Interview d’Agathe Sorlet, l’illustratrice de l’amour

Agathe Sorlet répond à Celles qui Osent lors d’une interview exclusive

Agathe Sorlet est une jolie blonde aux yeux bleus de 27 ans et une illustratrice à succès, avec pas moins de 700 000 abonnés sur son compte Instagram, en seulement cinq ans. Depuis peu, elle vit à Bordeaux et n’est plus un cœur à prendre. Avec pour thème de prédilection et dénominateur commun à toute son œuvre l’amour, l’artiste dessine des scènes de vie tendres, débordantes de douceur, de câlins et de mignonneries. Agathe a une sœur jumelle, Lorraine, avec qui elle est fusionnelle et complice. Elles font le même métier, mais elles ont choisi d’être ensemble, de travailler sans rivalité. « C’est la personne qui va me donner les meilleurs conseils, ceux qui viennent du cœur. On s’est beaucoup motivées mutuellement dans notre carrière. »
Bienvenue dans l’univers doux, des illustrations apaisantes, d’une femme qui souhaite avant tout offrir du bonheur aux gens.

Dessiner l’amour heureux

Des illustrations naïves positivement apaisantes

Agathe, comme Lorraine, dessine l’amour. « Tout le monde cherche le grand amour. Malgré tout ce que l’on peut entendre, je crois qu’il reste dans les relations amoureuses un fond “old-school” très romantique. Je suis persuadée que les gens n’utilisent pas seulement Tinder pour des histoires sans lendemain”. Son style graphique se définit par un trait rond, épuré. D’apparente simplicité, l’univers graphique d’Agathe se compose d’une ou deux couleurs maximum. Le fond blanc est assumé, pour laisser s’exprimer toute la douceur du trait. « Mes dessins commencent toujours avec un crayon et une feuille de papier. Ensuite, je colorise sur Photoshop ou Procreate, avec ma tablette graphique ou le stylet sur iPad. »

Ces dessins sont gais, presque naïfs et très joyeux. Agathe Sorlet offre de la douceur et du bonheur aux gens. « Aujourd’hui, on voit beaucoup d’œuvres d’art tristes, angoissantes, apocalyptiques. Moi, je fais des dessins très calmes : je veux que l’on soit apaisé. L’art peut être quelque chose de vraiment positif. »

Son logo caricature ses particularités physiques : une petite bouche, une grosse tête, de grosses joues et un nez crochu (oui, oui, elle s’aime beaucoup Agathe…). Ses femmes sont souvent brunes, car « graphiquement, c’est plus impactant ».

Agathe Sorlet s’inspire des gens qui l’entourent. Pour se donner des idées, elle lit des citations d’amour. « Il y a aussi plein d’images qui m’inspirent. Tout ce que l’on voit sur Internet, des posts sur Instagram ou des attitudes dans la rue. De toute façon, l’inspiration vient de ce que tu vois, de ce que tu fais et de ce que tu entends. » Elle se régale à écouter le podcast Bliss Stories, pour s’immiscer dans le quotidien et l’intimité de la femme.agathe-sorlet-dessins-amour-scenedevie-kiss-douceur-tendresse-cellesquiosent

Croquer la vie et l’amour

Elle croque des scènes de bonheur, de vies d’amoureux (au balcon, sur le canapé, dans le lit, dans le bain, en confinement, sur des bancs publics…), des scènes de retrouvailles, de ruptures aussi. Elle dessine parfois aussi des scènes plus intimes (s’embrasser, se câliner, se masturber). Elle se désole d’ailleurs que son illustration de Kamasutra lesbien ait été immédiatement censurée par Instagram. Les mentalités doivent encore évoluer… Osons parler ouvertement minette, vagin et plaisir féminin, comme le fait l’artiste Max le Con.

Passionnée d’astrologie, elle vend aussi sur son shop des t-shirts brodés avec les différents signes du zodiaque. Agathe est Sagittaire « En soirée j’adore deviner le signe astrologique des gens ». (D’ailleurs, elle a réussi à découvrir le mien au bout d’une demi-heure d’interview : impressionnante !). Elle se plaît beaucoup à dessiner le corps des femmes, « c’est agréable, car leurs formes sont courbes, contrairement aux hommes plus anguleux ». Son trait révèle tous les corps de femmes, avec ou sans petits bourrelets.

