Biographie de Mère Teresa, l’intouchable petite sœur des pauvres

Petite sœur des pauvres et icône de la charité, Mère Teresa de Calcutta naît Agnès Gonxha Bojaxhiu, le 26 août 1910 à Skopje, en Macédoine du Nord. Albanaise par son sang, Indienne par sa nationalité, Mère Teresa a lié sa vie à l’amour de Dieu et à l’accompagnement des miséreux. La biographie de Mère Teresa symbolise fortement la présence de la chrétienté auprès des plus démunis de la planète, ceux qu’elle appelait les pauvres parmi les pauvres. Elle leur a consacré son existence, livrant sans merci luttes et combats pour, au moins, une mort digne.
Fondatrice de plusieurs congrégations religieuses dont Les Missionnaires de la Charité, elle agit sans répit au cœur de la misère des bidonvilles de Calcutta puis d’ailleurs. Après une reconnaissance internationale grâce à un prix Nobel de la paix reçu en 1979, Mère Teresa est béatifiée en 2003, puis canonisée en 2016. Des actes forts du Vatican sur la base de miracles reconnus par l’Église, parfois controversés, mais qui confèrent à Mère Teresa un statut quasi intouchable.

Une enfance pieuse en Albanie

Née en 1910 d’un couple de commerçants aisés, dernière fille d’une famille chrétienne, Agnès est une enfant des Balkans. À l’époque où l’Empire Ottoman est en pleine division, elle grandit auprès de parents aimants bien que rigoureux. Elle reçoit une éducation religieuse classique à laquelle elle adhère avec conviction, communion à 5 ans, confirmation à 6 ans. Enfant, elle rêve d’être un jour missionnaire.
Lorsqu’elle a 8 ans, son père meurt et laisse sa famille dans le désarroi et la précarité. Agnès se rapproche alors de la paroisse locale du Sacré Cœur. Sans doute influencée par sa mère, elle ancre peu à peu son désir de communier avec Dieu qui, malgré des instants emplis de doutes révélés dans des correspondances privées, marquera jusqu’au bout l’histoire de Mère Teresa.

Un destin guidé par l’inspiration

En 1928, Agnès a 18 ans. Désormais sûre de sa vocation religieuse, elle quitte la maison familiale et intègre l’Institut des Sœurs de Lorette, en Irlande. Après 2 années de noviciat, elle devient sœur Mary Teresa et rejoint l’Inde en tant que missionnaire. Elle enseigne la géographie à l’école Sainte Marie de Calcutta, qu’elle dirigera plus tard.
En 1937, sœur Teresa prononce ses vœux perpétuels. Pour tous, elle est alors définitivement Mère Teresa.
En 1946, avec l’assentiment du pape Pie XII, Mère Teresa quitte l’ordre des Sœurs de Lorette pour suivre un engagement personnel, humain et spirituel qu’elle conduira ad vitam aeternam : au nom de Dieu, prendre soin des personnes ultra déshéritées, envers et contre tout.

Les Missionnaires de la Charité, un tournant dans la vie de Mère Teresa

1948 est un tournant dans la biographie de Mère Teresa. Alors qu’elle est sur la route du Darjeeling, elle dit recevoir une inspiration divine. Jésus, souffrant de la maltraitance et du mépris infligés aux pauvres et aux malades, insuffle à Mère Teresa une mission sacrée : créer une communauté religieuse afin de venir en aide aux lépreux, aux orphelins, aux femmes et aux mourants. En réponse à cet appel spirituel, elle organise la congrégation catholique des Missionnaires de la Charité, qui voit le jour officiellement en 1950 au sein du Diocèse de Calcutta.

Dans les entrailles des bidonvilles

Mère Teresa, désormais citoyenne indienne, revêt pour la première fois son emblématique sari blanc cerné de bleu et entre dans le monde des pauvres. Accompagnée de religieuses, elle se fraye un chemin dans les entrailles des bidonvilles. Elle institue les mouroirs de Kali Ghat à Calcutta pour que vagabonds et moribonds sans famille connaissent une fin digne. Elle crée des orphelinats, des écoles et soutient des milliers d’Indiennes à l’abandon.
Accomplir des petites choses avec un amour extraordinaire pour apaiser l’existence des laissés-pour-compte est la raison des luttes de Mère Teresa.
Il existe aujourd’hui plus de 6 000 Missionnaires de la Charité qui œuvrent dans plus de 120 pays.

