Deuxième saison d’Emily in Paris : pourquoi on adore toujours autant détester cette série Netflix

Le « hate watching », vous connaissez ? Il s’agit d’une expression anglo-saxonne qualifiant le plaisir pervers que l’on prend à consommer une série, un film ou un livre que l’on n’aime pas, et c’est un sentiment communément éprouvé par les spectateurs de la série Emily in Paris. Jugée trop niaise, pas assez réaliste, trop clichée : elle est la cible de nombreuses critiques, mais sa première saison a comptabilisé pas moins de 58 millions de spectateurs. Alors que la saison 2 d’Emily in Paris vient de sortir, Celles qui Osent fait le point sur ce produit made in Netflix qui agace autant qu’il plaît. Attention spoiler !

Emily in Paris, une saison 2 dans la continuité de la première

Ce qu’on peut dire avec la saison 2 d’Emily in Paris, c’est que les fans de la série ne vont pas être déçus. On retrouve les (très) petits sacs à main et les escarpins d’Emily Cooper, les looks extravagants de son amie Mindy, le tabagisme de sa boss Sylvie, et son triangle amoureux avec Camille et Gabriel. Évidemment, les soirées de rêve et les défilés sont au rendez-vous, rythmés par une bande originale 100 % francophone. L’épisode final se termine même en apothéose puisqu’Emily organise, pour deux créateurs mondialement connus, un défilé de mode dans la galerie des Glaces de Versailles…

Tout comme dans la première saison, la représentation de Paris que nous offre la série est extrêmement idéalisée. La caméra de Darren Star, le scénariste de Sex and the City à l’origine de la série, ne quitte presque pas la rive gauche. Seules quelques scènes ont été tournées à Bastille, dans un cabaret de Pigalle, et bien sûr dans le 1er arrondissement, où Savoir, la boîte spécialisée dans le marketing de produits de luxe dans laquelle l’héroïne travaille, est installée. Mais globalement, pas de grandes surprises, Emily reste fidèle au 5e arrondissement et au Panthéon. On peut donc dire que la saison 2 a, aussi bien que la saison 1, coché toutes les cases des clichés sur Paris, Ville Lumière où tout est propre et où la pauvreté n’existe pas.

Emily au milieu d’un triangle amoureux, comme dans Jules et Jim

Il y a, dans la saison 2 d’Emily in Paris, une scène assez cocasse où Emily se rend avec Luc, son collègue un peu loufoque au Champo, cinéma mythique du quartier latin, pour voir Jules et Jim, un film de François Truffaut. L’histoire est celle de Jeanne Moreau qui forme un trouple avec deux autres hommes, ce qu’Emily appelle innocemment un « ménage à trois ». Or il se trouve que Luc a choisi ce film pour une raison : la jeune Américaine est tiraillée entre le « hot chef » Gabriel, qui était déjà présent dans la première saison, et Alfie, son nouveau crush British rencontré dans son cours de français.

Si Emily était déjà agaçante sur beaucoup de sujets dans la première saison, elle l’est encore plus dans la saison 2 avec cette intrigue où elle gravite entre deux hommes qui lui plaisent. Camille est toujours amoureuse de Gabriel, or Emily a couché avec lui après leur rupture et son amie l’ignore. Ainsi, notre Américaine passe une bonne partie des épisodes de la deuxième saison à se lamenter sur son sort, à s’excuser auprès de Camille, tout en continuant à flirter avec Gabriel, qu’elle embrasse dans la cuisine de son restaurant…

Emily in Paris, la série qui en dit long sur ce que le monde pense des Français

On a beau détester la série pour les clichés qu’elle met en scène, on ne peut s’empêcher de reconnaître qu’elle a raison sur certains points. Aussi, il ne faut pas oublier qu’elle n’a pas été réalisée par une équipe française, mais par une équipe américaine. Tout ce qui est montré n’est bien sûr pas la réalité, mais représente ce que le monde pense des Français et de leurs coutumes.

Commençons par la cigarette. Certes, plus personne ne fume dans son bureau aujourd’hui, à l’inverse de Sylvie, la patronne de Savoir, mais les Français fument beaucoup et les « pauses clopes » sont communes dans le monde du travail, ce qui n’est pas le cas dans beaucoup de pays. Idem pour la nourriture, le vin et le champagne. La série ne cesse de mettre en scène des petits-déjeuners agrémentés de viennoiseries, des défilés de mode où l’on mange des macarons, des restaurants où l’on mange des tripes et où l’on boit du champagne. La gastronomie et l’art de la table, fiertés nationales, ne sont pas prises à la légère par Emily qui n’oublie pas d’instagrammer chaque plat qu’elle mange.

Pour ce qui est de l’amour, difficile d’avoir un avis tranché sur le sujet… Dans Emily in Paris, l’amour à la française est obligatoirement défini par la liberté sexuelle. Emily peut coucher avec le frère mineur de son amie Camille sans que cela ne choque personne. Sylvie est mariée, mais a des liaisons amoureuses, notamment avec un homme beaucoup plus jeune qu’elle. Emily fantasme sur un « ménage à trois » avec Gabriel et Camille, puis Gabriel et Alfie, alors qu’en réalité, elle profite d’une situation où deux hommes sont amoureux d’elle. Bon… il n’est pas certain que cela se passe réellement ainsi en France, mais soit, laissons Emily fantasmer encore un petit peu…

☕️ Vous aimez les séries ? Foncez lire notre article sur Sex Education !

Victoria Lavelle pour Celles qui Osent

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