Le dessin pour se raconter des histoires

Très fusionnelles avec sa sœur jumelle Lorraine depuis l’enfance, elles s’évadent toutes deux grâce à l’illustration, aux bandes dessinées, qui leur permettent de s’inventer des histoires, de raconter l’amour. « J’avais de mauvaises notes à l’école et je résumais tout par rapport à cela. Dyslexique, j’avais une manière de raisonner différente des autres et l’école n’était pas adaptée pour moi. Pendant très longtemps, j’étais persuadée d’appartenir à la catégorie des gens bêtes ». Malgré toutes ses difficultés, elle s’accroche et obtient son bac. Elle veut intégrer une école publique de graphisme, mais les places sont chères : la concurrence est immense alors il faut posséder un excellent dossier scolaire. Par défaut, elle s’inscrit en licence d’arts plastiques à la Sorbonne. Elle n’y trouve absolument pas l’enseignement qu’elle attendait. Et sinon, c’est pour quand le bonheur ?

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DES COLLABORATIONS GRAPHIQUES ET DU SUCCÈS

Elle parvient à intégrer l’école privée LISAA Paris. Grâce à son book graphique, son dossier est accepté. Deux ans plus tard, elle passe le concours des Gobelins en motion design avec sa sœur. Surprise ! Elles sont prises toutes les deux « Je me souviens quand on l’a su, on s’est écroulées par terre de bonheur à l’arrêt de bus ! ». Grâce à cette école réputée, elle se forme aux meilleurs outils comme After Effects, avec des professeurs incroyables. Elle répond à de vrais briefs, pour Guerlain par exemple, apprend à réaliser des mappings sur le musée Picasso, bref, cette école lui permet de réaliser des trucs géniaux. Depuis, son style s’est affûté et ses illustrations sur l’amour séduisent la toile depuis 2015, par des internautes du monde entier. Sa sœur connaît également un grand succès : « le fait d’être jumelle a peut-être attisé la curiosité et l’intérêt des gens. C’est touchant de voir des sœurs inséparables à l’âge adulte. Comme les chanteurs Roméo et Elvis par exemple. »  Agathe Sorlet multiplie les collaborations pour :

  • Mykalios ;
  • Gerlinéa ;
  • Netflix ;
  • Le chocolat des Français ;
  • Princesse Tam Tam ;
  • Marque Soi Paris, collection capsule ;
  • New York Times.

Quand l’Amour est dans le pré

L’amoureux d’Agathe

Je lui demande : « Et toi, Agathe, est ce que tu l’as trouvé l’amour ? » Elle me répond : « Oui. Au fin fond de l’Auvergne. Comme dans l’Amour est dans le Pré. » Rires. Elle rencontre son amoureux lors d’un apéro. Artisan ferronnier métallier, il fait sa tournée d’adieux avant de s’envoler pour l’Australie. « Cela a été le coup de foudre, c’était une évidence, on était fait l’un pour l’autre ». Après des « au revoir » déchirants à l’aéroport, les deux amoureux sont tellement malheureux qu’elle décide de le rejoindre peu de temps après. Comme dans les films, eux deux, c’est magique. Ils s’aiment. Comme tout le monde, avant lui, Agathe cherchait l’amour sur Tinder, mais cela n’a pas marché. Elle était attirée par des hommes “cabossés”. Avec son chéri, après plusieurs va-et-vient ensemble entre l’Australie et la France, ils emménagent ensemble dans leur petit nid douillet. Nous leur souhaitons beaucoup d’amour et de bonheur !

Anaïs Nin, l’amour au-delà de la morale

Pour terminer, je l’interroge sur les femmes qu’elle trouve inspirantes, Celles qui Osent. « Pour moi, la femme qui ose, c’est Anaïs Nin. » L’écrivaine du 20e siècle, célèbre grâce à ses journaux intimes et secrets, se distingue à l’époque par l’originalité de son imaginaire et son audace face à l’ordre moral. Elle parle d’amour, de sexualité, de plaisir féminin aussi. Agathe Sorlet croit en la sororité et regrette que parfois la jalousie l’emporte sur l’entraide féminine.

Agathe Sorlet est aujourd’hui pleinement heureuse et reconnaissante de son succès « c’est très agréable et rare que des illustrations marchent bien comme ça, sans même raconter d’histoire. » Concernant ses projets futurs, elle aimerait réaliser un roman graphique autobiographique avec sa sœur, dans le même style que « L’Arabe du futur » de Riad Sattouf, sur leur histoire à elles. Elle souhaite aussi sortir un nouveau livre illustré… sur l’amour évidemment ! En attendant, vous pouvez savourer ses meilleures illustrations dans son livre, Les Amours, aux éditions Robert Laffont, ou son compte Instagram.

Violaine B – Celles qui Osent

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