Prix Nobel de la paix en 1979

Le 17 octobre 1979, Mère Teresa reçoit le 60e prix Nobel de la paix à Oslo. Elle est alors la 6e femme honorée de cette distinction qu’elle accepte, dit-elle, « pour la plus grande gloire de Dieu et le bien de notre peuple, le plus pauvre parmi les pauvres ». Récompensée pour son travail acharné et ses actions pugnaces en faveur des déshérités et de l’humanité en général, Mère Teresa acquiert un rayonnement rebondissant bien au-delà des sphères religieuses de l’Inde. Figure planétaire de la générosité très médiatisée, elle focalise l’attention du monde sur des questions sociales cruciales, interfère auprès des plus hauts dirigeants et accède au statut de grande femme de l’Histoire.

De nombreux titres prestigieux jalonnent la biographie de Mère Teresa, dont le Joyau de l’Inde (la Bharat Ratna) ou l’ordre du Mérite.

Les nuits de la foi de Mère Teresa

À la fin de sa vie, géante incontestée sous une frêle allure, Mère Teresa est en souffrance. À huis clos, dans le secret de son intimité, elle connaît de terribles instants de doutes qu’elle nomme ses nuits de la foi. « Où est ma foi ? » interroge-t-elle dans une lettre à son confesseur, en 1959. « Tant de questions sans réponse vivent en moi. (…) ». Depuis 50 ans, elle erre à bas bruit dans une incertitude de Dieu. Peu encline à s’épancher, elle est cependant souvent absorbée par cette obscurité, engloutie par le doute et la peur. Des distorsions prégnantes qui, tout au long de la vie de Mère Teresa, font quelquefois vaciller son équilibre spirituel.

Des lettres dans lesquelles elle aborde ce douloureux silence de Dieu et sa peur qu’il ne la refuse, ont été publiées dans un ouvrage posthume intitulé Viens, sois ma lumière, les écrits intimes de la sainte de Calcutta (Lethielleux Éditions/ 2008).

Mère Teresa meurt à Calcutta

La mère des Missionnaires de la charité est morte le 5 septembre 1997 dans son couvent de Calcutta. Depuis plusieurs années, elle souffrait de pathologies cardiaques et avait progressivement renoncé à la gouvernance de la congrégation. L’annonce du décès de cette femme charismatique crée une émotion immense à Calcutta et dans le monde entier. Elle repose aujourd’hui au rez-de-chaussée de la maison-mère des Missionnaires de la Charité. Sa sépulture est un lieu de pèlerinage et de méditation silencieuse. Le musée ainsi que la chambre de Mère Teresa sont ouverts tous les jours sauf le jeudi (de 8 h à 12 h et de 15 h à 18 h).

Béatifiée puis canonisée au Vatican malgré les controverses

En 2003, le pape Jean-Paul II béatifie Mère Teresa, préambule nécessaire à une future canonisation. Pour plusieurs raisons, nombre de critiques écorchent alors l’image pieuse de cette grande figure spirituelle. D’abord parce que le Vatican s’appuie sur des témoignages de guérisons spontanées attribuées à Mère Teresa, mais décriés par la science. Ensuite, parce qu’il entérine ces miracles plus rapidement qu’à l’accoutumée et ce, de façon très exceptionnelle. En 2016, Mère Teresa est finalement canonisée à Rome par le pape François. Elle est alors pour l’éternité Sainte Mère Teresa de Calcutta.

Biographie de Mère Teresa en 11 dates

  • 1910 : naissance à Skopje (Albanie) ;
  • 1928 : entrée à l’Institut des Sœurs de Lorette (Irlande) ;
  • 1937 : vœux perpétuels ;
  • 1946 : appel de Jésus sur la route du Darjeeling (Inde) ;
  • 1948 : citoyenneté indienne et préfiguration de la congrégation des Missionnaires de la Charité ;
  • 1950 : création de l’ordre religieux des Missionnaires de la Charité au sein du Diocèse de Calcutta ;
  • 1965 : première fondation hors de l’Inde, à Caracas (Venezuela) ;
  • 1979 : prix Nobel de la paix ;
  • 1997 : mort à Calcutta (Inde) ;
  • 2003 : béatification par le pape Jean-Paul II à Rome (Italie) ;
  • 2016 : canonisation par le pape François à Rome (Italie).

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Brigitte Touzery pour Celles qui osent

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