La drogue du violeur dans le collimateur du gouvernement : il était temps !

Le GHB, ou « drogue du violeur », fait rage dans les discothèques et clubs français. À l’automne 2021, un compte Instagram, « Balance ton bar », recensait les plaintes et accusations déposées à l’encontre d’établissements belges. Cela a mené à une vague de dénonciations sur les réseaux sociaux qui a atteint la France. Aucune ville n’a été épargnée, et les associations féministes ont même appelé au boycott des bars. Mi-février 2022, Marlène Schiappa, ministre déléguée à la citoyenneté, dévoilait les fondations d’un plan national de lutte contre le GHB.

Qu’est-ce que le GHB, et que faire si l’on en a été victime ?

Le GHB, ou acide gamma-hydroxybutyrique, est une drogue utilisée en médecine pour traiter la narcolepsie. Il peut également servir d’anesthésiant ou de stimulant musculaire, puisqu’il facilite la libération d’hormones de croissance. Il s’agit d’un liquide incolore et inodore. On peut aussi le trouver sous forme de poudre.

En 1999, il est officiellement catégorisé comme stupéfiant. Le GHB est une drogue pouvant être utilisée à des fins criminelles, on parle alors de « drogue du violeur », mais aussi récréative. À faible dose, il peut provoquer un état d’euphorie, proche de l’ivresse, ce qui lui vaut parfois le surnom d’ « ecstasy liquide ».

Mais lorsqu’il est pris à forte dose, le GHB peut faire l’effet d’un puissant somnifère. Mélangé à de l’alcool, il ralentit l’activité du système nerveux et fait l’effet d’un sédatif. En cas de surdose, les réactions sont les suivantes : vomissements, nausées, vertiges, maux de tête, amnésie, perte de connaissance. Les premiers effets, si l’on a été droguée à son insu au GHB, se font ressentir au bout de quinze à vingt minutes et durent de trois à quatre heures.

Difficilement détectable, le GHB reste seulement huit heures dans le sang, et douze heures dans les urines. Or, sans un test réalisé au maximum le lendemain après l’ingérence de la drogue, impossible de prouver quoi que se soit. Dans ces cas-là, un ultime recours est possible : se tourner vers des instituts médico-légaux spécialisés en toxicologie pour faire analyser quelques mèches de cheveux, car elles gardent les traces de GHB six à huit semaines après la prise.

Lien vers des formations en écriture digitale

Balance ton bar

« On avait décidé avec une amie de se retrouver dans ce bar. […] On commence par un cocktail chacune, et on apprend qu’il y a une soirée spéciale femmes au -1. On descend alors passer la soirée là-bas. On boit notre verre, on danse et on sort pour fumer. Sûrement trop innocentes et confiantes du fait qu’on était entourées de femmes qui s’amusaient entre elles à part les serveurs et 2-3 hommes. Les serveurs rigolent avec nous et nous offrent des shots, on continue la soirée. Peu de temps après […], je me sens mal, j’ai chaud, l’esprit perturbé, mon corps qui a du mal à suivre… je dis à mon amie de rentrer, car je sens que ça ne va pas, elle-même est pareille. À partir de là, nous avons chacune des moments de la soirée effacés. Je me souviens de nous deux assises par terre devant un immeuble et des hommes qui s’approchent de nous. Je me vois attraper mon amie pour qu’on trouve un taxi. Et je me suis réveillée le lendemain dans ma chambre. Mon amie se souvient du taxi et c’est tout ! »

Sur d’Instagram de Balance ton bar Paris, on retrouve des dizaines de témoignages de ce genre-là. Le phénomène n’est pas seulement parisien, il est national. Le mouvement est né à Bruxelles, après que dix-sept plaintes visant un même serveur ont été déposées pour viol. C’est toujours le même scénario : des jeunes filles, entre 18 ans et 30 ans, se rendent dans un bar ou une boîte de nuit. Elles boivent peu, mais éprouvent les symptômes d’une grande ivresse. Quelques heures plus tard, elles se retrouvent chez elles, dans le métro, dans un appartement inconnu, avec ou sans leurs affaires et surtout, sans aucun souvenir…

Un plan de lutte national contre le GHB

La veille de la réouverture des discothèques, le 16 février 2022, Marlène Schiappa a annoncé, dans Le Parisien, les premiers contours d’un plan national de lutte contre le GHB. Première mesure : un tchat gratuit ouvert 24h/24 à disposition des fêtardes. Dans toutes les boîtes et bars de France vont être collées des affiches avec un QR code à scanner pour « démarrer une discussion instantanée avec un gendarme ou un policier ». Le tchat peut être activé n’importe quand, sans qu’il y ait besoin de décliner son identité.

Par ailleurs, les forces de l’ordre devront rendre systématiques les prélèvements toxicologiques de toutes les victimes inconscientes conduites à l’hôpital. En plus de la prise de sang et/ou de l’analyse des urines/des cheveux, des prélèvements ADN seront effectués. Les vêtements seront isolés pour retrouver la trace de l’agresseur.

Des initiatives citoyennes ont également vu le jour. Un vernis anti-drogue du violeur a été inventé (il change de couleur au contact de la molécule du GHB), et des capuchons à verre sont de plus en plus mis en vente (ils coûtent en général un euro et sont réutilisables) dans les bars et boîtes de nuit.

Il existe plusieurs signaux permettant de détecter la présence de GHB dans son verre : une apparence brumeuse, une quantité excessive de bulles, les glaçons qui coulent, un changement de couleur.

Méfiance…

Poursuivez votre lecture avec le résumé de J’ai un nom, récit qui relate le parcours éprouvant de Chanel Miller pour se faire reconnaître comme victime après une agression sexuelle lors d’une soirée arrosée.

Victoria Lavelle pour Celles qui Osent

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