Après ce fiasco, elle réalise que ce milieu n’est pas « fiable ». Maïlys Dorn décide d’en sortir, rapidement. « Je veux tracer ma route, loin de ce milieu de faux-culs ». Jeune maman d’un adorable petit Oskar, elle doit gagner rapidement sa vie et subvenir aux besoins de sa famille. Elle travaille alors pour un décorateur. Peu de temps après, un cuisiniste agenceur d’espaces la recrute et lui offre l’opportunité de faire de l’architecture d’intérieur. Dans le milieu de l’art, l’argent est plutôt « tabou ». Dans ce métier, payée à la commission, elle doit se confronter aux impératifs de vente et apprendre les notions de commerce. « Le commerce, ce n’est finalement que l’art de l’écoute. » 

Un blog, puis une formation : H.O.M.E

Immédiatement, elle se passionne pour l’habitat. Elle apprend vite. Elle enchaîne les formations, et les visites dans les usines de fabricants. Elle décide finalement de se former à l’architecture d’intérieur sur les bancs de l’école, où elle se familiarise aux normes et aux logiciels 3D. Rapidement, elle réalise que les enseignements se concentrent assez peu sur la maison. “Nous n’avons jamais été sur le terrain.” Dans son expérience professionnelle pourtant, elle avait énormément appris des artisans et des échanges avec les clients. “Nous nous éclatons à concevoir des lofts ou des théâtres, avec des budgets illimités, mais nous étions sur notre nuage rose, très éloigné des contraintes réelles. Quelle désillusion à la sortie !”

À la fin de la formation, elle lance son propre blog d’architecture d’intérieur. Pas un condensé d’inspirations ou de tendances visuelles. Non. Elle propose plutôt d’exposer sa propre vision de l’habitat, sa conception d’une architecture d’intérieur ergonomique, au service de ses habitants. Un jour, une architecte lui demande de la former. Maïlys Dorn a le déclic : c’est ainsi que l’aventure HOME commence ! 

« Contrairement à l’art, en architecture d’intérieur, l’aspect artistique est concret, palpable. La couleur ou les matières se ressentent immédiatement dans l’habitat. Quand tu entres dans une pièce, tu sais si tu es bien ou non, alors que devant un tableau, il te faut des clés pour comprendre. » 

Pour connaître sa « méthodologie secrète » et ses conseils, obtenez gratuitement le guide HOME de Maïlys Dorn ici !

Tour du monde en famille, aller à la rencontre de l’Autre

Peu de temps après avoir démarré le blog, Maïlys Dorn a un nouveau challenge : faire le tour du monde en famille. « Tu viens à peine de créer ton entreprise et tu veux faire le tour du monde ? » lui demande, incrédule, son mari. Avec son fils, Oscar, 10 ans et sa fille, Anouk, 4 ans, en moins de 18 mois seulement, ils partent à l’aventure ! 

« Ce projet a finalement débloqué tout un tas de choses que l’on procrastine depuis trop longtemps. Nous testons l’école en famille. Mon mari voulait entamer une reconversion professionnelle, il l’a donc fait. Nous voulions déménager à Bordeaux, alors nous vendons tout ce que nous avons à Nice, pour faire notre tour du monde en famille. »

Ils démarrent leur périple familial en Tunisie. Ensuite, changement radical de cap : départ pour le Canada. « C’est le choc. Je réalise que les humains vivent totalement en adéquation avec leurs architectures. En Tunisie, on ne montre pas son corps et l’architecture est donc totalement introvertie. Tout est à l’intérieur, il n’y a pas de fenêtres extérieures, car l’on ne se dévoile pas dans sa maison. Au Canada, les femmes sont en mini shorts dans la rue et pourtant, personne ne les regarde. Les immeubles sont vitrés, les maisons conçues avec de grandes fenêtres, sans volets. Les Québécois se fichent complètement du vis-à-vis. »

Ils parcourent ensuite les Etats-Unis, de Chicago à San Francisco, en train.

