Interview d’une photographe underwater : Ludivine Espir 

Celles qui Osent rencontre Ludivine Espir, photographe sous l’eau !

Ludivine Espir est une artiste créatrice d’expériences visuelles. Cette photographe de mariage, de grossesse, de naissance, se plaît à immortaliser une lune de miel, un workshop d’entreprise, une journée entre copines ou une séance de yoga. Son objectif est de parvenir à capter des images qui ressemblent à ses clients. Ludivine possède une spécificité pour le moment assez rare ; elle est formée pour réaliser des shootings photo aquatiques underwater et obtenir ainsi des images spectaculaires ! Celles qui Osent rencontre une pétillante photographe… sur terre et dans l’eau ! 

Ludivine Espir, photographe lifestyle 

Initialement, Ludivine Espir a une formation…en métaux précieux, option bijouterie ! « L’art m’a toujours attiré ». Son intérêt pour la photographie est arrivé tardivement, après son divorce. Un jour, elle s’achète un boîtier pour prendre des photos différemment, avec un œilleton « et je suis tombée littéralement amoureuse de cet appareil ! » Totalement autodidacte, Ludivine Espir apprend seule les réglages, la composition, la luminosité et la colorimétrie. Elle dévore les manuels et les tutos de photographie pour s’initier au post-traitement des clichés, à l’aide d’un logiciel Lightroom qui l’aide à les sublimer. « Je ne comprenais pas un mot à tout ce que je lisais, mais à force de persévérance, les termes techniques sont devenus plus familiers. » Elle s’inscrit à un club photo, s’entraîne tout le temps. « Je voulais oublier la technique pour m’intéresser uniquement à l’aspect artistique de la photographie ! Je n’ai jamais travaillé l’argentique, et je n’en ai pas très envie, il faut attendre avant de voir ses photos et je ne suis pas prête à cela ! »

Ludivine Espir sait qu’elle doit en faire son métier. « je suis faite pour cela. » Elle lance son activité professionnelle Ludivine Photographe en 2017. Sans studio photo. Elle shoote à domicile, dans l’intimité de ses clients. « J’adore le lifestyle ». 

La passion de photographier les femmes

Lors de ses séances à domicile, Ludivine Espir doit parvenir à capter, immortaliser un moment, des émotions, avec des modèles non expérimentés « des gens comme toi et moi. Il est difficile de poser naturellement devant un objectif, c’est un métier ! Je mets à l’aise les gens, les guide. » Dès le début de la séance, la photographe instaure un climat de confiance. « Il faut une demi-heure généralement pour que les poses commencent à être naturelles. J’invite mes clients à poser les yeux fermés, ou verbaliser dès le départ leurs complexes. » Je leur demande : quels sont vos complexes ? » Le shooting en couple est souvent plus facile. Parfois il a des fous rires, « car il n’y a rien de plus idiot de demander à des gens de rigoler sur commande. On ne peut pas mentir devant un appareil photo. Malgré nous, le corps s’exprime. » Ce sont les gens eux-mêmes qui l’inspirent. « Les photos surjouées ne m’intéressent pas. » Ludivine se joue de la lumière naturelle ou artificielle, compose avec l’environnement existant, la singularité des gens qu’elle photographie. « J’ai besoin de donner à tous mes clients des photos waouh ». Adepte du body positive, elle rend ses photos le plus naturelles possible. « Vous êtes comme vous êtes ! De toute façon je ne sais pas utiliser Photoshop ! » Dans tous ses shootings, elle varie entre la couleur et le noir et blanc. 

