Biographie de Jane Goodall : une vie consacrée aux chimpanzés

S’engager pour une cause et ne plus jamais la lâcher. Jane Goodall, anthropologue, éthologue et primatologue, avec force et détermination, a consacré sa vie entière au cousin de l’Homme. Au cœur de la forêt tropicale de Tanzanie, âgée de seulement 26 ans, elle part seule à la découverte des chimpanzés. Elle ne les quittera plus. Plongez dans la biographie de Jane Goodall, femme inspirante et engagée.

Biographie de Jane Goodall : les débuts d’une passion qui guidera sa vie

Enfance à Londres

Valérie Jane Morris-Goodall voit le jour le 3 avril 1934 à Londres, d’un père ingénieur et d’une mère auteure. Toute petite, elle est déjà fascinée par la faune et la flore qui l’entourent. Enfant rêveuse mais déterminée, elle se confie à sa mère. Sa vie future, elle l’imagine auprès des animaux en Afrique. Elle se voit répondre alors :

« Jane, si tu veux vraiment quelque chose, si tu travailles dur, si tu saisis chaque opportunité et que tu n’abandonnes pas, alors d’une façon ou d’une autre, tu y arriveras. »

La petite fille qu’elle est alors ne le sait pas encore mais cette phrase, elle aura l’occasion de la répéter à Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies. En 2002, ce dernier la nomme messagère de la paix. Elle ne prendra conscience que bien plus tard combien les encouragements de sa mère lui ont été précieux.

Le voyage qui marque son changement de vie

Nous sommes en 1956. Jane a tout juste 22 ans. Ne pouvant suivre des études universitaires par manque d’argent, sa vie professionnelle est jalonnée de divers petits boulots. Lorsqu’une amie l’invite à passer des vacances au Kenya, elle saisit sa chance et travaille sans relâche pour payer le bateau qui la conduit sur le continent africain au mois d’avril 1957. Ce voyage marque un tournant dans la vie de la jeune fille.

Elle a l’opportunité de rencontrer le Docteur Louis S. B. Leakey, anthropologue et paléontologue. L’entente est immédiate entre la jeune femme et celui qui deviendra son mentor. Dans le cadre de fouilles en Tanzanie, il l’engage pour l’assister dans ses recherches. Jane Goodall n’est pas diplômée, mais sa soif d’apprendre et sa curiosité renforcent la confiance que lui accorde le Docteur Leakey. Après quelques années de collaboration, il lui propose un nouveau challenge. Partir étudier les chimpanzés pendant plusieurs mois dans la réserve de Gombe en Tanzanie. La réponse de Jane ne se fait pas attendre. Elle relève ce défi et fonce tête baissée vers l’inconnu.

À la découverte des chimpanzés : de longues années d’immersion dans la réserve de Gombe en Tanzanie

En plein cœur de l’été 1960, les jeunes britanniques se déhanchent sur Stuck on you d’Elvis Presley. Jane, quant à elle, a 26 ans et part s’installer dans la forêt tanzanienne. Son objectif est de mener une étude comportementale sur le chimpanzé, si proche de l’Homme physiquement mais encore si méconnu.

Passion, patience et détermination

Les jours, les mois passent et Jane ne peut toujours pas approcher les primates. Malgré tout, elle les observe quotidiennement. Par tous les temps, elle gravit la colline où vivent des familles de chimpanzés. Deux ans, c’est le temps qu’il faut à Jane pour pouvoir toucher les animaux. Extrêmement méfiants au premier abord, ils apprivoisent la jeune femme et la laissent intégrer leur clan.

La jeune anglaise fait plusieurs découvertes majeures sur l’espèce. Contrairement à ce que l’on pensait, le chimpanzé n’est pas végétarien. Il est omnivore, comme l’être humain. En plus des nombreux fruits, noix et feuilles qu’il consomme, le singe se régale de fourmis et de termites qu’il attrape grâce à des branches soigneusement sélectionnées. Pour se nourrir, il se sert donc d’outils ! En analysant et observant leur comportement quotidiennement, Jane ne peut que constater les nombreuses similitudes avec l’Homme. Très attachés aux membres de leur famille tout au long de leur vie, les chimpanzés sont toutefois divisés en clans… et se font la guerre. Les luttes sont parfois très violentes. Jane assiste d’ailleurs à la décimation d’une famille par une autre.

Documentation de ses travaux de recherche

À partir de 1963, National Geographic soutient financièrement les recherches de Jane. Une équipe de journalistes l’accompagne pour documenter son travail et réalise de nombreux films et photos. Des articles paraissent dans le journal et contribuent à la notoriété de la scientifique. Parmi cette équipe de reporters, Jane fait la connaissance d’Hugo Van Lawick. Liés par la même passion de la nature et des animaux, ils se marient en 1964. Leur fils, Hugo Eric Louis Van Lawick, naît trois ans plus tard. Ils divorceront d’un commun accord 10 ans après leur union.

Entretemps, Jane finalise un Doctorat en Éthologie à l’Université de Cambridge en 1965. Auparavant décriée par ses pairs car non diplômée, Jane Goodall assoit ses connaissances et compétences acquises sur le terrain.

Sensibilisation à la protection de la nature et du vivant : Jane Goodall continue la lutte

De 1965, année de la création du centre de recherche de Gombe Stream à aujourd’hui, Jane fait tout son possible pour sensibiliser le grand public et protéger les chimpanzés. Dans ce but, elle quitte avec moult regrets la réserve de Gombe en 1986. Elle y aura observé trois générations de primates. Le nombre de photos et de films sur le primate est incalculable et une mine d’or pour les scientifiques.

Le Jane Goodall Institute est créé en 1977 aux États-Unis pour la recherche sur la vie sauvage, l’éducation et la conservation. L’organisation est désormais mondiale avec des bureaux présents sur les 5 continents. Au-delà de l’étude, de la protection et du sauvetage des chimpanzés menacés par l’activité humaine et le braconnage, les missions de Jane et de son équipe se diversifient avec entre autres :

  • la promotion d’une agriculture plus durable ;
  • l’éducation des plus jeunes aux enjeux futurs de la planète ;
  • la protection de la faune et de la flore ;
  • l’aide aux populations dans le besoin ;
  • la mise en place de campagnes de vaccination.

Son engagement et son militantisme sont désormais reconnus mondialement. De nombreux prix et distinctions lui sont attribués, notamment le prestigieux prix Kyoto pour la science en 1990. La reine Elisabeth II la nomme commandeur de l’ordre de l’Empire britannique en 1995 et Kofi Annan messagère de la Paix en 2002.

Toujours activiste à près de 90 ans, la vieille dame n’a rien perdu de son charisme et continue son action de sensibilisation. Comment ne pas être impressionné par le parcours de Jane Goodall ? Elle qui a osé défier les scientifiques de son époque et démontrer qu’elle avait toute sa place parmi eux malgré son absence de connaissances théoriques. Ce portrait vous a inspiré ? Découvrez également Wangari Muta Maathai, écoféministe engagée pour la planète.

Laura Gauton, pour Celles qui osent.

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