« C’était incroyable. Le California Zephyr, train mythique américain, symbolise la conquête de l’Ouest. Durant ces plus de cinquante heures de voyage, les gens se parlent, se racontent. Les paysages sont hallucinants. D’une heure à l’autre, nous traversons les saisons. » 

Ils découvrent ensuite le Mexique, puis le Pérou et le Costa Rica. Après une très courte halte au Qatar, ils visitent la Thaïlande, le Cambodge et continuent leur parcours asiatique au Laos.
Au Vietnam, Maïlys Dorn est frappée par le fait que les gens vivent essentiellement sur le trottoir. Chez eux, c’est la rue.

Ils partent pour Hong-Kong, poursuivent par les Philippines, puis le Japon.

La petite famille revient en Europe par la Géorgie, la « vieille Europe ». « Là-bas, c’est une autre vie, toute en lenteur, très proche de la nature, sans TV ni ordinateurs.”  Maïlys Dorn se nourrit de ses échanges. Je voulais voyager pour rencontrer des humains, pas seulement des paysages de cartes postales. J’en conclus que contrairement à ce que l’on peut entendre, l’humanité est vraiment géniale !”  

Partout, elle ressent le sens de l’hospitalité, la curiosité de l’autre, la richesse des échanges, malgré les barrières de langues. « Si tu as besoin d’aide, il suffit de demander ! Les réseaux sociaux sont géniaux pour cela aussi : ils peuvent isoler les gens, mais aussi créer des connexions incroyables. »

L’infopreneuriat féminin : des femmes qui osent se former

Lorsqu’elle lui demande un exemple de femme qui ose, Maïlys répond à Lucie (qui l’interviewe de vive voix)  « Toi, tu es une force de la nature ! Tu as réussi ton projet pro, créer cinq entreprises, tel un bélier, malgré tes problématiques personnelles. Tu as osé dire non aux personnes qui ne te respectaient pas. Osé être ambitieuse et femme à la fois. Tu es admirable. »

Lucie, c’est Lucie Rondelet, créatrice de formation rédaction web (FRW), consultante en stratégie de contenu, fondatrice de la plateforme de rédacteurs freelances LaRédacduWeb et… de ce webzine !

Toutes les femmes que Maïlys accompagne dans les ateliers HOME, les Homer Ninja Pro sont des personnes qui osent être accompagnées.

En discutant de l’infopreneuriat, domaine largement masculin, j’ai réalisé que les femmes infopreneures visent la satisfaction ou la réussite de leurs clients, tandis que certains infopreneurs restent concentrés sur leur nombre de ventes.” Maïlys Dorn l’explique amusé par une justification très simple : « les hommes n’ont aucun scrupule à être incompétents ! ». 

Les femmes vont davantage avoir de syndromes de l’imposteur que les hommes.  

« J’ai remarqué que je me présente souvent face aux hommes en termes de chiffre d’affaires, une manière inconsciente de me donner de la crédibilité… » Les infopreneurs mâles se demandent « combien tu pèses ? » (ce qui équivaut grosso modo à l’évaluation de la taille de leurs bites). 

Oser pour Maïlys Dorn, ce n’est pas ne pas avoir peur, mais c’est aller au-delà « De nos plus grandes peurs naissent les plus belles aventures ».

Maïlys met aujourd’hui toute son énergie dans la qualité de son programme et la satisfaction de ses élèves. « J’adore le coaching qui révèle les talents ».

À travers ses voyages, elle a clairement défini ses valeurs et les missions de son projet H.O.M.E : « Faire cohabiter en harmonie des locataires de notre Terre, au travers de notre pratique d’architecture d’intérieur ». Avec la crise sanitaire mondiale qui nous oblige à rester confinés dans nos habitats, vivre en paix dans notre intérieur deviendrait presque une nécessité, alors n’hésitez plus : découvrez Home

 

Rédaction : Violaine Berlinguet
Interview : Lucie Rondelet
Celles qui Osent

Retrouvez l’interview en version audio sur notre podcast

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