Quelles conclusions pour la COP26 ?

La COP26 s’est achevée le 13 novembre 2021 et s’est conclue par un accord passé entre quelque 200 pays. Initialement prévues pour durer jusqu’au 12 novembre, les négociations ont dû être prolongées sur la question d’une aide financière adressée aux pays pauvres. L’objectif : qu’ils parviennent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à effectuer leur transition énergétique. Alors, quel bilan pour la COP26 ? Celles qui osent revient sur les conclusions de la 26e conférence des Nations Unies pour le climat.

Énergies fossiles : les avancées majeures de la COP26

Alok Sharma, membre du parlement britannique et président de la COP26 avait déclaré lors de la clôture de la conférence :

« C’est le moment de vérité pour notre planète et c’est aussi le moment de vérité pour nos enfants et nos petits enfants. »

Il a par ailleurs admis que le monde n’avait pas tenu les promesses faites lors de l’adoption de l’Accord de Paris en 2015, mais a précisé que les conclusions de la COP26 « reconnaissaient ce fait et appelaient à y répondre ».

Contrairement à l’Accord de Paris, les énergies polluantes, à savoir le charbon, le gaz, le pétrole et autres énergies fossiles sont directement citées dans le Pacte de la vingt-sixième conférence sur le climat. Le texte appelle à réduire l’utilisation du charbon et les aides publiques distribuées par les États pour l’exploitation d’énergies fossiles. Il s’agit d’un exploit car l’Inde, la Chine et l’Arabie Saoudite – les pays les plus pollueurs de la planète – se sont fortement opposés à cette mesure. Joe Biden n’avait d’ailleurs pas manqué de critiquer l’absence de Xi Jinping, le chef d’État chinois resté à Pékin, et l’avait qualifiée de « grande erreur ».

Autre annonce majeure : une alliance sur le méthane, un gaz qui contribue grandement au réchauffement climatique. Plus d’une centaine de pays ont accepté de réduire leurs émissions de méthane de 30 % d’ici 2030.

Coopérations climatiques entre États : les aides financières sur le gril

Plusieurs pays développés, dont la France et l’Allemagne, vont débloquer une aide de 8,5 milliards d’euros à destination de l’Afrique du Sud pour favoriser la transition énergétique du pays. Ce pays, qui vise la neutralité carbone d’ici 2050, dépend à 85 % du charbon pour sa production électrique. Mais quid des autres États ?

Le dossier des pays pauvres reste en suspens. En 2015, lors de l’Accord de Paris, il avait été convenu que les pays les plus riches devaient verser une aide climat de 100 milliards d’euros par an aux pays émergents avant 2020 en échange de la réduction de leurs émissions de gaz et énergies polluantes. Cette promesse n’a pas été tenue et les pays en développement, qui sont ceux qui polluent le moins, mais sont les plus atteints par le réchauffement climatique, ont à nouveau fait la demande d’une aide financière auprès des grandes puissantes du Nord. Malgré l’urgence, les pays riches ont refusé l’octroi de cette aide, les États-Unis en tête, par peur de « conséquences juridiques ». Teresa Anderson, militante pour le climat de l’ONG ActionAid International a d’ailleurs exprimé sa colère sur le sujet :

« C’est une insulte aux millions de personnes dont les vies sont ravagées par la crise climatique. »

Un bilan de la COP26 décevant

D’une manière générale, les réactions suscitées par la signature du pacte font état d’une grande déception. Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace International a d’ailleurs déploré le manque de grands changements initiés par la COP26 :

« C’est mou, c’est faible, et l’objectif de 1,5 °C est à peine en vie, mais il y a un signal sur la fin de l’ère du charbon. Et c’est important. »

Quant à Greta Thunberg, la jeune militante pour le climat, elle a ironisé sur Twitter :

« La COP26 est finie. En voici un bref résumé : blah blah blah. Mais le vrai travail continue en dehors de ces murs, et nous n’abandonnerons jamais. »

Si les conclusions de la COP26 sont décevantes, c’est surtout parce que le pacte conclu ne permet pas de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés maximum, la barre fixée lors de l’Accord de Paris. Pourtant, les experts ne cessent de répéter que chaque dixième de degré compte…

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Victoria Lavelle pour Celles qui Osent

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