Oser une carrière scientifique : le parcours de Mae Jemison

Dans le domaine des sciences, les femmes sont encore largement minoritaires à l’heure actuelle : c’est notamment le cas en France. Elles ne sont pourtant pas moins qualifiées que les hommes, et certainement pas moins talentueuses ! Peut-on lutter contre les stéréotypes et encourager les petites filles à devenir scientifiques ? Bien sûr ! Être une fille et oser une carrière scientifique, c’est possible, et les exemples ne manquent pas. La preuve avec Mae Jemison, pour qui les sciences ont toujours été une passion. Découvrez l’incroyable parcours de cette femme connue pour être la première astronaute afro-américaine, mais pas seulement !

Vivre une enfance marquée par la curiosité et l’ambition

Née le 17 octobre 1956 à Decatur, une petite ville de l’Alabama, Mae Jemison est la plus jeune d’une famille de trois enfants. Trois ans plus tard, toute la famille déménage à Chicago pour que la fratrie puisse bénéficier d’un meilleur accès à l’éducation. Et cela tombe plutôt bien, car la petite Mae fait preuve d’une curiosité débordante. Elle est passionnée par la danse, mais aussi par l’espace et les sciences, un domaine dans lequel elle excelle à l’école. Son rêve ? À vrai dire, elle en a deux : être scientifique ou danseuse professionnelle.

Adolescente, elle est également préoccupée par des questions politiques, notamment par la place des minorités dans la société. En 1969, lors de la mission Apollo 11, elle s’indigne de ne pas voir de femmes astronautes.

Mae termine le lycée à 16 ans et entre dans la prestigieuse université de Stanford, en Californie. Là-bas, elle doit se confronter au racisme et au sexisme. Elle se rend compte qu’être une jeune femme noire issue d’un milieu modeste ne va pas lui faciliter la tâche. Et pourtant, cela ne l’empêche pas de réussir de brillantes études. En 1977, elle est diplômée en ingénierie chimique ainsi qu’en études afro-américaines.

Oser une carrière scientifique et se lancer dans la médecine

Mae Jemison ne s’arrête pas là. Elle décide d’entamer des études de médecine à l’université de Cornell, à New York. Elle en profite aussi pour voyager : après une expérience en tant que bénévole dans un camp de réfugiés cambodgiens en Thaïlande, elle part au Kenya pour poursuivre ses études. En 1981, elle obtient son diplôme et devient docteur en médecine.

Après avoir été médecin généraliste à Los Angeles, elle rejoint le Peace Corps, une organisation américaine intervenant dans les pays en voie de développement dans différents domaines (santé, éducation, etc.). De 1983 à 1985, elle exerce en tant que médecin au Liberia et en Sierra Leone. En plus de soigner les personnes malades, elle travaille sur des projets de recherche, dont le développement d’un vaccin contre l’hépatite B.

Malgré des débuts prometteurs, le domaine médical n’est pas la vraie passion de Mae. Peu après son retour aux États-Unis, sa carrière prend donc un nouveau tournant.

Devenir la première astronaute afro-américaine

En 1983, Sally Ride est la première femme américaine envoyée dans l’espace. Cet événement marquant réveille sans doute les rêves de l’enfant passionnée de sciences et d’astronomie… En effet, après son expérience en Afrique, Mae Jemison décide de postuler à la NASA. Elle et 14 autres futurs astronautes sont choisis parmi 2 000 candidats.

Dans un premier temps, Mae travaille en Floride, au centre spatial Kennedy. Elle est chargée, entre autres, de participer au lancement de différentes missions. Quelques années plus tard, en 1992, l’astronaute a enfin l’opportunité de partir elle-même en orbite autour de la Terre. Elle prend donc part à la mission américaine et japonaise STS-47 à bord de l’Endeavour. Pendant huit jours, elle réalise des expériences scientifiques à l’intérieur de la navette spatiale.

En plus de faire partie du cercle très restreint des femmes astronautes, Mae est la première femme noire dans l’espace : une belle revanche pour quelqu’un qui a souffert de la discrimination pendant toute sa jeunesse.

Poursuivre dans le domaine des sciences

Une fois encore, Mae Jemison a d’autres ambitions et démissionne de la NASA en 1993. Elle multiplie alors les projets, toujours en lien avec la science. Elle fonde d’abord la société The Jemison Group, dont le but est d’effectuer des recherches sur la technologie dans la vie quotidienne. Puis elle crée la Dorothy Jemison Foundation for Excellence en l’honneur de sa mère, ancienne institutrice. Par ce biais, elle met en œuvre des méthodes d’enseignement et organise des camps scientifiques pour les adolescents.

Elle décide également d’enseigner et donne des cours d’études environnementales à l’université. À la fois professeur et membre de plusieurs organisations scientifiques, l’un de ses principaux objectifs est de faciliter l’accès à la science pour les jeunes, et particulièrement les étudiants issus de l’immigration.

Tout au long de son impressionnante carrière, Mae reçoit de nombreux prix et récompenses. Elle est notamment inscrite au National Women’s Hall of Fame, un musée mettant à l’honneur de brillantes femmes américaines. Elle profite de sa notoriété pour intervenir sur différents sujets qui lui tiennent à cœur et elle est connue pour défendre avec ferveur l’égalité entre les êtres humains.

La carrière de Mae Jemison est donc un formidable exemple de ce que les femmes peuvent accomplir dans le domaine des sciences. Comptant parmi les plus grands scientifiques, elle a su acquérir des connaissances dans des domaines variés et contribuer aux progrès de la science. Toujours déterminée, elle a réalisé ses rêves de petite fille… y compris celui d’apparaître dans un épisode de sa série préférée, Star Trek !

Et pour vous inspirer davantage, découvrez le portrait d’une autre grande femme scientifique : la célèbre Marie Curie. 

Mathilde Chauvin pour Celles qui Osent

Articles similaires
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.