« Mes sujets de prédilection ? J’aime photographier la FEMME : en portrait, pendant sa grossesse, en couple… c’est l’aspect reportage que j’aime. La vraie vie, le quotidien. »  Elle s’essaye parfois aux photos de nuit ou expérimente le light painting, qui consiste à créer un tableau dans l’espace en utilisant différentes sources lumineuses. Elle collabore avec différents modèles. « Les instagrameuses, j’aime les choisir. La personnalité est importante. Je préfère nettement les imperfections et les poses naturelles. »

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Une spécificité : la photographie underwater 

Fascinée par le milieu aquatique, Ludivine Espir décide de se démarquer de la concurrence en ajoutant à sa palette de compétences une spécificité hors du commun : de la photographie underwater. La photographe s’inscrit à un workshop appelé Fluidity, organisé à Paris par deux pionnières de l’underwater « Nous avons tout à explorer dans ce domaine ! »

L’eau, c’est son élément, l’aquatique c’est sa passion. « Je suis née en juillet, un jour de pluie. Ma mère m’a très vite inscrit au bébé nageur. J’ai fréquenté les piscines pendant très longtemps puisque j’ai fait douze ans de natation. » Ludivine prend beaucoup de plaisir à prendre des photos sous l’eau. « C’est un endroit où l’on est 100 % naturel, sans artifices, brushing, ni maquillage. » Elle offre aussi à ses clients la chance d’être shooté en mer. Elle dispose également d’une piscine initialement prévue pour un centre de santé. « C’est très compliqué de trouver des lieux aquatiques dédiés à la photo ! »

Ludivine m’informe de l’ensemble des paramètres spécifiques à prendre en compte quand on pratique la photographie underwater : « la flottabilité par exemple. Les femmes enceintes ne peuvent pas toutes mettre la tête sous l’eau. Tous les mouvements sont plus lents, mon appareil, protégé dans un caisson étanche, s’enclenche moins rapidement. » Elle ne shoote pas avec une bouteille d’oxygène, mais en pratiquant de courtes apnées. « Dans l’eau, nous sommes soit tout bleu soit tout vert, si bien qu’il y a un gros travail de récupération de couleurs en post-traitement. » 

« Une photographie, c’est un fragment de temps qui ne reviendra pas »
Martine Franck 

De Vogue Italie à Anne Geddes

Pour la petite anecdote, l’une de ses photos a été imprimée dans le Vogue Italie !

« J’ai habité pendant deux ans dans un immeuble très moche, de style années 70. Le jour où j’ai déménagé, j’ai eu envie de faire une dernière photo noir et blanc de ce long couloir triste que j’empruntais chaque jour. Bien plus tard, j’ai envoyé cette photo à la rédaction de Vogue Italie, qui consacrait une double page complète aux photographes du monde entier. Comme cela, sans y croire… mais j’ai été sélectionnée ! Cela a été une très belle récompense pour mon travail, et mon ego ! » À toutes celles qui osent, Ludivine Espir nous interpelle : « si tu as envie de faire un truc, fais-le, n’attends pas ! »

« Le plus dur en photo est de faire simple. » Anne Geddes

« La femme qui m’inspire ? Sans hésiter, Anne Geddes, la reine du posing de bébés, des clichés emplis d’amour et de poésie. J’avais un classeur avec l’une de ses photos quand j’étais petite. Je vais t’avouer quelque chose : j’aimerais beaucoup devenir la nouvelle Anne Geddes afin de me retrouver sur tous les calendriers, les agendas, ou les cartables de la génération d’enfants d’aujourd’hui avec des photos underwater. 

Je rêve de la même carrière. Oscar Wilde disait “il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles…” 

 

Ludivine Espir rêve de laisser quelque chose au monde. Elle n’a jamais pu avoir d’enfant “J’ai adopté mon fils. Mes photos sont mes bébés, d’une certaine façon.La photographe a foi en son art. “Je suis faite pour cela. Je n’ai pas le temps de trouver un nouvel amoureux, à la limite, un nouvel équipier de vie qui sache couper du bois si c’est la fin du monde”. Rires. Ludivine est drôle, entière et passionnée. Pendant le confinement, elle shoote, passionnément, des aubergines au doudou de son fils. Elle publie quotidiennement ses photos sur son site et participe au quarantine pillow challenge sur instagram : “la photographie, c’est comme le sport, il faut s’entraîner régulièrement.” 

Si vous souhaitez découvrir l’étendue de son talent, c’est par ici !

Violaine B — Celles qui Osent 

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