Oser dédramatiser la rupture 2.0 #Tejpartexto

Celles qui Osent rencontre Audrey Gagnaire, créatrice de Tej par Texto

 Se faire larguer… triste affaire, n’est-ce pas ? Nous pensons tous être épargnés, jusqu’au jour où… nous recevons un texto. Quelques lignes s’affichent sur l’écran. Beaucoup trop lumineux, presque agressif. “ Ces phrases qui flinguent ; l’enfer en quelques caractères alignés : l’air de rien mais mots de trop.” 

Audrey Gagnaire est la créatrice du compte instagram Tej par Texto qui compte aujourd’hui 221 k abonnés ! Avec son SAV des cœurs cabossés, Audrey met sur la place publique ce qu’il se passe parfois entre nos téléphones et nos visages décomposés. Elle offre une plongée cruelle et drôle sur l’envers de nos vies sentimentales. Celles qui Osent revient sur le parcours de celle qui possède l’art de dédramatiser nos ruptures par texto…  

Passion publicitaire : une vocation

Originaire de Besançon, Audrey Gagnaire vit depuis 5 ans à Paris.

« À 22 ans, j’avais envie d’autre chose. Je voulais habiter dans une plus grande ville comme Paris, faire des rencontres, terminer mes études tout en ayant la sensation de ne louper aucune opportunité ! » Avec une année d’avance, elle obtient son baccalauréat scientifique, mais « les maths ce n’est pas vraiment son truc ». Elle débute alors des études de médecine puis entre finalement un peu plus tard en école d’infirmière. « J’ai vécu des choses incroyables, mais j’étais trop jeune pour être confrontée à des situations si difficiles, si intenses. Voir la mort de près, la souffrance et la misère sociale, cela m’a fait grandir très vite ». 

Son profil « rêveuse, pas très rationnelle » la dirige vers une carrière plus artistique. 

« J’ai besoin d’exprimer une sensibilité. Je ressens les choses avec beaucoup de puissance, et l’art offre la possibilité de décompresser, d’évacuer le trop-plein d’émotions. » Passionnée de photographie, elle expose ses œuvres dans plusieurs galeries. Après son DUT en communication, Audrey entre à la Sorbonne, puis réussit le concours de la prestigieuse école CELSA, en filière médias option production de contenus audiovisuels) pour sa dernière année de master. Après plusieurs mois d’alternance dans les bureaux de Dailymotion, elle intègre la régie publicitaire de M6. Passionnée par l’univers du marketing, elle s’épanouit aujourd’hui dans un métier créatif au sein d’une agence de communication digitale en imaginant et produisant des campagnes de publicité par le biais de l’influence. 

Tej par texto : oser dédramatiser la rupture 2.0

SOS SMS en détresse

C’est en parallèle de son métier qu’elle crée son compte instagram Tej par texto. « J’ai parfois souffert du manque de réciprocité en amour et je le trouve d’autant plus fréquent avec la place que prennent aujourd’hui les discussions virtuelles. Après avoir été larguée quelques fois par texto, j’ai constaté amèrement que je n’étais pas la seule. C’est un phénomène que tout le monde connaît, en fait. »

Audrey décide alors d’exposer cette tendance sur la toile, à l’aide des captures d’écran de conversations.

« Je ne comprenais pas comment c’était possible d’être aussi mal à la (non) réception d’un texto. L’attente est effroyable. Pourquoi quelques mots ou une absence de réponse nous mettent-ils à ce point en détresse ? L’instantanéité du numérique est vraiment chouette, mais elle peut aussi devenir un vrai calvaire ! » 

Ce compte est salvateur : il fait du bien, car il permet de relativiser, de dédramatiser la rupture 2.0. « Je me souviens des heures si longues à attendre un retour de l’autre, à regarder mes textos, mon écran, en espérant une notification sonore. Je me disais : il s’est connecté, mais il ne me répond pas, pourquoi… ? C’est complètement fou, car le comportement de l’autre prend subitement beaucoup (trop) de place ! »

tejpartexto-audreygagnaire-cellesquiosent-CQO

La violence des mots 

On peut tous blesser, volontairement ou non, par textos, hommes ou femmes. Les mots sur le digital s’avèrent même parfois d’une violence inouïe. Par manque de temps et d’investissement, nous sommes à la limite de la correction. « Cela m’arrive de ghoster. Il y a tellement de sollicitations sur les réseaux, de possibilités multiples d’interactions, que l’on dilue notre attention entre tous nos contacts quotidiens. Cette capacité à parler à tout le monde, tout le temps, n’est pas forcément un atout. » En lisant les posts ou les commentaires de son compte instagram Tej par Texto, nos consciences s’éveillent. « Sur le net, nous pouvons tous exposer notre avis et cela exacerbe les propos aberrants de certaines personnes. » 

Relations amoureuses en mal de profondeur

Pour Audrey Gagnaire, les relations amoureuses du 21e siècle sont multiples, croissantes, et pas toujours exploitées en profondeur. « Célibataires, nous ne prenons pas le temps de creuser, d’apprendre à connaître quelqu’un. Souvent, nous laissons les choses très vite en plan. C’est dommage parfois. J’ai l’impression que c’est très simple de tourner la page ; banal d’enchaîner les relations ; les gens ne prennent plus forcément la peine de s’expliquer et d’être sincères. » 

Les applications de rencontres ont le mérite de nous sortir de la solitude, en provoquant des matchs probables, des crushs multiples. « Le problème des applis, c’est que le physique reste quand même le premier critère de choix… » 

À Paris, Audrey pense que ce n’est pas forcément évident de trouver l’âme sœur, car « les gens ne cherchent pas vraiment à se caser. » Mais avoir des relations suivies, est-ce vraiment le rêve de tous ? Avec le Covid-19, les interactions sociales sont limitées, alors Audrey opte pour l’adaptation : « Je me suis dit qu’il fallait que je sois déjà bien seule, j’y ai travaillé et aujourd’hui je peux dire que c’est le cas.” Légèrement résignée, elle se sent tout de même un peu lasse alors avec le temps, elle se protège et s’entoure des meilleures personnes possibles…

Son livre Tej par Texto :  l’Art de la rupture 2.0 ; publié aux Éditions Leduc, compile moult échanges lunaires, de la phase de séduction jusqu’à la rupture, en bonne et due forme. Audrey a pris le parti de sourire de ses expériences digitales désastreuses, mais d’y réfléchir aussi un peu…  

Violaine B — Celles qui Osent 

Articles similaires
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.